Alors que nous nous présentons comme la capitale de la mer, embellis par des publications scintillantes sur les réseaux sociaux pendant la fête en Darsena, ce lieu a été le théâtre d’un tragique meurtre.
La réalité criminelle rappelle constamment ce que nous préférerions parfois oublier. L’assassinat de Moussa Cissè, un Sénégalais de 29 ans, en situation irrégulière et connu des bénévoles de services d’aide, souligne une problématique alarmante. Il a été poignardé par un autre individu, probablement un sans-abri également, trouvé le 14 avril au matin sur la chaussée d’Antico Squero, devant le siège de l’Autorité portuaire. Son agresseur, blessé, a été découvert dans le canal Candiano, laissant derrière lui une macabre traînée de sang sur la piste cyclable.
Si ce récit était fictif, on pourrait penser à un excès narratif pour souligner des symboles. Cependant, il s’agit de notre réalité, celle que nous ne pouvons ignorer : de nombreuses personnes sans abri dorment dans des lieux insalubres et dangereux, un fait que toute ville se voulant inclusive devrait prendre en compte.
Le maire a récemment annoncé le “retour” d’une table des pauvretés pour relier toutes les associations œuvrant pour les personnes marginalisées. Ces bénévoles, motivés par la compassion et la solidarité, sont parfois perçus comme les “coupables” d’une volonté d’accueillir tout le monde. Étrangement, cette prétendue capacité d’arrêter le flux de migrants en Italie, tant promise par le gouvernement, ne se matérialise toujours pas après quatre ans.
Dès lors, si nous ne voulons pas évoquer des principes de fraternité et d’humanité, n’est-il pas temps de reconnaître que la pauvreté de certains migrants n’est pas une faute en soi? Surtout dans un pays où la famille est souvent le premier récepteur d’aide sociale. De même, la maladie mentale n’est pas une faute. N’est-il pas plus utile de revendiquer davantage de ressources pour lutter contre la marginalisation sous toutes ses formes?
Apparemment, il semble plus simple de blâmer le maire pour des absences, même lorsque l’État en porte la responsabilité. En rejetant la faute sur des entités locales, on risque d’induire une confusion qui sert d’alibi aux manquements de la mairie, qui ne sont pourtant pas négligeables.
Concernant ces manquements, comment ne pas donner raison à Fratelli d’Italia qui évoque le « silence assourdissant » du vice-maire, responsable de l’ordre public et de la sécurité? Comment se peut-il qu’il n’ait rien à dire en une période si troublée?
Points importants à retenir
- L’assassinat de Moussa Cissè met en lumière la précarité des migrants en situation irrégulière.
- La réaction des autorités locales face à des problèmes d’insécurité et de marginalité suscite des interrogations.
- Les bénévoles qui aident les sans-abri sont parfois critiqués, bien qu’ils jouent un rôle essentiel.
- Le gouvernement peine à maîtriser les flux migratoires, malgré les promesses de contrôle.
- Il est crucial de revendiquer plus de ressources pour soutenir les populations vulnérables.
En tant que citoyenne, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la complexité de cette situation. Chaque jour, des vies se jouent dans l’ombre, tandis que des discours de rejet s’élèvent. En parlant de devoir d’accueil, nous ne devrions pas oublier notre humanité et notre responsabilité envers autrui. Mais jusqu’où notre société est-elle prête à aller pour transformer cette tragédie en une opportunité d’évolution collective?




