Une nouvelle interception dans l’affaire Garlasco vient de relancer le débat : Andrea Sempio a été enregistré en train d’admettre avoir visionné une vidéo de Chiara Poggi et d’Alberto Stasi, et de recevoir un revers brutal de la part de la jeune femme juste avant le meurtre. Ces révélations contrastent avec le témoignage de Marco Poggi, le frère de Chiara, qui a nié avoir jamais vu ces vidéos sur l’ordinateur familial.
L’interception d’Andrea Sempio et le refus de Chiara Poggi
Une interception décisive a permis de faire avancer les investigations sur le meurtre de Garlasco au moment même des auditions au parquet. Dans des conversations, le trentenaire évoque avoir contacté Chiara Poggi juste avant le crime pour tenter d’engager une discussion.
Dans cette confession involontaire, Sempio aurait déclaré : “J’ai vu la vidéo de Chiara et Alberto”. Il raconte également la réaction de Chiara, qui lui aurait répondu sèchement : “Je ne veux pas parler avec toi”, avant de raccrocher.

Ces nouveaux éléments renforcent l’idée d’un mobile “sexuel” et l’hypothèse d’un meurtre volontaire, aggravé par des desseins abjects liés à un potentiel rejet amoureux transformant une amitié en une obsession fatale.
Le contraste avec le témoignage de Marco Poggi
Les révélations issues de l’enregistrement d’Andrea Sempio sont en totale contradiction avec les déclarations de Marco Poggi faites ce matin devant les procureurs Valentina De Stefano et Giuliana Rizza. Le frère de Chiara a affirmé : “Je n’ai jamais vu de vidéos de ma sœur avec Andrea Sempio”.
Marco précise qu’il n’a jamais découvert sur l’ordinateur famíliaux de vidéos intimes représentant sa sœur avec son ancien petit ami Alberto Stasi et l’ami d’enfance aujourd’hui suspecté.
Lors de l’audition, qui a duré près de deux heures, les procureurs ont fait écouter au témoin les fichiers audio où Sempio s’exprime seul, mettant en avant la solidité des éléments probants en leur possession.
Malgré cette pression, le frère de Chiara a réitéré son incrédulité quant à la culpabilité de son ami d’enfance.
Garlasco, les doutes sur les preuves techniques
Alors que des détails concernant les interceptions émergeaient, Andrea Sempio se trouvait dans les locaux du parquet à Pavie, où il est entré en évitant les journalistes, optant pour le droit de ne pas répondre.
Ses avocats ont justifié cette décision, arguant que les investigations n’étaient pas closes, et que le cadre probatoire pour l’interrogatoire n’était donc pas complet.
En plus du mobile passionnel évoqué en 2007 par Paola Cappa, la Procure se base sur des preuves scientifiques, telles que l’expertise de Denise Albani sur l’ADN trouvé sous les ongles de Chiara Poggi et la célèbre “empreinte 33”.
Les enquêteurs soulignent la brutalité de l’acte, avec au moins douze blessures infligées au crâne de la victime, et expriment des doutes quant à l’alibi fourni concernant le stationnement à Vigevano. La défense attend à présent la clôture des investigations préliminaires pour consulter l’intégralité du dossier et décider si un nouveau face-à-face sera nécessaire.
Points importants à retenir
- La confession d’Andrea Sempio introduit une nouvelle dimension à l’affaire Garlasco.
- Le témoignage de Marco Poggi s’oppose frontalement aux déclarations de Sempio.
- La Procure mise sur des éléments scientifiques pour étayer son enquête.
- Les tensions dans cette affaire montrent la complexité des témoignages humains face à la vérité judiciaire.
La tragédie qui entoure cette affaire nous pousse à réfléchir sur la fragilité des relations humaines et sur la manière dont des sentiments non réciproques peuvent engendrer des drames irrémédiables. Dans de telles circonstances, où vérité et mensonge s’entremêlent, quelle est la place de la justice ? Cette question résonne avec force alors que nous attendons les prochaines évolutions de ce dossier troublant.





