Depuis 24 heures, Ceuta est plongée dans un véritable chaos, avec tous les commerces fermés, les supermarchés barricadés et les hôtels inaccessibles. L’afflux massif de migrants a engendré des tensions croissantes, se traduisant par des affrontements entre locaux et immigrants, ainsi qu’entre groupes de Marocains récemment arrivés.
Tandis que les autorités tentent de projeter une image de calme apaisant, les vidéos captées par les Ceutíens racontent une toute autre histoire. Avec la prolifération des smartphones, il devient difficile de masquer la réalité des événements sur le terrain.
Des membres de la population locale ont ainsi été filmés en train d’attaquer de petits groupes d’immigrants, lançant le cri de guerre « Invasores ! ». Les immigrants, facilement identifiables par leurs gilets réfléchissants identiques à ceux des conducteurs, se retrouvent souvent à effectuer des tâches de stationnement pour gagner quelques pièces.
Un jeune victime d’une rixe
Des témoignages rapportent également des tentatives d’occupation menées par des migrants, des bagarres entre groupes marocains, et des assauts de supermarchés par des foules de nouveaux arrivants.
Dans une vidéo, confirmée par la Police nationale, on voit un jeune tomber, victime d’un coup ou d’une éventuelle agression, dans la rue Alcalde Juan García de la Torre. Les passants s’empressent de lui porter secours et le transportent vers un hôpital. La police n’a reçu aucune plainte et ne sait pas si le blessé est marocain ou espagnol.
« Celui qui dit ne pas avoir peur ment »
Un habitant de Ceuta s’exprime devant une chaîne de télévision : « Celui qui dit qu’il n’a pas peur ment ». « Ceux qui sont sortis aujourd’hui l’ont fait par nécessité, » ajoutent d’autres. Cette inquiétude se reflète dans le faible nombre de taxis ou VTC circulant dans la ville, la majorité craignant de se retrouver piégés au milieu de la foule ou d’une des nombreuses rixes qui se multiplient en centre-ville.
La Confédération des entrepreneurs de Ceuta (CECE), à la demande de la police locale, réclame que les commerçants maintiennent leurs portes fermées tant que les autorités ne garantissent pas un retour à la normalité sécuritaire dans la ville autonome. L’organisation a précisé que la Ville autonome a transmis cette demande en raison de la nécessité de garantir un environnement propice à la reprise d’activités commerciales.
« Une nuit attendue sous haute tension »
Les Ceutíens affrontent leur deuxième nuit d’angoisse. Bien qu’un nombre considérable de migrants, allant jusqu’à 150 par minute, quittent la ville, des milliers demeurent, sans nourriture ni abri.
La nuit de jeudi a été éprouvante pour de nombreux habitants qui n’ont pas pu fermer l’œil, craignant pour leurs commerces et leurs véhicules. Les policiers, quant à eux, se retrouvaient souvent impuissants à intervenir, se concentrant plutôt à calmer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent davantage.
Ces agents ont dû faire face à de nombreux incidents, dispersant des diverses rixes et tentatives d’occupations, en évacuant des migrants qui s’étaient installés dans des écoles pour y établir des camps de fortune.
Pendant une intervention complexe, la nuit, au centre éducatif Príncipe Felipe, situé dans la zone d’El Tarajal, des agents de la police nationale ont expulsé plusieurs migrants qui avaient envahi les lieux pour établir leur campement.
Points importants à retenir
- La ville de Ceuta est actuellement marquée par des fermetures de commerces et des tensions croissantes entre la population locale et les nouveaux arrivants.
- Les autorités tentent de faire face à la situation, mais le climat d’insécurité persiste, avec des rixes récurrentes.
- Une importante quantité de migrants reste sur place, sans accès aux biens essentiels.
- Les incidents enregistrés soulignent la difficulté de la gestion de cette crise migratoire.
En tant que citoyenne et observatrice de cette situation, je me questionne sur les implications sociales et humaines d’une telle crise. Comment une ville comme Ceuta, à la croisée des chemins entre cultures, peut-elle trouver des solutions durables face à des défis de cette ampleur ? On peut espérer que l’humanité et la collaboration entre les différentes parties prennent le pas sur la peur et les tensions, mais cela nécessitera également des initiatives audacieuses et empathiques de la part des autorités et de la société civile.





