Le projet Screen Time Bradford préserve la culture cinématographique de la ville pour l’avenir
À Bradford, des centaines de films sont réalisés chaque jour par des cinéastes, ou des familles qui immortalisent des moments de leur vie quotidienne. Malheureusement, très peu de ces œuvres sont préservées, et bon nombre d’entre elles pourraient un jour disparaître, à l’instar de nombreux films de l’ère pionnière du cinéma. Pour contrer ce phénomène, l’archivage du Yorkshire Film Archive a lancé le projet Screen Time Bradford.
Avec le soutien du BFI Screen Heritage Fund et du financement de la National Lottery, le projet a invité les habitants de la ville à soumettre des films numériques réalisés au cours des deux dernières décennies, représentant la vie à Bradford et dans ses environs. La collection met en avant des questions sociales, des communautés locales et le quotidien de la région, avec déjà des centaines d’œuvres présentées.
Alexandra Stockdale-Haley, responsable du projet, a confié : « Au départ, nous avions l’objectif ambitieux d’acquérir environ 150 films. Finalement, presque 500 œuvres ont été soumises, ce qui me paraît incroyable. »
« Je suis fière du travail accompli, fière de Bradford, car la diversité des projets et la créativité des cinéastes de la région sont simplement admirables. C’est formidable d’avoir réussi à capturer et préserver tout cela dans le patrimoine de Bradford. »
Ahseem Yousuf, l’un des cinéastes ayant soumis ses œuvres pour archivage, souhaite que ses films documentaires soient vus par les générations futures. Il se concentre sur la communauté musulmane de Bradford, abordant des thèmes comme l’art et l’impact de la pandémie de Covid-19 sur cette communauté.
Il a exprimé : « C’est réconfortant de savoir qu’après mon départ, mon travail continuera d’exister. En tant qu’Asiatique, il y a peu de cinéastes britanniques d’origine pakistanaise, donc savoir que mon œuvre sera préservée est bénéfique pour toute la communauté. »
Graham Relton, co-directeur du Yorkshire Film Archive, souligne l’importance des archives dans un monde dominé par l’IA. Selon lui, ces films fourniront une authenticité précieuse à une époque où la véracité est souvent remise en question.
« Si nous faisons notre travail correctement, nous aurons un historique social digne de confiance, sur lequel les générations futures pourront se pencher. Avec un retour à des valeurs plus tangibles, ces films offriront une réalité à laquelle les gens pourront se référer. »
Points importants à retenir
- Le projet Screen Time Bradford vise à préserver des films modernes créés par les habitants de la ville.
- Il a reçu un soutien financier important pour encourager la soumission de films qui témoignent de la vie locale.
- De nombreux cinéastes abordent des thématiques variées, notamment les questions sociales et culturelles.
- Les films archivés seront accessibles en ligne, permettant ainsi une large diffusion.
- Ce projet s’inscrit dans une démarche de préservation de l’héritage cinématographique face à l’évolution des technologies.
En conclusion, la préservation de ces œuvres cinématographiques est essentielle pour que les histoires locales continuent d’être racontées. Comme Alexandra le souligne, il est fascinant de penser que, bien après nous, les futures générations se plongeront dans ces images, redécouvrant une époque qu’ils n’ont pas vécue. Cela nous rappelle à quel point chaque histoire, même la plus humble, mérite d’être mise en lumière. La question qui se pose alors est : sommes-nous suffisamment attentifs aux récits qui nous entourent et prêts à les transmettre ?





