Entre les vieilles maisons témoins d’événements marquants, se trouve la rue de l’art au cœur de la ville, offrant une plateforme pour exprimer divers talents artistiques, tels que la peinture, la musique et le chant. Chaque jour, des passants viennent profiter de ces représentations et passer un moment agréable en famille ou entre amis. Nous avons rencontré plusieurs artistes participant à cet évènement, partageant ainsi notre expérience de cette promenade captivante dans la rue de l’art.
Des sacs qui racontent les civilisations du monde
La jeune étudiante Ilaria Nasser, en cinquième année à l’École des beaux-arts, a présenté avec ses camarades un projet de fin d’études qui consiste en la création de sacs en cuir ornés de motifs représentant différentes civilisations. Elle a expliqué : « C’est notre projet de section cuir, et nous sommes douze étudiants. Les produits exposés comprennent une variété de sacs tels que portefeuilles, porte-monnaie, clutches, et sacs à bandoulière. »

Ilaria a ajouté que leur projet se divise en deux volets : l’un mettant en avant le patrimoine égyptien, avec notamment des influences coptes, islamiques et pharaoniques, et l’autre se concentrant sur les traditions du monde, comprenant des designs inspirés des héritages roman, africain, indien, grec et japonais.

Concernant les matériaux et techniques, Ilaria a expliqué : « Tout notre travail repose sur du cuir naturel et coloré, entièrement fabriqué à la main depuis le design initial jusqu’à la pièce finale. Chaque article est unique et même en le reproduisant, il ne perdra pas son essence. Nous avons utilisé des techniques telles que la peinture, le brûlage et l’ajout de perles. »
Les défis rencontrés par Ilaria et ses camarades n’ont pas tant porté sur la création artistique elle-même, mais plutôt sur la gestion du temps, en raison des exigences académiques supplémentaires. « Cela nécessitait simplement une bonne organisation, » a-t-elle conclu.

Ilaria a affirmé que leur participation à la rue de l’art a été un coup de pouce grâce à leur mentor, Marina Azar, qui les a guidés vers cet évènement. Elle a souligné que c’était une expérience enrichissante, abordant de manière proactive le passage du milieu académique au monde professionnel.
L’art de l’arakouz résiste à la modernité
« Venez… venez voir le spectacle de l’arakez ! » était le cri traditionnel d’un artiste attirant les enfants. Bien que la technologie moderne ait introduit des jeux innovants, ce divertissement populaire continue de séduire, comme l’affirme l’artisan Saber Chiko, qui perpétue l’art du marionnettiste depuis plus de 60 ans dans la rue de l’art.

L’artiste Saber Chiko dans la rue de l’art
Saber a évoqué sa passion pour cet art hérité de son père, en conservant les techniques d’autrefois malgré les changements technologiques. Aujourd’hui, ses spectacles se sont enrichis de contenu éducatif, transmettant aux enfants des messages de sagesse.

L’art de l’arakouz moderne
Il a souligné que son audience actuelle se compose principalement de familles et de jeunes, montrant que l’amour pour cet art perdure à travers les générations. À 74 ans, Saber trouve sa motivation dans la joie qu’il apporte aux enfants.
Un revival moderne du “Tombeau des merveilles”
Avec l’initiative de la rue de l’art, un ancien divertissement, le “Tombeau des merveilles”, renaît. Cette attraction, autrefois populaire auprès des enfants, a été modernisée, utilisant la technologie holographique pour redonner vie à des récits folkloriques.

George Wassef, artiste et coordonnateur de ce revival, a mis l’accent sur l’importance de réintroduire ces traditions tout en incorporant des éléments futuristes. Le projet a suscité un succès populaire, attirant de nombreux curieux dans la rue de l’art.
Il a également mentionné les futurs développements de cette initiative, dont l’objectif est de continuer à enrichir le spectacle et à inclure d’autres talents émergents.
Points importants à retenir
- La rue de l’art est un lieu dynamique qui soutient les talents artistiques locaux.
- Ilaria Nasser et ses camarades explorent le patrimoine à travers des créations artisanales uniques en cuir.
- Saber Chiko montre l’importance de la tradition dans le paysage culturel actuel.
- Le “Tombeau des merveilles” revisité illustre comment la modernité peut réinterpréter des œuvres classiques.
- Ces initiatives témoignent d’un réel intérêt pour la culture et le patrimoine par les nouvelles générations.
En observant ces créateurs redéfinir leur héritage, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la manière dont nous, en tant que société, valorisons notre culture. Sommes-nous prêts à équilibrer le passé et l’avenir, à embrasser notre histoire tout en l’adaptant aux réalités d’aujourd’hui ? Il est essentiel de se poser cette question alors que ces artistes brillent et revitalisent des traditions souvent oubliées.





