Faut-il prendre des probiotiques chaque jour ? Les conseils d’un expert.

Faut-il prendre des probiotiques chaque jour ? Les conseils d'un expert.

Les probiotiques sont devenus omniprésents, disponibles dans les supermarchés, les pharmacies et même dans les magasins de produits bio locaux. Les produits vantant leur teneur en probiotiques se multiplient, souvent en lien avec une thématique de santé.

Des millions de vidéos virales circulent sur chaque plateforme, incitant à augmenter la consommation de probiotiques pour améliorer la santé intestinale ou renforcer le système immunitaire. Mais que vaut réellement cette recommandation ?

La question mérite d’être posée, car les preuves scientifiques derrière ces petits comprimés sont moins solides qu’on pourrait le penser.

Les probiotiques désignent généralement plusieurs espèces de bactéries présentes dans notre intestin, souvent associées à une bonne santé. Par exemple, des niveaux élevés de bifidobacterium sont liés à des taux d’obésité plus faibles, tandis que des niveaux bas de lactobacillus sont corrélés à un risque accru de crises cardiaques.

L’idée serait donc de proposer des médicaments ou des compléments contenant ces bactéries bénéfiques. En modifiant le microbiote intestinal, on pourrait améliorer la santé et réduire le risque de divers problèmes de santé.

Cependant, cette approche est simpliste, car l’intestin humain est extrêmement complexe. Ajouter une seule souche bactérienne à son alimentation peut être insuffisant.

“C’est comme si on allait au milieu de l’Amazonie et qu’on y plantait 10 000 arbres d’une seule espèce, en pensant tout résoudre.” – Dr. Gideon Meyerowitz-Katz

Bien que certains effets bénéfiques aient été observés, de nombreuses études restent de qualité inférieure et n’apportent pas de réponses claires sur l’efficacité réelle des probiotiques.

De plus, le domaine des probiotiques souffre d’un nombre significatif de fraudes académiques ; de nombreuses études randomisées ont été rétractées pour diverses raisons problématiques.

Les études de grande envergure tendent à ne pas montrer de grands bénéfices. Par exemple, une grande étude sur les probiotiques et la prévention des rhumes a révélé qu’il n’y avait pas de différence entre les probiotiques et un placebo en termes de sévérité du rhume en 2021.

Les probiotiques n’apportent aucun bénéfice apparent pour l’eczéma, et l’un des plus grands essais randomisés menés sur des prématurés (618 bébés) n’a pas démontré d’avantages.

Intérieur d'un tube digestif
(troyanphotos/Canva)

De plus, même dans les cas où l’on s’attendrait à ce que les probiotiques aient un effet bénéfique, comme dans la prévention des infections gastrointestinales, les résultats ne sont pas concluants. Une vaste revue systématique réalisée en 2020 a regroupé 82 études et plus de 12 000 participants sans apporter d’éléments favorables aux probiotiques.

Pire encore, certaines études suggèrent que les probiotiques pourraient avoir des effets indésirables. Par exemple, une revue de 2021 sur leur utilisation pour prévenir le diabète gestationnel a montré peu ou pas de bénéfices, mais a possiblement augmenté le risque de pré-éclampsie.

Étonnamment, une autre revue concernant les femmes ayant déjà été diagnostiquées avec un diabète gestationnel a révélé quelques bénéfices potentiels, mais les essais inclus souffraient de préoccupations éthiques sérieuses, avec plusieurs études rétractées.

Une partie du problème vient du fait que la définition même de ‘probiotiques’ est un peu floue. Ce terme est utilisé pour désigner un large éventail de pilules bactériennes, peu normées et ayant des effets variés.

Il est possible que le rapport entre bifidobacterium et lactobacillus doive être parfait pour obtenir les effets escomptés, ou que les probiotiques nécessitent une personnalisation pour être efficaces. Pour l’instant, nous manquons de données concrètes.

Malgré les nombreuses propositions sur l’utilisation des probiotiques pour divers problèmes de santé, les résultats des plus grandes études randomisées montrent un tableau peu engageant. Ils pourraient être bénéfiques pour des problèmes directement liés à la santé intestinale, comme la prévention de la diarrhée liée aux antibiotiques, mais pour le reste, les données sont peu convaincantes.

Il existe de nombreux aliments contenant des bactéries bénéfiques, comme le kimchi, le yaourt ou la choucroute. Continuer à en consommer est sans doute une bonne pratique. Au pire, cela ravira vos papilles et, au mieux, cela pourrait améliorer votre santé.

Quant aux pilules, poudres et autres mélanges probiotiques, les preuves suggèrent qu’ils sont peu susceptibles d’apporter de grands bénéfices pour la santé.

Points importants à retenir

  • Les probiotiques sont largement accessibles, mais leur efficacité est contestée.
  • Des études de qualité variable soulignent l’absence de bénéfices clairs.
  • Les probiotiques peuvent avoir des effets indésirables potentiels.
  • Les aliments fermentés peuvent offrir des avantages sans les risques associés aux suppléments.
  • La complexité du microbiome intestinal rend les effets des probiotiques difficiles à prédire.

En réfléchissant à ces éléments, il est essentiel de naviguer prudemment dans le monde des probiotiques. Devons-nous leur accorder une place centrale dans notre santé ou valider des solutions plus traditionnelles par le biais d’une alimentation équilibrée ? La discussion reste ouverte, et je suis curieuse de connaître vos avis sur le sujet.



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