Des repas simples à base de plantes et des politiques de soutien rendent les régimes nutritifs accessibles à tous, notamment aux ménages à faible revenu.
PETALING JAYA : Manger sainement en Malaisie n’a pas besoin d’être coûteux ou complexe. Toutefois, des experts soulignent que l’accessibilité nécessite une action politique ainsi que des choix personnels avisés.
Rozanna M. Rosly, membre du conseil de l’Association des diététiciens malaisiens, a expliqué qu’il existe des stratégies permettant de réduire le coût des régimes nutritifs, facilitant ainsi leur accès, particulièrement pour les ménages à faibles revenus.
“Les preuves montrent que les politiques qui réduisent directement le prix des aliments sains sont très efficaces”, a-t-elle affirmé.
Elle a ajouté que des réductions de prix, des subventions et des incitations financières pour les fruits et légumes favorisent à la fois les achats et la consommation, surtout parmi les groupes à revenu limité.
Rozanna a également mentionné que des mesures fiscales telles que les taxes sur les boissons sucrées peuvent contribuer positivement.
“L’évaluation de la taxe sur les boissons sucrées en Malaisie montre que de telles politiques peuvent réduire la consommation de boissons malsaines tout en générant des ressources pour les programmes de santé publique”, a-t-elle précisé.
“Combinées à des stratégies nutritionnelles plus larges, les politiques fiscales peuvent encourager des choix alimentaires plus sains.”
Parmi les autres mesures essentielles, elle a souligné l’importance d’un étiquetage nutritionnel clair sur les emballages.
Des études provenant d’Asie du Sud-Est et d’Europe indiquent que des étiquettes obligatoires aident les consommateurs à identifier des options plus saines, améliorant ainsi la qualité de l’alimentation à long terme.
Rozanna a également évoqué la nécessité d’améliorer les normes nutritionnelles dans les écoles, les hôpitaux et les institutions publiques, ainsi que de renforcer les chaînes d’approvisionnement alimentaires locales pour réduire les pertes et les coûts.
“La recherche montre que combiner ces approches est beaucoup plus efficace que de compter sur une seule politique.”
Elle a souligné que des repas sains ne nécessitent pas l’achat de produits végan coûteux ou d’articles de niche importés.
“Des repas simples à base de riz ou de nouilles, de légumes, de légumineuses, de tofu, d’œufs, de graines et de fruits de saison peuvent être nutritifs, rassasiants et abordables.”
Même de petites modifications, comme réduire la consommation de boissons sucrées ou intégrer davantage de légumes et de fruits dans les repas quotidiens, peuvent avoir un impact positif sur la santé à long terme.
Voici quelques conseils pratiques pour manger sainement à moindre coût en Malaisie :
- Prioriser les grains, les légumineuses, le tofu/tempeh, les œufs, les légumes et les fruits de saison, qui sont parmi les aliments nutritifs les plus abordables.
- Limiter les aliments ultra-transformés, liés à l’obésité et d’autres maladies non transmissibles.
- Utiliser les protéines végétales régulièrement, avec de petites quantités de protéines animales lorsque cela est possible.
- Opter pour des en-cas abordables tels que des fruits de saison comme les bananes, la papaye ou la pastèque ; le maïs bouilli, la patate douce et une petite poignée de cacahuètes.
- Éviter les boissons sucrées, les gâteaux emballés et les collations ultra-transformées, qui peuvent sembler bon marché à court terme mais nuisent à la santé à long terme.
Rozanna a également précisé que des aliments de base tels que le dhal, les lentilles, le tofu, le tempeh et les œufs coûtent généralement moins par portion que la viande ou les aliments transformés, tandis que les légumes à feuilles et les produits locaux des marchés sont moins chers que les produits importés.
Des exemples internationaux démontrent comment les régimes à base de plantes peuvent être à la fois abordables et culturellement acceptés. Par exemple, les directives alimentaires nationales du Brésil encouragent des repas à base d’aliments végétaux non transformés ou peu transformés plutôt que des produits végan de spécialité.
Les études montrent que les régimes conformes à ces directives présentent de meilleurs profils nutritionnels, une consommation réduite d’aliments ultra-transformés et un meilleur accès aux repas à base de plantes pour les enfants grâce à des programmes scolaires.
Au Royaume-Uni, des institutions publiques telles que les écoles, les hôpitaux et les universités ont intégré des repas à base de plantes ou végan comme options par défaut.
“Les essais ont montré une adoption plus élevée des repas à base de plantes sans réduire la satisfaction, tandis que les analyses de coûts ont indiqué des coûts d’ingrédients inférieurs par rapport aux repas à base de viande”, a-t-elle conclut.
Normaliser les repas à base de plantes comme une option par défaut, plutôt que comme une “alternative”, permettrait de réduire à la fois la stigmatisation et les barrières de coût.
Rozanna a insisté sur le fait que les régimes à base de plantes ou majoritairement végétariens réussissent lorsqu’ils reposent sur des aliments de base abordables, sont culturellement acceptés et soutenus par des politiques publiques et des chaînes d’approvisionnement locales.
“Le principal obstacle n’est pas la faisabilité, mais la perception et l’environnement alimentaire. Des politiques qui normalisent les repas à base de plantes dans les écoles, les hôpitaux et les lieux de travail, tout en soutenant les chaînes d’approvisionnement locales, pourraient rendre l’alimentation végétalienne à la fois abordable et accessible.”
Points importants à retenir
- Les choix alimentaires simples basés sur des ingrédients locaux peuvent réduire le coût des repas nutritifs.
- Des politiques publiques qui favorisent l’accès aux aliments sains sont essentielles pour les ménages à faibles revenus.
- Le soutien aux chaînes d’approvisionnement locales aide à réduire le gaspillage et à diminuer les coûts des produits frais.
- Des mesures fiscales peuvent encourager des comportements alimentaires plus sains tout en soutenant la santé publique.
- Des améliorations pratiques dans les institutions publiques peuvent modéliser des choix alimentaires sains pour la société.
En conclusion, il est primordial de repenser notre rapport à l’alimentation. Pour moi, il s’agit d’un véritable enjeu sociétal. En tant que consommatrice et citoyenne, je crois fermement que l’éducation et les politiques alimentaires devraient converger pour garantir un accès équitable à une alimentation saine. Cela commence ici, dans nos choix quotidiens et nos dynamiques communautaires, mais la voix citoyenne doit également se faire entendre pour inciter le changement à l’échelle nationale.





