Où ils agissent, comment ils marquent leur territoire et pourquoi ils ciblent des enfants de plus en plus jeunes

Où ils agissent, comment ils marquent leur territoire et pourquoi ils ciblent des enfants de plus en plus jeunes

Les enquêteurs de la Police Nationale sont conscients qu’une tranquillité dans un quartier ne signifie pas l’absence de bandes latines. En réalité, cela indique plutôt qu’une bande a pris le dessus sur les autres, s’étant approprié le territoire où elle commet des larcins, vend de la drogue à petite échelle, et exhibe ses symboles et graffitis.

Cela s’observe notamment dans le quartier de Tetuán à Madrid, contrôlé par les Trinitarios locaux. Cependant, cela ne garantit pas une paix durable. À Tetuán, deux factions rivales de la même bande se battent encore pour le contrôle des rues, souvent à l’aide de machettes et de balles.

Lutte pour le Territoire

Les quartiers les plus dangereux de Madrid sont ceux où aucune bande latine n’a réussi à s’imposer, ne parvenant pas à ce que les autres baissent pavillon.

C’est le cas à Carabanchel, où les Trinitarios et les DDP (Dominican Don’t Play), les deux principales bandes de la capitale, s’affrontent pour contrôler les rues. Des situations similaires se retrouvent à Ciudad Lineal, San Blas, Usera, Villaverde, et, dans une moindre mesure, à Puente de Vallecas.

De plus en plus d’enfants, de plus en plus de dangers

Les enquêteurs de la Police Nationale notent une tendance inquiétante : de plus en plus de jeunes sont impliqués dans ces bandes. Autrefois, les bandes enrôlaient des mineurs pour commettre des délits, profitant d’un système judiciaire moins sévère. Ce phénomène s’est intensifié.

Les nouvelles recrues sont souvent des mineurs non imputables, garçons de 11 ou 12 ans qui échappent à toute poursuite, quelles que soient leurs actions. Cette impunité en fait des éléments précieux pour les bandes, mais elle engendre également de nouvelles victimes, comme ces enfants de quinze jours d’adhésion à la bande qui s’en prennent à tout jeune en sweat, suspectant un lien avec des bandes rivales.

19 membres de deux bandes arrêtés en deux mois dans le quartier

Les tensions entre les Trinitarios et les DDP à Carabanchel se traduisent par une série d’arrestations. En avril, 10 membres des DDP ont été appréhendés pour leur participation à une tentative d’homicide d’un Trinitario près de la station de métro d’Urgel. En mai, 9 membres des Trinitarios ont été arrêtés pour avoir attaqué des jeunes d’une autre bande près du parc de la Peseta.

Qui dirige réellement ici ?

Les membres des bandes utilisent également les réseaux sociaux pour affirmer leur contrôle sur un territoire, partageant des vidéos avec leurs symboles et couleurs. Dans l’une de ces vidéos, enregistrée par des membres des Trinitarios, leur cri de ralliement (Popote) et leur couleur emblématique (vert) sont mis en avant.

Ces jeunes semblent déjà appartenir à la bande, étant les seuls autorisés à poser sur ces vidéos en affichant le signe des trois doigts, symbole d’appartenance aux ‘trinis’.

Quel risque en les croisant dans la rue ?

Les jeunes et adolescents des quartiers sont les cibles privilégiées de ces bandes pour le vol de leurs belongings. Toutefois, traditionnellement, les membres des bandes ne s’en prenaient pas à ceux qui n’appartenaient pas ou n’étaient pas soupçonnés de faire partie d’une bande rivale. Pourtant, les nouvelles recrues ne savent plus clairement à qui s’attaquer. Il leur suffit de voir un jeune habillé d’une certaine manière pour se sentir autorisés à agir.

La hiérarchie des bandes latines à Madrid

  1. Leader, chef suprême. Dirige la bande et tous les groupes lui doivent obéissance, donnant des ordres stratégiques, souvent resté dans leur pays d’origine.
  2. « Supremas », coordinateurs de zone qui peuvent contrôler plusieurs quartiers ou une ville.
  3. Chefs de « chœur » (ou « set ») qui gèrent des groupes locaux de 10 à 15 membres.
  4. Soldats, membres actifs qui participent à des agressions et des surveillances de territoire.
  5. Recrues en phase probatoire, souvent très jeunes, effectuant des tâches pour prouver leur valeur.

Points importants à retenir

  • La présence de bandes latines ne diminue pas avec l’apparente sérénité d’un quartier.
  • Les rivalités entre les Trinitarios et les DDP reflètent une lutte constante pour le territoire.
  • La tendance à recruter des mineurs rend la situation encore plus complexe.
  • Le rôle des réseaux sociaux dans la dynamique des bandes est croissant.

En somme, la situation autour de ces bandes est inquiétante. En tant qu’observatrice de ces tendances, je ne peux m’empêcher de me poser des questions sur l’avenir de nos jeunes et des quartiers touchés par ces violences. Face à cette réalité, que pouvons-nous vraiment faire pour renforcer la cohésion sociale et assurer la sécurité de notre communauté ?



Votez pour cet post

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *