Vous vous souvenez des baies de Goji ? Des graines de chia ? De la noix de coco ? De l’amarante ? À un moment donné, tous ces aliments ont fait fureur en tant que “superaliments” réputés pour améliorer notre santé. Au milieu des années 2010, New York était envahie par le jus de noix de coco, pris en boisson avant, pendant et après l’effort. Juste avant la pandémie, les baies de Goji devenaient l’aliment le plus en vogue. Bien que beaucoup continuent de consommer des graines de chia, c’est plus par espoir que par conviction. Pendant la pandémie, le gingembre et le curcuma ont acquis un statut presque culte pour leurs propriétés apaisantes et boostantes pour le système immunitaire. Cette année, alors que les cafés “fonctionnels” remettent en question les variétés classiques, les champignons émergent comme le superaliment de l’année, présents dans tous les plats, du plat principal aux chocolats et cafés, sans parler des hallucinogènes.
Les champignons sont loués pour leurs multiples bienfaits, allant de la gestion du stress à l’amélioration des fonctions cognitives et à la diminution du cholestérol. Selon UCLA Health, ils contribueraient à réduire le risque de cancer, à aider à diminuer l’apport en sodium, à protéger la santé cérébrale, à être une source de vitamine D, à favoriser une flore intestinale saine et à soutenir un système immunitaire robuste.
Le champignon crinière de lion, sous forme de poudre ajoutée à une tasse de café, est la nouvelle tendance dans les cafés “fonctionnels” au Royaume-Uni et aux États-Unis. Ses adeptes affirment qu’aucun autre aliment ne les aide à mieux réfléchir ou à se concentrer sur une tâche. Le shiitake, ingrédient essentiel de la cuisine japonaise et populaire en Inde dans des plats comme le ramen et les gyozas, est également réputé pour réduire le cholestérol, selon certaines sources en ligne.
Cette tendance des superaliments est principalement menée par les jeunes millennials et la génération Z, qui se montrent bien plus soucieux de leur santé que les générations précédentes, selon un rapport de McKinsey & Company.
MYTHES SUR LES SUPERALIMENTS
Le terme “superaliment” désigne des aliments qui sont supposément riches en nutriments et bénéfiques. Cependant, les experts en nutrition soulignent qu’aucun aliment unique ne peut satisfaire tous les besoins nutritionnels d’une personne. « Scientifiquement, le concept de superaliment est plus un terme marketing qu’une définition scientifique », précise Fiona Sampat, diététicienne à l’hôpital Kokilaben Dhirubhai Ambani à Mumbai.
Un cofondateur d’une entreprise de nutraceutiques me confiait, avant la pandémie, que les chefs de file de l’industrie alimentaire se réunissent lors d’expositions pour décider des superaliments de l’année grâce à une stratégie de marketing concentrée. La plupart d’entre nous cherchent des solutions rapides pour leur santé. « Naturellement, les gens sont attirés par l’idée d’un aliment magique qui promet une meilleure santé, une perte de poids ou plus d’énergie », révèle Behki.
Les réseaux sociaux et les influenceurs amplifient les mythes entourant les superaliments grâce à leur large portée. Ces aliments, soigneusement sélectionnés, sont souvent liés à des bénéfices santé. « Ces aliments sont réputés pour soutenir la santé car ils peuvent améliorer l’immunité, l’énergie, la santé cardiaque et globale. Cependant, quand les attentes ne sont pas comblées, l’attention se déplace vers la prochaine option miracle », explique Behki.
IL N’Y A PAS DE SUPERALIMENT MAGIQUE
Pour une santé optimale, mieux vaut privilégier une alimentation variée et équilibrée, associée à de l’activité physique, un bon rythme de sommeil, et une bonne santé intestinale plutôt que de miser sur un unique “superaliment”. Les médecins et nutritionnistes s’accordent à dire qu’il n’existe pas de superaliment magique, mais plutôt des habitudes alimentaires saines et réfléchies.
L’avenir de l’alimentation repose sur l’équilibre, la personnalisation et la durabilité à long terme. Sampat recommande de consommer une variété d’aliments riches en nutriments, car un seul « superaliment » ne peut compenser une mauvaise qualité alimentaire, un apport protéique insuffisant, ou un manque d’activité physique.
Il est vrai que certaines recherches scientifiques soutiennent les propriétés bénéfiques des champignons, mais il n’existe pas encore d’études concluantes prouvant leurs superpouvoirs sur la santé humaine. « Les premières recherches mettent en avant les avantages d’un nutriment spécifique dans un aliment, mais ce n’est pas en milieu clinique », met en garde Behki.
Actuellement, chacun recherche des solutions simples à des problèmes de santé complexes. L’idée qu’un seul aliment puisse prévenir ou traiter une maladie chronique a du succès, et l’industrie en tire profit chaque année avec l’apparition de nouveaux superaliments. Cependant, il est souvent plus bénéfique d’examiner ses habitudes alimentaires et de vie dans leur ensemble, ce qui permet d’intégrer une variété de superaliments dans son régime quotidien.
Pour l’instant, savourez vos champignons avec une pincée de prudence.
Points importants à retenir
- Les aliments à la mode ne remplacent pas une alimentation équilibrée.
- Un superaliment n’existe pas ; il s’agit davantage d’un outil marketing.
- La santé dépend d’un mode de vie global, pas d’un seul aliment.
- Les tendances alimentaires sont souvent influencées par les réseaux sociaux.
- Privilégier la diversité alimentaire est crucial pour le bien-être.
Il est essentiel de réfléchir sur notre alimentation et notre santé : la quête du superaliment magique peut nous éloigner des véritables clés du bien-être. À travers cette dynamique de consommation, je me demande si nous ne devrions pas rediriger notre attention vers des habitudes alimentaires durables qui engendrent un véritable changement sur le long terme.





