Hommage aux Pères en ce Jour National
Aujourd’hui, nous célébrons notre jour national en l’honneur des pères.
En me tenant devant le rayon de cartes de vœux d’un magasin local, j’ai été frappée par la quantité et la diversité de ces cartes. Mon mari apprécie l’humour absurde, et j’ai réussi à dénicher la carte parfaite pour lui.
J’ai également choisi une carte amusante sur les blagues de papa pour mon merveilleux beau-fils, qui a vraiment évolué ces deux dernières années en embrassant son rôle de père pour notre petit-fils et en attendant la naissance d’une petite sœur.
J’ai pris plaisir à parcourir des dizaines de cartes. Apparemment, nombreux sont les pères qui aiment le golf et la bière.
Je sais cependant que cette fête peut s’avérer douloureuse pour certains.
Mon propre père est décédé à 40 ans lorsque j’avais 13 ans. Je l’ai regretté tout au long de ma vie, et bien que la douleur se soit atténuée, le désir qu’il vive ma vie à mes côtés ne m’a jamais quittée. La Fête des Pères a toujours eu une signification particulière pour moi.
Pour certains, le mot “père” évoque de la gratitude. Beaucoup de pères sont la présence aimante et constante dont leurs enfants ont besoin. Ils offrent un soutien, une direction, et s’occupent des aspects pratiques de l’éducation des enfants, comme les trajets vers les activités.
Pour d’autres, cette journée est synonyme de chagrin.
Mon père est mort d’une insuffisance cardiaque causée par une alcoolisme avancé. Même lorsqu’il était présent, son absence émotionnelle et sa colère se faisaient souvent ressentir. Toutefois, il était aussi intelligent, drôle, bon danseur et très fier de moi. Il est donc compliqué de résumer notre relation.
Nos pères sont souvent des personnes empreintes de paradoxes : aimants mais limités, généreux mais blessés, présents de certaines manières et absents d’autres.
Nous rendons hommage aux pères non pas en prétendant qu’ils étaient tous des modèles parfaitement idéaux, mais en reconnaissant la complexité de la paternité.
La paternité, dans son essence, ne se limite pas à une simple biologie ou à un rôle social. Un bon père est censé être un signe de bénédiction.
Il doit protéger sans contrôler, guider sans humilier, et être capable d’apprécier son enfant sans qu’il ait à gagner cet amour.
Un bon père permet à ses enfants de comprendre que même si le monde peut être dangereux, il peut également être fiable. En termes spirituels, il donne aux enfants un aperçu de l’autorité aimante.
Les relations paternelles douloureuses peuvent blesser profondément.
Le père spirituel Richard Rohr parle souvent de ce qu’il nomme “la blessure du père”, décrivant comment beaucoup de personnes ne vivent pas, n’attendent pas, ou n’ont pas confiance en l’amour “à travers le masculin”.
Dans une de ses réflexions, Rohr explique que son travail avec les hommes résulte en partie de l’observation de cette blessure autour de la paternité, rendant difficile la compréhension de l’amour provenant de cette figure.
Cette blessure n’est pas réservée aux hommes et ne résulte pas toujours de cruauté; parfois, elle provient de l’absence, d’une distance émotionnelle, ou d’une mort précoce, par exemple.
C’est ce qui peut rendre difficile la prière du “Notre Père” pour tant de personnes. Pour certains, ces mots évoquent chaleur et intimité, tandis que pour d’autres, ils rappellent une image douloureuse.
Je ne souhaite jamais minimiser cette douleur. Jésus n’a jamais utilisé un langage religieux pour étouffer la souffrance humaine; il l’a utilisée pour guérir et libérer.
Ainsi, lorsque nous disons “Notre Père”, nous ne sous-entendons pas que Dieu est un homme. Nous affirmons quelque chose de fondamentalement radical : le vrai père n’est pas celui qui nous a blessés, mais celui qui guérit nos blessures.
Dans le Judaïsme, les racines de la prière renforcent cette compréhension. Jésus priait dans un contexte juif, en exprimant des rythmes de bénédiction et de miséricorde.
La tradition juive d’adresser Dieu en tant qu’Avinu Malkeinu – “Notre Père, Notre Roi” – souligne un lien qui va au-delà du simple sentimental. Cela évoque la fidélité divine.
Dans cette prière, le premier mot n’est pas “mon”, mais “notre”. Nous prions en tant que famille humaine. Le mot “notre” est spirituellement très puissant.
Cela signifie que personne ne possède Dieu. “Notre Père” signifie que tous les enfants, peu importe leurs situations familiales, peuvent se présenter devant la même miséricorde.
En cette fête des pères, nous pouvons honorer les bons pères avec une reconnaissance sincère. Nous pouvons également rendre hommage à nos pères spirituels qui ont offert un amour paternel là où il était nécessaire.
Je ne peux imaginer ma vie sans l’influence de la figure paternelle qui m’a tant marqué.
Il est essentiel de laisser de la place pour le chagrin. Certains peuvent prier “Notre Père” à travers des larmes, tandis que d’autres peuvent imaginer Dieu au-delà du langage masculin.
Le but du “Notre Père” n’est pas de cantonner Dieu à une seule image, mais de guérir l’image de la paternité en l’intégrant dans la miséricorde divine.
En ce jour des pères, notre prière pourrait être la suivante : Notre Père, guéris ce que les pères ont blessé. Bénis ce que les pères ont embelli. Pardonne ce que les pères n’ont pu porter. Fortifie ceux qui essaient d’aimer mieux qu’ils n’ont été aimés.
Accorde-nous le pain quotidien, le courage quotidien, la tendresse quotidienne.
Et fais de nous un peuple qui sait que aucune blessure, même celle du père, n’est hors de portée de ton amour infini et réparateur.
Points importants à retenir
- La Fête des Pères évoque des sentiments variés, allant de la célébration à la douleur.
- La complexité de la relation père-enfant est souvent marquée par des paradoxes.
- La paternité ne se limite pas à un rôle biologique, elle revêt une signification spirituelle profonde.
- Les blessures paternelles peuvent affecter la capacité d’une personne à ressentir et à exprimer l’amour.
- Le terme “notre” dans la prière souligne la communauté et la solidarité humaine.
La paternité est un sujet délicat, où chaque expérience personnelle peut donner lieu à une multitude de réflexions. J’invite chacun à considérer la façon dont notre propre histoire de pères, qu’elle soit lumineuse ou ombragée, façonne notre perception de l’amour et de la responsabilité. En ce jour spécial, ne sous-estimons pas le pouvoir de la guérison que peut apporter la solidarité, car après tout, l’essence même de l’amour réside dans notre capacité à embrasser notre humanité partagée, même dans les moments de douleur.





