Le tribunal de Palma maintient les mesures cautionales de retrait de passeport à l’encontre du capitaine du yacht impliqué dans la mort de Guillem Comamala, âgé de 20 ans, survenue à Cala Bona. La Section Première du tribunal a refusé le recours déposé par la défense de Dennis Viehof, estimant qu’il dispose d’une capacité financière élevée pour fuir.
Les juges, selon des sources juridiques, affirment que l’obligation de se présenter mensuellement au tribunal ne constitue pas une « charge excessive » pour le capitaine du bateau, qui possède une résidence à Majorque et bénéficie d’un grand pouvoir d’achat. La décision, à laquelle a eu accès Ultima Hora, s’appuie sur les arguments du procureur, qui s’est opposé à la réduction des mesures de précaution en raison du risque de fuite évident et de la gravité de l’accident.
Une « discothèque flottante » Les faits se sont déroulés la nuit du 23 août 2024. Viehof était aux commandes du yacht La Luna, naviguant à une vitesse « extrêmement excessive » de 25 nœuds, comme l’atteste le rapport du chef du Service Maritime de la Garde Civile, dans une zone fréquentée par de petites embarcations de pêche.
Les enregistrements électroniques des moteurs principaux confirment cette vitesse. En raison de l’excès de vitesse et d’une « absence totale de contrôle », souligne le procureur, le yacht a percuté la partie arrière du bateau de pêche où la victime se trouvait en train de pêcher des calmars avec son oncle et son cousin mineur. « Une vitesse réduite aurait non seulement permis d’éviter la collision, mais aurait également augmenté les chances de visibilité pour le capitaine de La Luna face à l’obstacle », précise le procureur.
La représentante du ministère public rappelle que la juge l’a interdit de piloter tout type d’embarcation et retiré son permis de capitaine pour éviter un risque de récidive. « La navigation imprudente et agressive du prévenu ce jour-là n’était ni isolée ni exceptionnelle ».
Le rapport stipule de nombreuses plaintes de propriétaires d’autres bateaux amarrés au port de Porto Cristo, où La Luna était souvent utilisée comme une discothèque flottante. Une femme ayant nettoyé le yacht pendant cinq ans a confirmé ces dires, précisant que Viehof était une personne « très fêtarde » et qu’en voyant une grande quantité de gobelets le matin suivant, elle a pensé qu’il « serait probablement ivre ».
Une capacité économique élevée La défense du prévenu a demandé l’annulation des obligations de comparution, avançant que le temps a passé et qu’il a collaboré avec la justice. Cependant, le tribunal rappelle que l’accusé possède une condition financière telle que, le 25 août 2024, à peine 48 heures après la collision mortelle, il a quitté l’Espagne à bord d’un vol privé.
La procédure d’instruction est sur le point de se conclure. Il ne reste plus que l’extension du rapport d’expertise demandée par le procureur à la Direction du Service Maritime provincial des Baléares. Les conclusions relèvent la grave négligence du capitaine du yacht, responsable de la mort de Guillem Comamala.
Points importants à retenir
- Le tribunal justifie le maintien du retrait du passeport en raison de la capacité financière du prévenu.
- Dennis Viehof naviguait à une vitesse excessive dans une zone à risque.
- Des plaintes récurrentes soulignent un comportement irresponsable de Viehof au sein du port.
- La décision de retirer son permis de conduire maritime vise à prévenir une récidive.
- Les conclusions d’expertise vont dans le sens d’une négligence grave du capitaine.
Ce drame soulève des interrogations sur notre rapport à la navigation et les responsabilités qui incombent à ceux qui tiennent les rênes de telles embarcations. Comment garantir une sécurité maritime adaptée tout en préservant la convivialité des espaces de loisirs, sans tomber dans l’excès ? C’est là une question cruciale qui mérite réflexion chez chacun d’entre nous.





