Antonietta Gargiulo se confie sur la tragédie de Cisterna

Antonietta Gargiulo se confie sur la tragédie de Cisterna

“Aujourd’hui, ma perception du temps est différente ; pour moi, il s’est stoppé. Il a été difficile d’avancer, car ma vie a été détruite en quelques minutes.” Avec ces mots, Antonietta Gargiulo débute son témoignage poignant lors de l’émission “Verissimo”. Cette femme a survécu au drame tragique survenu le 28 février 2018 à Cisterna, lorsqu’elle a été attaquée par son ex-mari, Luigi Capasso. “J’ai souffert physiquement, j’ai été au bord de la mort. La guérison a été un chemin ardu, tant sur le plan physique que mental. J’ai dû appréhender mon histoire très lentement. C’était une réalité trop lourde à porter. J’ai mis du temps à comprendre ce qui s’était passé ce jour-là. Petit à petit, j’ai cherché une motivation pour avancer : mon récit ne pouvait pas rester une simple fait divers, il devait devenir un phare de lumière et d’espoir pour toutes celles et ceux qui vivent des situations similaires. Là réside notre force.”

L’histoire d’Antonietta Gargiulo et de ses filles Alessia et Martina

Antonietta, blessée par balles par son ex-mari, a réussi à s’en sortir, mais cela n’a pas été le cas de ses filles, Alessia et Martina, qui ont perdu la vie dans cette tragédie. Après avoir attaqué Antonietta, Luigi Capasso est monté dans leur appartement et a ouvert le feu sur ses enfants, avant de mettre fin à ses jours. Aujourd’hui, Antonietta se bat pour sa mémoire et pour faire entendre leur voix.

“La violence est un tremblement de terre qui nous laisse désorientés”

Au cours de l’entretien diffusé hier sur Canale 5, Antonietta retrace son histoire avec Luigi Capasso, qu’elle a épousé à 21 ans. Tout avait commencé par un amour qui, dans un premier temps, l’aidait à combler la douleur causée par la perte de sa mère. Les premiers signes d’agressivité sont apparus après leur mariage. “La violence commence toujours avec des mots, quelque chose que nous sous-estimons. Il a commencé à me détruire : je n’étais jamais assez bien, jamais à la hauteur. Puis, un jour, il m’a poussée. Une expérience traumatisante que je n’ai pas voulu voir, comme si je cherchais à l’ignorer. La violence ressemble à un tremblement de terre, rendant difficile la croyance de ce qui se passe.” En 2004, la naissance d’Alessia est marquée par un incident particulièrement inquiétant : Luigi, armé d’un couteau, a menacé de les tuer si le bébé ne cessait de pleurer. Cet évènement déclenche en elle une véritable peur pour leur vie.

“Il est temps de réaliser : la violence ne doit pas être la norme”

Les problèmes professionnels de Luigi ont aussi pesé sur leur couple. Antonietta a expliqué qu’il l’accusait de tous ses maux. “Pendant les dix premières années de mariage, je me suis crue fautive. Puis est venue la prise de conscience, celle qui vous ouvre les yeux sur la réalité. J’ai commencé à comprendre que ses réactions étaient disproportionnées et que ce que je vivais n’était pas normal.” Le premier signalement formel a été fait en septembre 2017, peu avant le drame. Elle raconte les menaces constantes et la peur qui empoisonnaient leur quotidien, une vie sous tension dans laquelle chaque conflit était à éviter.

Le tragique 28 février 2018

Le récit de ce jour funeste est particulièrement déchirant. Antonietta se souvient de l’agression dans le garage, des six balles tirées par Luigi, dont trois l’ont atteinte. “Je l’ai vu sortir avec son arme ; j’ai crié, je voulais fuir. Je devais vivre pour mes filles.” Après s’être retranché chez eux, Luigi a gardé Antonietta dans l’angoisse pendant sept heures, moment durant lequel il a tué Alessia et Martina. “Durant tout ce temps, personne n’est intervenu pour les aider. Moi, j’ai eu la chance d’être sauvée, mais mes filles ont été laissées pour compte. C’est impensable.” Sa compréhension de ce qu’il s’est passé a été progressive, un chemin difficile marqué par des souvenirs insupportables qu’elle a dû apprivoiser.

“Maman, tu dois vivre aussi pour nous”

Après avoir appris ce qu’il était advenu, Antonietta raconte : “Je suis entrée dans un état de choc. Je pensais qu’elles étaient en sécurité. Quand j’ai appris leur mort, un froid glacial m’a envahie. J’ai été pétrifiée, regardant le plafond pendant des jours.” Progressivement, elle a ressenti une présence vivante, lui murmurant de continuer à vivre pour ses filles. Cette prise de conscience lui a donné la force de reprendre le contrôle de sa vie et de témoigner. “Je pouvais donner une voix à Alessia et Martina, et lutter pour la vérité et la justice n’est pas seulement un droit, c’est un devoir moral.” Antonietta a pris la décision de se relever, de récupérer sa dignité et de mener son combat pour toutes les femmes victimes de violence.

Points importants à retenir

  • La violence peut d’abord s’exprimer par des mots avant de devenir physique.
  • La prise de conscience est fondamentale pour sortir d’une relation abusive.
  • Le soutien émotionnel et la quête de justice sont essentiels pour la guérison.
  • Chaque récit de violence doit être entendu et considéré, pour apporter de l’espoir aux autres.
  • Il est crucial de ne pas minimiser les effets de la violence domestique sur les victimes et sur leurs proches.

Dans la lumière de ce témoignage, une question s’impose à nous : combien d’autres Antonietta sont encore prisonnières de ce cycle de violence, se battant chaque jour dans l’espoir d’un avenir meilleur ? La réalité est souvent plus complexe et tragique que les récits que nous entendons. Peut-être est-il temps de revoir notre approche et de tendre la main à toutes celles qui, comme Antonietta, aspirent à une vie libre de toute peur.



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