Près de deux décennies après le meurtre de Garlasco, de nouvelles investigations ont été lancées concernant Andrea Sempio, incitant le Procureur de Pavie à revisiter le déroulement de cette tragique matinée d’été où Chiara Poggi a perdu la vie. L’un des éléments troublants demeure l’anomalie constatée sur l’alarme de sa résidence. Selon une expertise réalisée par Alberto Porta, qui fut consultant du juge Stefano Vitelli, la nuit précédant l’assassinat, l’alarme aurait été désactivée à 1h52. « Cela ressemble à un test pour évaluer l’efficacité de l’alarme », a-t-il déclaré lors d’une interview.
L’anomalie de l’alarme avant le meurtre
Le 16 décembre, l’émission Mattino Cinque a diffusé une interview avec Alberto Porta, l’expert ayant examiné le système d’alarme de la maison des Poggi. Ce dernier insiste sur une anomalie spécifique.
En premier lieu, l’alarme « pouvait également être désactivée de l’extérieur ». Cela soulève la possibilité que, le jour du meurtre, soit le 13 août 2007, cette désactivation ait été effectuée par une tierce personne et non par Chiara Poggi elle-même.
Le mystère s’épaissit concernant la nuit du 12 au 13 août. À 1h52, une activation et une désactivation surviennent presque simultanément, ce que Porta interprète comme un « essai pour voir si l’alarme fonctionne bien ». Deux hypothèses émergent : une tierce personne aurait pu utiliser le code pour faire sortir les animaux, une théorie que Porta juge « peu probable », ou encore Chiara aurait ouvert la porte pour laisser entrer quelqu’un. Selon l’expert, le point de contrôle externe permettant de gérer l’alarme est situé près de la porte, tandis que le point interne est un peu plus complexe d’accès.
Que s’est-il passé chez les Poggi ?
La décision de la Cour suprême, rendue le 12 décembre 2015, a confirmé la condamnation de Alberto Stasi, jugé responsable du meurtre de Chiara Poggi, qui aurait été tuée par son petit ami. Selon les rapports, Stasi a immédiatement tenté de donner l’alerte en appelant les secours et en se rendant aux gendarmes.
Les éléments probants sont multiples : Chiara Poggi a ouvert la porte à son assassin, portant un pigiama et sans aucune trace d’effraction dans la maison. Sept indices accablent Stasi, bien qu’aucune arme du crime n’ait été retrouvée et que le motif du meurtre demeure obscur.
En 2025, une nouvelle enquête a été ouverte concernant Andrea Sempio qui avait déjà été sous enquête en 2016 avant d’être blanchi en 2017, après l’établissement que l’ADN trouvé sous les ongles de Chiara correspondait au sien.
Une possible réécriture du meurtre de Garlasco
L’argumentation qui a mené à la condamnation de Stasi en 2015 pourrait être remise en question, en fonction des conclusions tirées à l’issue de l’incident probatoire prévu pour le 18 décembre. Le Procureur de Pavie a formellement inscrit Sempio comme suspect, avec l’hypothèse de son implication dans un homicide en collaboration avec Alberto Stasi ou d’autres individus. Sempio, de son côté, réfute fermement ces accusations.

ANSA
Points importants à retenir
- Une nouvelle enquête a été ouverte sur Andrea Sempio, suite à des découvertes d’ADN.
- Des anomalies ont été révélées concernant le système d’alarme de la maison de Chiara Poggi, remettant en question la version officielle.
- Le procès de Stasi a été basé sur plusieurs indices, mais sans preuve tangible du meurtre.
- Le contexte entourant cette affaire évolue constamment, suggérant des motifs et des responsabilités potentiellement différents.
Le destin de Chiara Poggi reste un mystère qui interpelle la société. En creusant davantage, on réalise que derrière chaque fait divers se cachent des vies, des rêves interrompus, et des interrogations latentes sur la justice. Comment évaluer la vérité dans un monde où les preuves sont souvent des ombres imprécises ? L’affaire Poggi nous pousse à réfléchir non seulement sur la noirceur de crimes incompréhensibles mais aussi sur la fragilité de notre quête de justice.





