Ce n’est pas un ingrédient de cuisine banal.
Une étude récente révèle qu’une fleur ornementale courante pourrait se révéler être une source surprenante de protéines végétales. En plus de son aspect esthétique, elle est riche en antioxydants, vitamines et minéraux bénéfiques pour la peau, le système immunitaire et la santé digestive.
Ces découvertes surviennent à un moment où l’obsession pour les protéines aux États-Unis ne faiblit pas.
Les protéines sont constituées de longues chaînes d’acides aminés, éléments essentiels de chaque cellule du corps. Elles jouent un rôle crucial dans presque toutes les fonctions corporelles, y compris la croissance et la réparation des muscles, des os, de la peau et des cheveux.
Les apports nutritionnels recommandés s’élèvent à 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel, soit environ 54 grammes par jour pour une personne pesant 68 kg.
Cependant, de nombreuses personnes cherchent à dépasser ces recommandations, dans le cadre d’une tendance croissante qui privilégie une consommation accrue de protéines.
Les chercheurs soulignent le potentiel des soucis – également connus sous le nom de Calendula officinalis – pour répondre à cette demande.
Bien que cette fleur soit cultivée depuis des siècles pour ses propriétés médicinales, elle est souvent jetée une fois qu’elle a perdu son attrait ornemental, générant ainsi des déchets.
« Environ 40 % des fleurs cultivées sont abandonnées. Nous avons vu une opportunité de valoriser ce sous-produit agricole en explorant sa fraction protéique », explique Anand Mohan, auteur principal de l’étude.
Pour explorer ce potentiel, Mohan et son équipe ont broyé des fleurs de souci séchées en une fine poudre, qu’ils ont ensuite mélangée avec un liquide conçu pour extraire les protéines.
Ils ont suivi un processus en quatre étapes pour séparer et collecter différentes molécules protéiques à chaque étape.
Les résultats ont montré que certaines extractions protéiques étaient riches en acides glutamiques et aspartiques, deux composés qui pourraient donner un goût savoureux aux aliments. Plus encore, les protéines sont restées stables jusqu’à 105°C, ce qui est supérieur à ce que peuvent généralement supporter les protéines de pois et de pois chiches.
Deux des extraits ont également montré de fortes propriétés émulsifiantes, ce qui signifie qu’ils pourraient aider à bien mélanger l’huile et l’eau, suggérant ainsi que les soucis pourraient devenir un ingrédient fonctionnel, riche en protéines, améliorant le goût, la texture et la stabilité d’aliments tels que les produits de boulangerie et les vinaigrettes.
Mais les protéines ne racontent pas toute l’histoire.
Les pétales contiennent également des caroténoïdes et flavonoïdes, des composés naturels antioxydants qui protègent les cellules des dommages et réduisent les inflammations. Le corps peut aussi convertir ces composés en vitamines A et C, essentielles pour la régénération des cellules cutanées, la santé oculaire et le fonctionnement immunitaire.
Bien que la recherche sur les bienfaits de la Calendula officinalis pour les humains soit encore limitée, des études en laboratoire et sur des animaux suggèrent que cette fleur pourrait offrir divers avantages.
Dans une étude réalisée sur 72 femmes en post-opératoire de césarienne, celles ayant utilisé un onguent à base de souci ont montré une guérison plus rapide et moins de rougeurs autour de leurs incisions.
Dans une autre étude, 84 patients atteints d’ulcères du pied diabétique ont utilisé un spray hydroglycolique de calendula deux fois par jour. Environ 54 % ont guéri en 11 semaines et 78 % en 30 semaines, avec moins d’odeurs et sans effets secondaires graves.
D’autres recherches laissent à penser que le souci pourrait aussi aider à résoudre des problèmes cutanés comme l’eczéma ou les éruptions cutanées. Ses propriétés pourraient même inclure des bénéfices anti-âge et de protection solaire.
À l’avenir, Mohan et son équipe envisagent d’étudier les bienfaits pour la santé des protéines de souci et d’essayer de les intégrer dans des aliments.
« Les gens prennent de plus en plus conscience du gaspillage alimentaire et recherchent des solutions innovantes. Montrer qu’une fleur commune et souvent négligée peut être transformée en un ingrédient alimentaire précieux rend la science accessible et impactante », conclut-il.
Points importants à retenir
- La Calendula officinalis, ou souci, peut être une source alternative de protéines végétales.
- Les études montrent des effets bénéfiques de cette fleur sur des problèmes cutanés et la guérison.
- Les pétales sont riches en antioxydants et peuvent être convertis en vitamines.
- Des techniques d’extraction avancées rendent ces protéines utilisables dans divers produits alimentaires.
- La réduction des déchets agricoles par la valorisation des fleurs est une démarche novatrice.
En tant que citoyenne engagée, je pense qu’il est essentiel d’explorer des solutions durables face au gaspillage alimentaire. La capacité de transformer un simple élément décoratif en un ingrédient nutritif soulève des questions passionnantes sur notre approche de la nourriture et notre responsabilité envers l’environnement. Cela nous pousse à reconsidérer ce que nous valorisons dans notre alimentation et à réfléchir aux opportunités qui s’offrent à nous pour allier santé et durabilité.





