Une quinzaine d’habitants de Freginals, avec à leur tête la maire Neus Franch, ont commémoré ce vendredi à midi le souvenir des 13 étudiantes de programme Erasmus décédées il y a dix ans dans un accident de bus sur l’autoroute AP-7 près de leur commune. Au lieu même de la tragédie, où la mairie a érigé un monolithe commémoratif, des bouquets de fleurs ont été déposés et une minute de silence a été observée. Les victimes revenaient des Fallas de Valence lorsque, dans la nuit du 20 mars 2016, leur bus a basculé. Franch a déclaré que la mairie attend toujours une réponse des autorités compétentes à leur demande d’examen des causes de l’accidentalité élevée sur ce tronçon.
“C’est un accident qui demeure très présent dans la mémoire collective”, a souligné la maire, rappelant que “cela a été un choc pour tous, tant pour les familles que pour les habitants”. Cette commémoration, qui coïncidait avec le dixième anniversaire de la tragédie, a été une cérémonie de hommage simple mais émouvante. “Dix ans plus tard, le village de Freginals se souvient encore d’elles”, a affirmé Franch, qui a tenus à adresser un “fort soutien” aux familles des victimes. “Vous n’êtes pas seuls, nous partageons votre deuil”, a-t-elle conclu.
La Université de Barcelone, où étudiaient ces jeunes femmes, a également organisé ce vendredi un hommage en mémoire des 13 victimes. À cette occasion, de nombreux membres de la communauté universitaire étaient présents, dont Joan Guàrdia, le recteur, et Elisenda Paluzie, alors doyenne de la faculté d’économie et d’entreprise. Les participants ont également effectué une offrande florale devant une pierre de Montserrat gravée avec la date de l’accident, le 20 mars 2016, située dans le jardin du bâtiment historique de l’université. “La seule chose à faire pour surmonter le sentiment d’une mort injuste, c’est de se souvenir”, a déclaré Guàrdia, ajoutant qu'”elles resteront à jamais nos étudiantes”.
“Nous partageons ici une émotion mêlant peine, souvenir et responsabilité”, a commenté Elisenda Paluzie, qui a aussi affirmé que “la douleur ne s’éteint pas, et notre devoir de mémoire non plus”. Mate Csifari, une survivante de l’accident, a pris la parole pour rappeler que, outre les 13 victimes, une trentaine d’étudiants de 20 nationalités différentes avaient été blessés de différentes manières.
Dans la nuit tragique du 20 mars, le bus transportant ces étudiants Erasmus de l’Université de Barcelone a basculé, entraînant une issue dramatique. En plus des 13 victimes, l’accident a fait 26 blessés.
Après plusieurs années d’enquête, le tribunal de Tortosa a classé l’affaire il y a trois ans, suite à la mort du conducteur, l’unique accusé. Ce dernier était reproché de conduire fatigué et somnolent.
Parallèlement à l’enquête, l’accident a suscité des critiques de la part d’habitants et d’organisations concernant la dangerosité élevée de ce tronçon de l’AP-7, une longue ligne droite de plus de trois kilomètres sans possibilité de faire des pauses, rendant les conducteurs vulnérables à la fatigue.
“Nous ne comprenons pas ce qui se passe ici : c’est un point noir sur l’autoroute. Même sur une ligne droite, il y a de nombreux accidents”, a déclaré la maire de Freginals. Elle a ajouté que la mairie avait déjà fait part de ses inquiétudes aux administrations responsables de la route pour demander une étude des causes de cette forte sinistralité. Pour l’heure, les réponses se font attendre. “Nous avons exprimé nos préoccupations et souhaitons qu’on examine pourquoi cela se produit ici. Pour l’instant, aucune solution n’a été apportée”, a-t-elle conclu.
Points importants à retenir
- Le tragique accident a eu lieu le 20 mars 2016, faisant 13 victimes.
- La mairie de Freginals et l’Université de Barcelone ont rendu hommage aux victimes.
- La mémoire des victimes reste vive dans la communauté et des actions de mémoire sont régulièrement organisées.
- Une forte demande d’examen des conditions de sécurité routière sur l’AP-7 est toujours en attente de réponse.
- Des critiques continuent d’émerger concernant la sécurité de ce tronçon de route.
Ce drame nous rappelle la fragilité de la vie et les conséquences souvent négligées de la fatigue au volant. En tant que société, nous avons le devoir de veiller à ce que de telles tragédies ne se reproduisent pas. Comment réagirions-nous si cela touchait nos proches ? La mémoire des victimes nous appelle à une réflexion collective sur la sécurité sur les routes, question qui mérite d’être inscrite à l’agenda de nos priorités.





