Nous vivons une ère dorée des protéines. L’année dernière, les consommateurs américains ont dépensé 50 milliards de dollars en collations protéinées, un montant qui devrait doubler d’ici 2032, selon Fortune Business Insights. Les influenceurs promeuvent des poudres, des shakes et des suppléments, incitant leurs abonnés à consommer des quantités de protéines adaptées aux culturistes.
Récemment, le média The Guardian a réalisé un test de goût des 12 marques de barres protéinées les plus populaires aux États-Unis. (Seules quatre de ces barres ont satisfait leurs critères de « oui, délicieuse ».) Mais nous avons également voulu savoir à quel point les barres protéinées sont réellement saines, surtout lorsque beaucoup d’entre elles sont chargées en sucres et en additifs. Devrions-nous vraiment en consommer ?
Les nouvelles directives américaines encouragent également les consommateurs à doubler leur consommation de protéines, une recommandation que de nombreux experts jugent inutile pour la santé et potentiellement catastrophique pour l’environnement.
Pour mieux comprendre la santé des barres protéinées, le Guardian a interrogé Julia Zumpano, nutritionniste à la Cleveland Clinic, et Amy Stephens, diététicienne sportive à l’Université de New York. Elles ont partagé leurs conseils sur ce qu’il faut rechercher dans les listes d’ingrédients et quelles barres elles recommandent, le cas échéant.
Barres protéinées saines en un coup d’œil
Cette interview a été abrégée pour plus de clarté.
Consommez-vous des barres protéinées ?
Julia Zumpano : J’essaie de limiter ma consommation de barres protéinées, mais elles sont pratiques pour les voyages. Si je sais que je ne pourrai pas prendre un repas ou une collation consistante, j’en prendrais une. Donc, j’en consomme une peut-être une fois par semaine.
Il n’y a pas beaucoup de barres protéinées saines en lesquelles j’ai confiance, mais parmi celles que j’apprécie, il y a RX, Good, Mosh, IQ et Rawr.
Quels ingrédients rechercher lors de l’achat d’une barre protéinée ?
Amy Stephens : Recherchez des ingrédients reconnaissables, des aliments qui existent seuls, comme des flocons d’avoine, des noix et des graines, plutôt que de se fier uniquement à des protéines isolées ou en poudre. La manière dont les protéines isolées sont traitées peut être très néfaste pour l’organisme.
Julia Zumpano : J’évite les édulcorants et colorants artificiels, ainsi que les alcools de sucre. Je privilégie les ingrédients faciles à prononcer et dont je connais l’origine.
Si vous deviez en manger une tous les jours, il serait judicieux de choisir celles comportant le moins d’ingrédients artificiels. Mais dans une situation comme celle d’une station-service, si l’alternative est moins saine, c’est acceptable.
Quelles sont les préoccupations liées à une consommation fréquente de barres protéinées ?
Julia Zumpano : Les édulcorants peuvent augmenter l’appétit et les envies de sucré. Une consommation excessive peut également perturber le microbiome intestinal. De plus, certaines études montrent que les alcools de sucre peuvent augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral. Des recherches préliminaires indiquent également que les ingrédients artificiels peuvent avoir des effets carcinogènes.
Amy Stephens : Une alimentation riche en protéines peut créer un déséquilibre. Si je vois un marathonien manger du poulet et des légumes, je me demande comment il peut courir sans glucides. Les gens craignent les glucides, mais leur absence peut entraîner une faible énergie et des envies de sucre.
Combien de protéines avons-nous réellement besoin ?
Amy Stephens : Nous avons besoin de protéines, c’est un nutriment essentiel. Pour un athlète d’endurance, il faut environ 1,4 à 1,7 grammes de protéines par kilogramme de poids corporel. Pour ceux pratiquant des activités de force, cela peut aller jusqu’à 2 ou même 2,2 grammes, mais seulement pour ces groupes spécifiques.
Un problème actuel avec la frénésie protéique est que de nombreux aliments riches en protéines, comme la viande rouge, contiennent des graisses saturées. Il est essentiel de se poser des questions sur les risques de maladies cardiaques et de s’assurer que ces aliments s’intègrent sainement dans son alimentation. Une alimentation saine est généralement basée sur des aliments d’origine végétale et pauvre en graisses saturées.
Julia Zumpano : Je pense que la plupart des Américains satisfont probablement leurs besoins en protéines. Au lieu de cela, il serait bon de sensibiliser les gens à la nécessité d’un équilibre nutritif, plutôt que de se concentrer uniquement sur les sources synthétiques.
Nous devrions accorder plus d’attention à notre apport en fibres, car il semble que de nombreux Américains ne répondent pas à leurs besoins en cette matière.
Points importants à retenir
- Consommer des barres protéinées peut être pratique, mais ce n’est pas une nécessité.
- Préférez les aliments entiers aux produits transformés en cas de besoin.
- Choisissez des barres simples, avec peu d’ingrédients artificiels.
- Éduquez-vous sur les ingrédients et leurs effets potentiels sur la santé.
- Un apport équilibré en glucides, protéines et fibres est essentiel pour rester énergique.
En analysant ces conseils, je réalise que notre alimentation doit rester en constante réflexion. Nous sommes parfois influencés par des tendances au détriment de notre santé. Il est essentiel de se poser des questions sur nos choix alimentaires et de privilégier les aliments naturels qui nourrissent notre corps. Quelles sont vos réflexions à ce sujet ?





