George Virgiliu Teianu, l’homme qui a tué sa compagne au Coll d’en Rabassa en lui infligeant 66 coups de couteau, a été jugé hier à Palma pour des violences répétées et menaces de mort avant le drame survenu en décembre 2024.
Le 1er novembre de cette année-là, la victime, Rosario Díaz, surnommée ‘Chari’, s’était réfugiée chez sa mère après avoir été agressée par son compagnon suite à une dispute liée à la jalousie dans leur domicile à Llucmajor. « Ma sœur nous a appelés, terrifiée, pour que nous nous rendions chez notre mère, car elle avait quitté la maison après avoir été frappée par George », a raconté la sœur de la victime, séparée par un paravent de l’accusé pendant le procès.
– Avez-vous entendu des menaces ? – a demandé le procureur.
– Oui, par téléphone. Il n’arrêtait pas de l’appeler. Il m’a aussi contactée en me demandant où se trouvait ma sœur et m’a ensuite dit qu’il allait la tuer lorsqu’il la verrait… (en pleurant).
– Ma sœur ne l’a jamais cru capable de cela. Elle me disait : ‘Sœur, ne t’inquiète pas, il dit ça pour dire, car il ne s’attaquerait jamais à une mère de ses enfants.’
La meilleure amie de ‘Chari’, qui l’a connue pendant plus de 10 ans, a déclaré que l’homme la menaçait constamment. « Il la maltraitait. Il lui crachait dessus, lui disait qu’elle ne valait rien. Elle avait des marques sur tout le corps quand elle allait à la plage avec moi. Il aimait jouer dans les casinos et lui demandait de lui prêter de l’argent. Si elle refusait, il la frappait. Elle n’avait jamais porté plainte par peur. « Parce qu’il la menaçait de mort. »
L’accusé a soutenu qu’il ne l’avait jamais frappée, qu’il n’y avait aucune preuve et qu’il ne lui avait jamais demandé d’argent pour se droguer. « J’avais un emploi et je volais aussi », a-t-il expliqué. George Virgiliu a ajouté que sa compagne l’avait dénoncé parce qu’elle l’avait vu discuter avec un téléphone qui n’était pas le sien et avait peur qu’elle découvre avec qui il conversait. ‘Chari’ était allée chez une amie et était revenue pour récupérer le téléphone. « Il n’y a eu aucune dispute, aucun insultes. Je lui ai seulement demandé à son amie de me donner le mot de passe pour vérifier que c’était bien son téléphone. »
En fin de procès, il a exprimé ses regrets :
– J’aimerais être mort à sa place et qu’elle soit avec mes filles. Je ne la maltraitais pas, je n’ai pas fait ce dont on parle aujourd’hui.
Le procureur : « L’accusé l’incitait à se prostituer pour subvenir à ses vices »
Le procureur a demandé une peine de six ans de prison pour George Virgiliu pour violences habituelles, blessures et menaces graves. José Bueno, représentant du ministère public, a fait une plaidoirie convaincante, soulignant que la mort de ‘Chari’ sera jugée par un jury, mais « nous sommes ici pour évoquer les 15 années de souffrance de cette femme, victime d’agressions et d’humiliations ». Il a rappelé que l’accusé frappait régulièrement la victime, l’insultait, lui crachait dessus et « l’incitait à se prostituer pour satisfaire ses vices ».
L’avocat de la famille de la défunte a qualifié le témoignage de ‘Chari’ de « terrifiant », signalant que l’accusé avait réussi à instaurer un contexte de violence permanent menant finalement à la perte tragique de la vie de Mrs. Díaz Jiménez. Nous ne pouvons oublier les conditions de vie horribles qu’il lui a imposées.
Points importants à retenir
- Les violences intrafamiliales sont souvent silenciées par la peur des victimes.
- L’impact des menaces sur la santé mentale et physique d’une personne peut être dévastateur.
- Le soutien des proches peut être crucial pour les victimes cherchant à fuir des situations abusives.
- La répercussion du jeu et d’autres addictions sur les relations peut exacerber des comportements violents.
- Le système judiciaire doit prendre en compte non seulement les actes de violence, mais aussi le parcours de vie des victimes.
En réfléchissant à cette tragédie, il est essentiel de se demander pourquoi tant de femmes continuent de vivre dans l’angoisse de telles violences. Combien de récits tragiques seront encore à raconter avant qu’une véritable prise de conscience n’émerge ? Ce drame ne doit pas nous laisser indifférents. La lutte contre les violences conjugales est un combat de société qui nécessite l’engagement de tous, sans exceptions.




