Pourquoi l’Inde ensoleillée souffre malgré tout d’une carence en vitamine D

Bien que l’Inde bénéficie d’un ensoleillement généreux, des millions d’Indiens continuent de faire face à des carences en vitamine D. Le Dr Ravinder Goswami, endocrinologue et professeur à l’AIIMS de Delhi, nous éclaire sur ce paradoxe, les populations les plus à risque et l’importance de ne pas prendre de suppléments à la légère.
Souvent surnommée la “vitamine du soleil”, la vitamine D dépasse largement son rôle de nutriment pour des os en santé. Le Dr Goswami souligne que cette vitamine est cruciale car elle aide l’intestin à absorber le calcium, essentiel à des milliers de fonctions corporelles, allant de la contraction musculaire à la reproduction.
Le paradoxe Indien
L’ironie réside dans le fait que le mode de vie moderne a conduit de nombreux Indiens à passer leurs journées à l’intérieur, malgré la disponibilité du soleil. “Notre peau est conçue pour produire de la vitamine D lorsqu’elle est exposée aux rayons UVB. Mais si nous restons confinés dans des bureaux, des maisons ou des voitures, nous ratons cette opportunité,” déplore le Dr Goswami.
Lorsque les rayons UVB atteignent la peau, ils déclenchent la production de cholécalciférol, une forme inactive de la vitamine D qui est ensuite convertie en sa forme active par le foie et les reins. “C’est pourquoi le soleil reste la meilleure et la plus sûre source de vitamine D, mais le timing est primordial,” ajoute-t-il.
Le médecin précise que l’exposition au soleil est optimale lorsque celui-ci est au zénith, généralement entre 10h et 15h, sous un ciel dégagé. S’installer près d’une fenêtre ensoleillée ne suffit pas, car le verre bloque les rayons UVB. En revanche, en tant que pays tropical, nous n’avons pas besoin d’exposer plus de notre corps pour bénéficier du soleil. “Une exposition de la face et des bras pendant environ une demi-heure par jour est généralement suffisante,” indique-t-il.
Pourquoi le temps passé à l’extérieur est important
Les recherches novatrices du Dr Goswami dans les années 1990 ont remis en question la croyance selon laquelle les Indiens ne pouvaient pas souffrir de carences en vitamine D. Son équipe a constaté que les médecins travaillant à l’intérieur avaient des niveaux de vitamine D étonnamment bas, tandis que ceux qui passaient des heures à l’extérieur, comme les policiers ou les marchands ambulants, avaient des niveaux adéquats, sans suppléments. “Ce n’était pas l’alimentation, c’était le soleil,” déclare-t-il. Le Dr Goswami note également que si un taux élevé de mélanine protège contre le soleil intense, il ralentit aussi la synthèse de la vitamine D. Ainsi, les personnes à la peau plus foncée nécessitent une exposition solaire plus longue que celles à la peau claire pour produire des quantités équivalentes de vitamine D.
D’autres points à considérer
- Le rôle de l’hormone parathyroïdienne en tant que stimulateur de la vitamine D.
- Les conséquences d’une carence prolongée, même avec des niveaux de calcium normaux.
- Les groupes les plus vulnérables : les travailleurs en intérieur, les personnes âgées et celles sous traitement médicamenteux.
Points importants à retenir
- Le soleil reste la meilleure source de vitamine D, avec une exposition appropriée entre 10h et 15h.
- La déficience en vitamine D touche de nombreux Indiens, malgré l’ensoleillement permanent.
- Une alimentation riche en poissons gras et champignons UV-exposés peut aider, mais ne remplace pas le soleil.
- La prise de suppléments doit être encadrée par un professionnel de santé.
Cette situation soulève des questions fondamentales sur nos modes de vie modernes et leur impact sur notre santé. En tant qu’individus, il est essentiel de prendre conscience de l’importance de l’exposition au soleil, sans négliger les risques liés à une supplémentation incontrôlée. Réfléchissons ensemble à comment réintégrer davantage le plein air dans notre quotidien pour notre bien-être global.





