NARCOS : Les lunettes espionnes révèlent une réunion de trafiquants

NARCOS : Les lunettes espionnes révèlent une réunion de trafiquants

Le 2 avril 2025, trois narcotrafiquants ainsi que leurs gardes du corps se sont réunis dans un appartement à Madrid. Ils ont dû laisser leurs téléphones mobiles dans la cuisine. Leur objectif était de s’allier pour acheminer une tonne de cocaïne par mois en Espagne, via l’aéroport de Barajas. Durant la réunion, quelqu’un a réussi à filmer avec des lunettes espionnes, dont la police a retrouvé la trace plusieurs mois plus tard.

L’opération Rayban, qui a commencé à ce moment-là, a abouti début février à l’arrestation des narcotrafiquants. Cinq employés de l’aéroport de Barajas ont également été appréhendés, comme l’a rapporté le média de Prensa Ibérica.

Un enregistrement révélateur

C’est la première fois qu’une telle situation se produit en Espagne. Pour cette raison, les enquêteurs de la Guardia Civil et de la Police Nationale considèrent que l’enregistrement des lunettes espionnes a une “énorme portée”. “C’est un enregistrement direct, sans intermédiaires, d’une réunion clandestine avec des mesures de sécurité explicites”, a indiqué un rapport de l’enquête. La vidéo montre les narcotrafiquants discutant en toute confiance, répartissant les “questions logistiques et opérationnelles du trafic international de drogue”, expliquent les enquêteurs.

Lors de cette rencontre, les chefs de trois organisations différentes ont “convergé vers un objectif commun : garantir l’envoi et la réception mensuels de jusqu’à mille kilogrammes de cocaïne” en utilisant l’aéroport de Barajas à Madrid comme point d’entrée.

Les intermédiaires

Les enquêteurs de l’opération Rayban ont suivi les fils de l’enregistrement durant des mois. Ils ont constaté que ce qui était discuté lors de cette réunion de narcotrafiquants se réalisait presque quotidiennement à l’aéroport de Barajas.

Les narcotrafiquants ont mis en place trois systèmes différents pour introduire la drogue à Barajas. Le premier, surnommé “les sauveteurs”, consistait en des employés de l’aéroport à qui les narcotrafiquants fournissaient des informations sur le vol de la valise contenant la drogue, y compris sa taille, sa couleur et même une photo pour éviter les erreurs.

Ces sauveteurs se rendaient à l’aéroport vêtus de leurs gilets réglementaires, même lors de congés ou de jours où ils n’étaient pas de service, juste pour récupérer les valises contenant de la drogue. Cinq de ces employés ont été arrêtés le 10 février dernier.

Drogue

Un des envois de drogue en sacs à dos interceptés lors de l’opération Rayban.

Le deuxième système impliquait des “sauveteurs externes”. Le réseau de narcotrafiquants achetait des billets d’avion à bas prix pour des collaborateurs. Ces billets les menaient à des destinations comme Vigo ou Barcelone, leur permettant d’entrer dans les zones restreintes de l’aéroport. Selon les enquêtes, ces personnes ne prenaient pas leur vol et se dirigeaient alors vers la zone de ramassage des bagages pour récupérer les valises contenant de la drogue.

Un ancien agent de la Guardia Civil corrompu

Le troisième système, qui consistait à envoyer de la drogue dans des conteneurs, n’a jamais été mis en pratique. En outre, le réseau a subi un sérieux revers lorsque qu’un ancien agent de la Guardia Civil, qui avait été recruté pour manipuler les appareils de scanner de l’aéroport, a été arrêté dans une autre opération anti-blanchiment.

Les enquêteurs ont déjà porté un coup lors d’une opération précédente, en novembre, où 16 personnes ont été arrêtées et 5 millions d’euros récupérés. Malgré cela, les agents suspectaient que “leur activité criminelle n’avait pas cessé et qu’ils avaient cherché de nouvelles alliances et moyens d’accès à l’aéroport permettant de minimiser les risques de détection des bagages contenant de la drogue”.

Une rue voisine

C’est pendant cette enquête que le tribunal de Madrid a autorisé des perquisitions à plusieurs adresses, y compris celle située dans la rue Federico Rubio et Galí, où se trouve le siège de la préfecture de police. Les agents y ont découvert les lunettes espionnes contenant l’enregistrement complet de la réunion des narcotrafiquants. Le rapport remis au tribunal attribue l’enregistrement à l’un des narcotrafiquants, que les forces de l’ordre ont arrêté peu après.

Après l’analyse de l’enregistrement, les agents ont suivi et filmé pendant des mois les chefs et les employés de ce réseau, y compris à l’intérieur de l’aéroport. Le 10 février, l’opération Rayban a conduit à l’arrestation de deux chefs de réseau, deux Dominicains connus sous le nom de El Bala et El Comandante, ainsi que d’autres membres de leur réseau et de cinq travailleurs de l’aéroport de Barajas.

Points importants à retenir

  • Une réunion clandestine a révélé des projets d’acheminement de cocaïne à l’aéroport de Barajas.
  • Des employés de l’aéroport ont été impliqués dans le trafic de drogue, recevant des instructions précises pour faciliter la récupération des bagages.
  • L’opération a permis d’arrêter plusieurs membres clés du réseau et a mis en lumière des systèmes de fonctionnement complexes.
  • Les enquêteurs soupçonnent que le trafic continue, malgré les arrestations et les saisies de drogue.

Il est troublant de voir jusqu’où peut aller la volonté de certains d’installer un réseau aussi sophistiqué au cœur de notre société. La collaboration d’employés d’une institution publique soulève des questions sur l’intégrité et la sécurité de nos infrastructures. Dans un monde où le phénomène de la drogue continue de proliférer, comment pouvons-nous réellement nous protéger et veiller à ce que de tels abus ne deviennent pas la norme? C’est une réflexion qui mérite notre attention et notre engagement.



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