Le rendez-vous habituel de l’Anteprima Giovani se déroulera le jeudi 11 à 20 heures (10 euros), marquant le lancement de la programmation du Regio pour “Tosca”. Après la première représentation le vendredi 12, la pièce sera à l’affiche pour encore sept représentations, jusqu’au 21 juin. Le nouveau décor de Stefano Poda, en coproduction avec l’Opéra National d’Abay Kazhak, sera dirigé par Andrea Battistoni. Le rôle principal sera interprété par Chiara Isotton, qui se relayera avec Dinara Alieva. Martin Muehle et Vincenzo Costanzo incarneront Cavaradossi, tandis que Roberto Frontali et Claudio Sgura prêteront leur voix à Scarpia. Autour de ces personnages centraux, nous retrouverons le sacristain (Matteo Torcaso), Spoletta (Cristiano Olivieri et Daniel Umbelino), Angelotti (Igor Durlovski) et Sciarrone (Eduardo Martinez). Au début du troisième acte, le pastoreau enfant chantera avec Francesco Bogino et Jacopo Gallo. L’implication des chœurs (voix mixtes et voix d’enfants) sous la direction de Gea Garatti Ansini et Claudio Fenoglio est particulièrement remarquée.
Poda donne une forte empreinte au contexte historique de l’intrigue, située à Rome en 1800, période charnière marquée par la victoire de Napoléon à Marengo. Cette époque illustre un décalage entre le passé du XVIIIe siècle, représenté par Scarpia avec ses hiérarchies et son éclat en décomposition, et le XIXe siècle, porteur de nouvelles idées politiques et de modernité, incarné par Cavaradossi. La passion tumultueuse de Tosca, teintée de jalousie et de son talent théâtral, est entraînée dans une tempête dramatique.
Le livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa s’inspire librement de la pièce de théâtre de Victorien Sardou, qui s’articule autour de la célèbre Sarah Bernhardt. Puccini renforce les éléments de chroniques noires, rendant l’œuvre controversée dès sa première en janvier 1900 au Teatro Costanzi de Rome. À Londres, certains critiquaient la pertinence de la musique face aux actions d’un homme obsédé poursuivant une femme sans défense. Un critique bostonien évoquait des “timbres stridents”, tandis qu’un journal londonien, sur un ton ironique, suppliait Puccini d’épargner aux Anglais ses œuvres pour ne pas perturber les relations pacifiques entre les deux pays.
La partition regorge de brillantes trouvailles. Bien que l’attention soit souvent captée par les aigus du soprano et du ténor, il est important de noter que l’accent est mis sur le personnage de Tosca, actrice et metteur en scène jusqu’à la fin, donnant des leçons d’art dramatique à Mario pendant une exécution simulée qui se révèle tragiquement réelle (comme l’explique avec compétence Guido Paduano). Un passage magistral résume le dénouement du deuxième acte par la voix de Tosca : l’invocation à la Vierge, le roulement des tambours accompagnant le condamné, les avances grossières de Scarpia, la rédaction du sauf-conduit et l’assassinat du scélérat. Les prix vont de 115 à 24 euros, 011 88.15.241.
Points importants à retenir
- Le spectacle “Tosca” est à l’affiche jusqu’au 21 juin avec de nombreuses représentations.
- Stefano Poda met en scène une ambiance historique forte, opposant deux époques.
- Les critiques de l’œuvre à sa sortie ont souvent porté sur la violence et le traitement des personnages.
- La partition de Puccini est riche en intelligence dramatique et en innovations musicales.
En abordant une œuvre aussi complexe que “Tosca”, je m’interroge sur notre perception de la tragédie. Quel rôle joue la musique dans l’évocation des émotions humaines lorsque la violence et la passion se mêlent ? Tandis que les scènes se déroulent, j’éprouve un profond respect pour cette création, qui parvient à capturer des vérités intemporelles inscrites au cœur de l’expérience humaine. La scène finale, à la fois tragique et poignante, résonne longtemps après le rideau. Ne devrions-nous pas nous questionner encore davantage sur les implications de ces récits ?





