À l’approche des chaleurs estivales, on me pose souvent les mêmes questions : quelle est ma routine de remise à zéro, et comment se remettre sur les rails avant l’automne ? Comme si j’avais une stratégie gardée secrète pour cette saison. Spoiler : ce n’est pas le cas. La personne qui me pose cette question en septembre est généralement la même que celle qui l’a fait en janvier et en juin, car la remise à zéro est devenue un véritable hobby.
En parlant de remise à zéro, les changements radicaux sont souvent difficiles à maintenir, peu importe les bonnes intentions. La répétition est ce qui permet à un comportement de devenir automatique. Votre système nerveux fait confiance à la répétition, et c’est elle qui prouve à votre corps qu’une habitude est sécurisée. Plutôt qu’une remise à zéro, voici ce qu’il conviendrait de construire cet automne, étape par étape.

Pourquoi la remise à zéro totale ne fonctionne pas
Pourquoi tant d’entre nous sont attirés par des remises à zéro spectaculaires ? Parce qu’elles promettent une page blanche. Un nouveau mois s’annonce avec un nouveau départ. On ressent que chaque jour se distingue du précédent, et qu’aujourd’hui, on peut enfin devenir la version de soi-même qui a tout compris. Cette clarté est un véritable soulagement après une saison estivale marquée par une routine plus souple.
L’effet du nouveau départ
Cependant, une remise à zéro demande souvent trop d’un coup : une nouvelle routine matinale et un changement alimentaire, le tout commençant le même lundi. Pour beaucoup, cela devient rapidement insoutenable car ces changements sollicitent une volonté et une attention limitées. Un jour manqué peut donner l’impression que l’ensemble du plan a échoué, alors qu’il s’agit simplement d’une habitude qui a glissé. Les psychologues appellent cela l’effet du nouveau départ. C’est le même mécanisme qui explique l’essor des résolutions du Nouvel An en janvier et leur essoufflement en février. Dans mes échanges avec des clients, il apparaît que ce sont souvent les plus petits ajustements qui se maintiennent. Pensez à une nouvelle habitude au lieu de cinq.
Choisissez votre point de départ
Tout ce qui suit est un menu, pas une liste de choses à faire. Choisissez une habitude, celle qui vous parle le plus en ce moment, et commencez par là. Vous pourrez toujours ajouter un autre élément une fois que le premier sera solidement ancré. Tenter d’adopter tous les changements en même temps contredit l’essence de cette approche. Pas à pas !
Commencez par le matin, pas la journée entière
Si je ne devais vous encourager qu’à faire attention à une seule chose ce mois-ci, ce serait la première heure de votre journée. Pour beaucoup, prendre un petit-déjeuner. Un bon petit-déjeuner améliore notablement l’énergie du matin et réduit la sensation de faim l’après-midi. Un café noir à jeun peut sembler efficace, mais c’est un mauvais choix pour votre taux de sucre dans le sang. Comme le cortisol est déjà élevé le matin, ajouter de la caféine à un estomac vide n’est pas l’idéal. Si le café à lui seul vous rend nerveux ou affamé, essayez de le prendre avec ou après le petit-déjeuner. Cela pourrait vous aider à éviter le coup de fatigue habituel autour de 15 heures.
Construisez un petit-déjeuner riche en protéines
Un petit-déjeuner riche en protéines est un antidote idéal. Consommez 25 à 40 grammes de protéines pour en maximiser l’effet. Optez pour des œufs brouillés avec du fromage cottage faible en gras et du pain à l’avocat, ou du yaourt grec avec des baies et du collagène. Un smoothie avec une mesure de protéines, pas juste des fruits, peut faire la différence. Privilégiez également des flocons d’avoine sans grains accompagnés de saucisse de dinde. Vérifiez l’étiquette des barres protéinées pour vous assurer qu’elles contiennent 20 grammes ou plus — choisissez celle que vous pourrez préparer même un mardi où vous êtes en retard.
Mangez des repas complets, pas un jour de grignotages
Nombre de mes clients ne sautent pas de repas mais, en revanche, grignotent tout au long de la journée : un morceau de sandwich, un demi-barre de céréales, quelques crackers ici et là, à différentes heures de la journée. Gardez à l’esprit que grignoter peut rendre moins satisfait et rendre plus difficile la reconnaissance de la satiété. De vrais repas, espacés de 3 à 4 heures, apportent plus à votre appétit qu’un emploi du temps rigide. Concentrez chaque repas autour d’une source de protéines et de fibres, et ajoutez un plat que vous aimez. Les repas complets s’attaquent à votre appétit d’une manière que le grignotage n’arrive jamais à faire.
Offrez un emploi quotidien à votre système nerveux
Cela dit, la nourriture ne peut porter que jusqu’à un certain point si votre système nerveux est en suractivité. Une remise à zéro promet une détente à travers une routine de soins, mais ce qui apaise souvent le système nerveux est bien plus simple. Mettez un minuteur sur cinq minutes et écrivez sans vous relire, sans vous soucier de la grammaire. Ce qui pèse le plus sur vos épaules peut être libéré sur la page. Cette démarche réduit le stress et peut améliorer votre sommeil et la digestion. Ces quelques minutes conscientes peuvent contribuer à votre bien-être d’une manière qui dépasse n’importe quel achat axé sur la santé.
Entraînez-vous pour la saison que vous vivez, pas un chiffre sur la balance
La saison du corps d’été ne se termine que pour laisser place à celle des séances d’entraînement plus strictes : un programme intensifié et un compte à rebours vers un objectif qui n’a souvent rien à voir avec ce que l’on souhaite ressentir. Avant de vous inscrire à un programme intensif, posez-vous une question simple : quel type de mouvement me fait réellement envie ? Pour beaucoup, c’est l’entraînement en force 2 à 3 fois par semaine. Intégrez aussi des marches lorsque cela est possible; quelques pas après le dîner ou pendant un appel de travail sont bénéfiques.
Changez une chose, pas tout
Des habitudes durables viennent de la sélection d’un levier et de la construction à partir de là. Cette semaine, pensez à un petit-déjeuner régulier. La suivante, ajoutez des protéines au déjeuner. Et ensuite, une marche de dix minutes après le dîner. Au départ, cela peut sembler peu, mais après trois semaines, vous réaliserez que votre routine a profondément changé, sans avoir donné l’impression d’un reset. C’est le paradoxe : un reset exige une preuve de résultats sous 30 jours, alors qu’un changement d’habitude simplement vous demande de vous montrer encore demain et le lendemain, jusqu’à ce que votre système nerveux perçoive le changement comme une routine et non comme une menace.
Points importants à retenir
- Les changements progressifs sont plus durables que les remises à zéro radicales.
- Commencez par des petites habitudes, comme un petit-déjeuner équilibré.
- Privilégiez des repas complets pour mieux réguler votre appétit.
- Essayez d’écrire chaque jour pour alléger votre esprit et réduire le stress.
- Exercez-vous en fonction du plaisir que vous trouvez dans l’activité, sans vous fixer de chiffres.
Dans notre cheminement vers une vie plus équilibrée, il est essentiel de nous rappeler que le changement ne doit pas être un sprint, mais plutôt un marathon. En cultivant des habitudes simples et durables, nous nous permettons non seulement d’évoluer, mais aussi d’apprécier chaque étape du processus. En tant que citoyennes engagées, cela mérite toute notre réflexion.




