Meta supprime des pages de deepfake politique au Royaume-Uni après une enquête de la BBC

Meta supprime des pages de deepfake politique au Royaume-Uni après une enquête de la BBC

Les élections décentralisées se tiendront au Pays de Galles et en Écosse le 7 mai, coïncidant avec les élections locales dans certaines parties de l’Angleterre.

Des avertissements concernant ce qu’on appelle une « élection deepfake » au Royaume-Uni ont déjà circulé, suscitant des opinions variées sur la réalité de cette menace.

Selon l’Alan Turing Institute, un centre national pour la science des données et l’intelligence artificielle, il n’y avait “aucune preuve” que les deepfakes assistés par l’IA ou la désinformation aient eu un impact significatif sur les résultats des élections générales de 2024.

Cependant, près de deux ans plus tard, les “barrières à l’entrée” pour créer ce type de contenu ont été abaissées, signale Innes.

« Auparavant, la manipulation d’images ou de vidéos nécessitait une puissance de calcul importante et des compétences techniques, mais ce n’est plus le cas », souligne-t-il.

Il prévient que cela pourrait engendrer un “effet domino”, où les vidéos commencent à influencer la politique décentralisée.

Ce risque est suffisamment préoccupant pour que la Commission électorale intervienne. Cet organisme indépendant, qui supervise et réglemente les élections au Royaume-Uni, collabore avec le ministère de l’Intérieur pour développer un logiciel permettant d’identifier, de suivre et de signaler les deepfakes.

Vijay Rangarajan, son directeur exécutif, a déclaré que cela aiderait les électeurs à repérer la désinformation durant les campagnes électorales et à réduire les activités qui nuisent à la confiance des électeurs envers la conduite des campagnes.

Suite à cette annonce, la BBC a repéré plusieurs vidéos générées par IA mettant en scène des politiciens gallois, créées récemment.

Ensemble, ces vidéos ont été vues plus de 200 000 fois, incluant une vidéo truquée du Premier ministre Keir Starmer et de la Première ministre galloise Eluned Morgan s’embrassant, ainsi qu’une autre de Rhun ap Iorwerth, leader de Plaid Cymru, criant “J’aime la réforme”.

Les administrateurs de la page Facebook ayant diffusé ces vidéos affirment qu’elles sont une “satire évidente”. Ils ont ajouté qu’ils faisaient confiance à leur audience pour faire preuve de “bon sens”, tout en indiquant clairement que les vidéos étaient fausses dans les légendes.

Une autre vidéo, partagée par une page anti-réforme, montrait Nigel Farage devant un drapeau gallois. Dans cette vidéo, il déclare : “La Grande-Bretagne est formidable ; je ne comprends pas l’intérêt d’avoir quatre équipes sportives et quatre parlements différents.”

Il n’existe aucun enregistrement de Farage ayant jamais prononcé ces mots, et la vidéo présente des distorsions caractéristiques d’une génération par IA.

La page à l’origine de cette vidéo a été contactée pour obtenir des commentaires.

D’après Innes, ces exemples sont davantage des “shallowfakes” que des “deepfakes”, étant moins réalistes et créés avec des logiciels moins sophistiqués.

Cependant, il ajoute qu’il devient “de plus en plus difficile” d’identifier les fausses vidéos, avec son équipe parfois en train de passer une journée à scruter les exemples plus élaborés.

Il estime que les projets de la Commission électorale pour combattre les deepfakes “pourraient nous aider à comprendre les choses après coup”, mais ne permettraient pas d’éviter que ces deepfakes n’influencent les élections.

Points importants à retenir

  • Les élections décentralisées sont prévues pour le 7 mai au Pays de Galles et en Écosse.
  • Des deepfakes pourraient représenter un risque potentiel pour les élections, bien que leur impact précédent ait été jugé limité.
  • La technologie pour créer des deepfakes est désormais plus accessible au grand public.
  • La Commission électorale collabore avec le ministère de l’Intérieur pour développer des outils de détection de deepfakes.
  • Des exemples récents de deepfakes de politiciens gallois ont soulevé des inquiétudes, mais certains créateurs considèrent ces vidéos comme de la satire.

À travers cette évolution technologique, on se retrouve confronté à un dilemme éthique majeur. La frontière entre la réalité et la fiction devient floue, et je me demande comment cela influencera les perceptions politiques et la confiance des électeurs. Nous serions bien avisés de rester vigilants face aux manipulations qui pourraient émerger dans le paysage électoral, car chaque vidéo peut avoir des répercussions inattendues sur le débat public.



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