La Guardia Civil a récemment démantelé une organisation criminelle qui s’attaquait à des mineures subsahariennes à Gran Canaria, les recrutant pour les soumettre à exploitation sexuelle à l’étranger. L’une des victimes, qui a été emmenée en France par ses ravisseurs, est parvenue à revenir et a rapporté aux enquêteurs qu’elle avait été trompée par une fausse promesse d’emploi, une offre en réalité inexistante. Grâce à son témoignage, les agents ont pu sauver six autres jeunes femmes et arrêter cinq des présumés membres de ce réseau de traite.
Les suspects exploitaient les espoirs de ces jeunes, en situation de vulnérabilité, cherchant à améliorer leur sort dans d’autres pays européens. La plupart des victimes ne bénéficiaient pas d’un ancrage familial aux îles et faisaient face à des barrières linguistiques.
Les enquêteurs ont découvert qu’en prétendant offrir une aide, les membres de l’organisation fournissaient aux victimes un moyen rapide de quitter les centres d’accueil. Ils leur auraient fourni de faux documents d’identité ou de voyage et organisé leurs déplacements par voie aérienne et terrestre, tout cela dans le but de tirer profit de leur situation.
Faux documents pour des vols
Après avoir pris connaissance du cas de la première victime, les enquêteurs ont détecté d’autres cas similaires de mineures quittant leurs centres sans documents personnels et, peu après, apparaissant sur des vols à destination de divers points de la péninsule, d’où elles continuaient leur parcours vers leurs destinations finales.
Les membres du groupe se répartissaient différentes tâches. Certains étaient chargés de contacter les mineures ou de faciliter la communication depuis l’intérieur des centres. D’autres géraient la documentation, la distribution d’effets personnels et l’achat de billets. Pendant ce temps, d’autres membres accompagnaient les victimes jusqu’à l’aéroport pour s’assurer qu’elles montent dans les avions.
Les membres de l’organisation promettaient aux jeunes une voie rapide pour quitter les centres d’accueil.
Un des éléments clés à l’origine de l’arrestation des cinq suspects a été la détection de plusieurs déplacements de mineures depuis l’aéroport de Gran Canaria, utilisant de fausses identités. Dans certains cas, les suspects suivaient les jeunes jusqu’aux contrôles de sécurité et surveillaient leur accès à des zones restreintes.

Perquisitions dans les domiciles des suspects.
Cela a permis aux agents de confirmer que ces sorties ne représentaient pas des cas isolés, mais plutôt une opération organisée et récurrente. Suite à des opérations de surveillance, deux victimes ont été libérées et la fuite d’autres quatre a pu être évitée.
Perquisitions à domicile
L’opération a débuté le 29 juillet, lorsque l’Équipe contre le Crime Organisé (ECO) basée aux Canaries, en collaboration avec la Police Judiciaire de Las Palmas, a arrêté cinq suspects, dont un mineur.
Les perquisitions réalisées ce jour-là ont révélé de nouveaux éléments incriminants. Les personnes arrêtées possédaient chez elles une quantité importante de documents et d’effets liés aux crimes, ainsi que des téléphones mobiles, des dispositifs électroniques et de l’argent liquide.
L’enquête est dirigée par le juge Tomás Martín, responsable de la Section d’Instruction du Tribunal de Las Palmas, spécialisé dans les affaires de violence envers les mineurs. Les recherches sont toujours en cours et d’autres arrestations ne sont pas à exclure.
Points importants à retenir
- La Guardia Civil a démantelé un réseau criminel spécialisé dans l’exploitation sexuelle des mineures.
- Les victimes étaient souvent en situation de vulnérabilité, sans lien familial solide.
- Les membres de l’organisation proposaient de fausses promesses d’emploi pour tromper les jeunes femmes.
- Les enquêteurs ont dû faire face à des stratégies élaborées de dissimulation et de manipulation.
- Les opérations de surveillance ont été essentielles pour éviter d’autres disparitions.
Dans un monde où les systèmes de protection devraient rassurer les plus vulnérables, il est déconcertant de réaliser à quel point des structures malveillantes peuvent prospérer. Ces affaires mettent en lumière la nécessité d’un renforcement des moyens de protection et d’intervention pour nos jeunes. Que peut-on faire collectivement pour prévenir de telles tragédies et garantir un avenir plus sûr pour tous ?





