Des maires dotés du pouvoir de contredire les conseils municipaux sur les décisions d’urbanisme

Des maires dotés du pouvoir de contredire les conseils municipaux sur les décisions d'urbanisme

Les maires d’Angleterre obtiendront de nouvelles prérogatives pour contrecarrer certaines décisions des conseils locaux en matière d’urbanisme.

Ces modifications s’appliqueront aux projets comportant plus de 150 logements, plus de 15 000 mètres carrés d’espace commercial ou incluant des bâtiments dépassant 30 mètres de hauteur.

Les maires de 13 régions, dont Manchester, Liverpool, l’Ouest de l’Angleterre et les Midlands de l’Ouest, auront des pouvoirs similaires à ceux de Sir Sadiq Khan à Londres, qui peut déjà intervenir sur des décisions de planification.

Le ministre du Logement, Matthew Pennycook, a souligné que ces nouvelles attributions sont « essentielles pour permettre aux maires de mener à bien la construction de nouveaux logements et de régénérer des zones ». Toutefois, les Conservateurs s’interrogent sur la légitimité de priver les conseils de leur « capacité à prendre des décisions d’urbanisme au sein de leurs propres communautés ».

Ces prérogatives seront également accessibles aux maires des autorités combinées du Nord-Est de l’Angleterre, du South Yorkshire, du West Yorkshire, ainsi que de York et du Yorkshire du Nord, de Hull et de l’Est du Yorkshire, du Grand Lincolnshire, de Cambridgeshire et de Peterborough, des Midlands de l’Est, et de Tees Valley.

Malgré une chute des constructions à Londres ces dernières années, Pennycook a insisté sur le fait que les pouvoirs d’intervention avaient aidé le maire à « débloquer des zones de croissance stratégique » dans la capitale.

Lors des élections générales de 2024, le gouvernement travailliste a promis de construire 1,5 million de logements en Angleterre d’ici la fin de la décennie, mais les promoteurs immobiliers alertent sur le risque de manquer cet objectif. Le ministre a affirmé que le gouvernement « était déterminé à maintenir cette ambition ».

Il a reconnu que cet objectif était « réellement ambitieux », en précisant que près de 180 000 enfants vivent dans un logement temporaire, et qu’un objectif plus modeste ne refléterait pas l’ampleur du défi.

En plus des nouveaux pouvoirs d’intervention, les maires auront la possibilité de délivrer des « autorisations préalables », permettant ainsi de commencer les constructions « sans que les promoteurs aient à faire une demande ». Une consultation révélant le fonctionnement de ces pouvoirs est attendue la semaine prochaine.

Le gouvernement tient à rassurer que la majorité des demandes de permis continueront d’être traitées par les conseils locaux et que toutes les décisions devront respecter les règles d’urbanisme. Il a également été précisé que les maires disposeront d’une « plus grande influence » sur l’utilisation des fonds consacrés au logement dans leur région, avec la directive accordée à l’agence nationale Homes England de se concentrer sur les priorités locales des maires.

Le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, qui a occupé le poste de maire de la grande région de Manchester pendant près d’une décennie, a souvent exprimé son souhait de transférer davantage de pouvoir aux maires locaux. Il a déclaré : « Il est nécessaire de remettre en question la prise de décision locale, et cela fonctionne dans les deux sens. »

Il a également promis de partager les recettes fiscales auprès des maires, affirmant vouloir « ramener le pouvoir à chaque code postal ». Plus tôt cette semaine, il a annoncé un programme de détachement visant à envoyer des fonctionnaires performants travailler dans les bureaux des maires. Toutefois, cette approche a suscité des critiques parmi certains membres de son propre parti et les Démocrates libéraux, qui craignent qu’elle ne crée un « système à deux vitesses » désavantageant les zones sans maire élu.

Points importants à retenir

  • Les maires auront des pouvoirs accrus pour intervenir sur certains projets d’urbanisme.
  • Ces prérogatives s’appliqueront à des projets significatifs en termes de taille.
  • Les maires des régions clés pourront désormais prendre des décisions similaires à celles de Londres.
  • Le gouvernement a fixé des objectifs ambitieux en matière de construction de logements.
  • Il est primordial que les conseils locaux continuent d’avoir leur mot à dire sur les projets.
  • Des consultations sont prévues pour affiner le fonctionnement de ces pouvoirs.

En conclusion, cette évolution soulève une question cruciale : à quel point est-il justifié de redéfinir les frontières entre les décisions locales et les interventions des maires ? Alors que les besoins en logement sont pressants, la recherche d’un équilibre entre la nécessité d’agir rapidement et le respect des processus démocratiques pourrait bien être le défi majeur de nos institutions. Qu’en est-il de la voix des citoyens face à ces changements ? Il est essentiel d’inviter à la réflexion sur la manière dont les décisions d’urbanisme sont prises, car elles touchent directement la qualité de vie des communautés.



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