Tristesse dans le journalisme : Angelo Vecchio nous a quittés

Tristesse dans le journalisme : Angelo Vecchio nous a quittés

“Une partie de ma vie professionnelle et humaine s’en va. À 77 ans, Angelo Vecchio nous a quittés.” C’est ainsi que Franco Lannino, photographe d’une époque révolue, se souvient de ce grand chroniqueur qui a fermé son carnet. “Angelo n’était pas simplement un journaliste des faits divers : Angelo était la chronique des faits divers. Que de souvenirs, que de kilomètres parcourus, que de récits nous avons partagés.”

Des fragments d’histoire, de journalisme et d’amitié. Angelo Vecchio, nous l’avons rencontré rue Lincoln, au ‘Giornale di Sicilia’. Un homme au caractère un peu bourru mais au cœur généreux. “Un journaliste doit ressentir tout. Ceux qui croient que le cynisme est l’outil principal de notre métier devraient changer de voie”, avait-il expliqué. Il avait raison.

“À chaque événement, il me cherchait d’abord”, raconte Franco. Et c’était parti, ensemble, à travers toute la province: dans les champs brûlés par le soleil pour photographier la mafia, sur les lieux d’accidents de la route, partout où la nouvelle se présentait. Moi avec mon appareil photo, lui avec sa plume et son instinct aiguisé. Nous avons beaucoup travaillé ensemble, parcourant routes et années à traquer la chronique noire de notre Sicile. Nous étions une véritable équipe. Un grand professionnel s’en va, mais surtout un grand ami.”

Celui qui racontait des histoires était déjà une histoire en soi. Franco, par exemple, fut le premier arrivé sur la scène du massacre de Capaci. Aujourd’hui, dans sa seconde vie, il est un ami apprécié des chats. Mais il n’a pas oublié son passé. Ses expositions de photographies permettent de redécouvrir la dure vérité de son talent.

Angelo était un journaliste des faits divers, sans détour. Il allait droit à l’essentiel. Quiconque a abordé cette spécialité, même à un niveau bien inférieur à celui du « professeur Vecchio », connaît les contradictions émotionnelles du métier. On écrit sur des tragédies tout en gérant l’adrénaline nécessaire pour les affronter. On se surprend à écrire, concentré sur le sujet, jusqu’à ce que la douleur surgisse et submerge même le journaliste. Angelo avait raison : aucun vrai journaliste n’est insensible.

Pour nous, journalistes d’environ cinquante ans, nous reconnaissons notre chance. Nous avons côtoyé des maîtres, des personnes diplomates comme le regretté Roberto Urso, et des légendes incontestées comme Angelo Vecchio, qui livrait livres et articles avec une précision remarquable, dépeignant la mafia sous toutes ses facettes, sans romantisme de pacotille.

Il m’a un jour confié : “Tu sais quel sera mon épitaphe ? Je fus Angelo Vecchio. Après moi, vint l’ordinateur.” Nous avons ri et plaisanté sur sa préférence pour la machine à écrire. Aujourd’hui, ce rire resurgit avec une douce nostalgie, mêlée de tristesse. Ce qui demeure, cependant, n’est pas la mélancolie, mais le souvenir d’un temps inoubliable.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à ceux qui traversent cette épreuve.

Points importants à retenir

  • Angelo Vecchio était une figure emblématique du journalisme, connu pour sa passion et son engagement.
  • Sa manière directe de traiter les sujets de société a marqué de nombreux journalistes de sa génération.
  • Les souvenirs de Franco illustrent l’importance de l’amitié et de la collaboration dans le métier.
  • Les photographies de Franco rappellent le poids des événements tragiques sur la vie quotidienne.
  • De nombreux journalistes d’aujourd’hui continuent d’apprendre de l’héritage laissé par des maîtres comme Vecchio.

À travers ces réflexions, je ne peux m’empêcher de ressentir un mélange de perte et de gratitude. La disparition d’une telle personnalité invite chacun d’entre nous à considérer l’impact que nous avons sur nos communautés. Dans un monde en constante évolution, la voix puissante de journalistes comme Angelo Vecchio rappelle que les histoires que nous racontons sont essentielles pour comprendre notre passé et façonner notre avenir.



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