Un fonctionnaire et un cuisinier du Centre Pénitentiaire de Brieva (Ávila) font l’objet d’une enquête depuis mai dernier pour avoir accordé des faveurs et des présents à Ana Julia Quezada en échange de relations sexuelles. Cependant, ils pourraient ne pas être les seuls employés de la prison à avoir « favorisé » l’assassin pour établir des relations intimes avec elle, selon des informations relayées par un canal d’investigation de Prensa Ibérica.
La mère de Gabriel Cruz, Patricia Ramírez, a demandé au tribunal d’instruction numéro 4 d’Ávila d’identifier d’autres trois fonctionnaires de la prison de Brieva, que, selon une détenue, “ont eu des relations sexuelles” avec Ana Julia et lui ont apporté leur aide pour introduire des téléphones ou toute autre chose dont elle avait besoin.
Des relations secrètes
Dans une déclaration envoyée au juge, l’avocate de Ramírez, Verónica Guerrero, a requis que le magistrat fasse comparaître cette détenue, qui a partagé un module avec Quezada, afin qu’elle “fournisse des informations permettant à Votre Honneur de demander au Centre Pénitentiaire l’identification des trois fonctionnaires mentionnés”. Cette détenue a déjà révélé, dans ses déclarations à la Guardia Civil et au juge, les noms de ces trois présumés travailleurs de la prison ayant commis les mêmes infractions que celles qui font l’objet de l’enquête visant le fonctionnaire et le cuisinier.
Concrètement, la femme a affirmé que “Ana Julia a réussi à duper divers fonctionnaires pour obtenir leurs faveurs. Je sais qu’elle a eu des relations avec… (noms des trois fonctionnaires). Ana Julia en a même parlé pendant un certain temps”.
Un système de complicité
La détenue a avoué aux enquêteurs qu’en étant dans le centre de Brieva, elle avait eu accès à un téléphone portable, avec lequel elle a informé une amie pendant plusieurs mois des privilèges dont bénéficiait selon elle Ana Julia. Elle a transmis au enquêteurs des conversations sur WhatsApp échangées avec son amie. Dans une d’elles, datée du 18 mai 2024, son amie, surprise par la situation, lui pose la question :
-Amie : Mais qui la soutient ?
-Détenue : Les fonctionnaires.
-Amie : Tous ?
-Détenue : Ceux qui ont des relations avec elle. Don…, qui est le bras droit de la directrice, et un autre encore. Mais ils se couvrent mutuellement.
L’avocate de la mère de Gabriel rappelle dans son écrit que “la témoin proposée affirme qu’Ana Julia a eu des relations avec (noms de trois fonctionnaires). Cependant, cette partie ignore la filiation de ces personnes puisque les investigations n’ont pas été dirigées vers leur identification et leur éventuelle audition, malgré leurs possibles liens avec les faits en cours d’investigation”.
Points importants à retenir
- Une enquête est en cours concernant des fonctionnaires d’un établissement pénitentiaire.
- Ana Julia Quezada a été au centre des attentions en raison de ses relations avec des employés de la prison.
- Des témoignages de détenues révèlent des échanges de faveurs en échange de privilèges.
- Un appel à l’identification de trois autres fonctionnaires a été formulé au tribunal.
Ce dossier soulève des interrogations profondes sur le fonctionnement des établissements pénitentiaires et la vulnérabilité de certaines détenues face à un système parfois complice. À travers ces révélations, se dessine un tableau inquiétant, un reflet d’une réalité qui interpelle, où la frontière entre devoir et abus semble floue. Comment garantir l’intégrité et la justice au sein d’institutions censées protéger et rééduquer ? Ce questionnement demeure brûlant et mérite une attention soutenue.





