Les influenceurs en course à pied ne sont pas un phénomène nouveau, mais on constate dernièrement un changement dans ce secteur. Je suis souvent attirée par un post qui annonce “ma routine pour le jour de la course 5K 🏃♀️ (détails ci-dessous)”, qui s’avère être parrainé par une grande application de course. Cela me fait lever les yeux au ciel. Bien qu’ils ne mentent pas sur leurs temps, ces “runfluenceurs” ajoutent du bruit et de la distraction à notre communauté.
Certes, il n’y a pas de mal à partager sa passion pour la course. J’aime voir des gens raconter leur parcours de novice à 10K—la communauté est essentielle dans ce sport ! Cependant, le problème survient lorsque, dans leur quête de monétisation, des marques telles que Nike Run Club, Runna et Strava promeuvent un nouveau type de runfluenceur : celui qui semble aspirant, sympathique, mais souvent peu qualifié pour prodiguer des conseils d’entraînement. J’ai même remarqué des créateurs de contenu blâmer ces marques pour leurs blessures, notamment ceux qui tombent dans le piège de programmes d’entraînement générés par l’IA. Lorsque l’influence prime sur la passion de courir, on pourrait même être banni du Marathon de New York.
En résumé, un fossé s’élargit entre ceux qui ressemblent à des coureurs et qui donnent des conseils, et ceux qui savent véritablement comment entraîner les coureurs. Si vous suivez les conseils des mauvaises personnes, vous risquez de rater des connaissances précieuses et, dans le pire des cas, de vous blesser.
La naissance de l’économie des runfluenceurs
J’ai observé ce boom du running se produire sous mes yeux. Le tirage au sort du Marathon de New York est devenu aussi risible que la loterie. Même les courses locales se remplissent désormais beaucoup plus vite qu’avant la pandémie. Une nouvelle vague de coureurs novices cherche des conseils et se tourne vers les réseaux sociaux.
Le problème, c’est que les réseaux sociaux récompensent un type spécifique de contenu : vlogs du jour de la course, transformations avant-après, et même conflits dramatisés avec d’autres coureurs. Tandis que les athlètes professionnels ont des périodes de repos, les créateurs de contenu ne peuvent se permettre de faire une pause.
Ces algorithmes ne récompensent pas vraiment la nuance, comme le développement de bases ou l’importance de courir à un rythme conversationnel. Les conseils ennuyeux mais corrects passent à la trappe face à des recommandations plus palpitantes.
Parallèlement, les marques ont tout intérêt à aggraver la situation. Un partenariat avec un créateur ayant un million de followers sur TikTok atteindra bien plus de clients potentiels qu’un guide d’entraînement rédigé par un entraîneur certifié avec seulement 12 000 abonnés sur YouTube. Le résultat est une écosystème de l’information plus bruyant et moins fiable.
Erreurs fréquentes chez les runfluenceurs
Il me faut être plus précise, car l’idée que “les conseils d’influenceurs sont mauvais” n’est pas toujours vraie. Certains peuvent même être sensés. Voici les signaux d’alerte que je rencontre chez les runfluenceurs peu qualifiés :
- Cours trop vite, trop souvent. Environ 80% du kilométrage d’entraînement devrait être effectué à un rythme facile. Les entraînements intenses ne doivent représenter qu’environ 20%. Les courses faciles ne font pas de contenu “impressionnant”, donc le conseil pousse souvent les coureurs récréatifs à se surmener.
- Désinformation sur les chaussures, le matériel et les plans d’entraînement. Les créateurs ne sont souvent pas en mesure de donner des évaluations objectives sur l’équipement à recommander. Leur revenu dépend de leurs relations avec les marques, il est donc essentiel de faire ses propres recherches.
- Omettre le portrait individuel. Un vrai coach pose des questions et personnalise son approche. Les vidéos et posts d’influenceurs ne le permettent pas, ce qui peut gravement nuire aux conseils donnés.
Comment évaluer les conseils en course en ligne
Comment distinguer le bon du mauvais ? Voici quelques questions à se poser avant d’adopter la philosophie d’entraînement d’une personne.
Quelles sont leurs qualifications et sont-elles légitimes ?
Recherchez des certifications fiables : USATF, RRCA, ou des diplômes en sciences de l’exercice ou en physiologie du sport. Un grand nombre d’abonnés ne constitue pas une qualification.
Explique-t-il le pourquoi, ou juste le quoi ?
Des conseils flatteurs sans nuances—”tout le monde devrait courir au moins cinq jours par semaine”—sont préoccupants.
Divulguent-ils leurs sponsors et relations financières ?
Les partenariats ne sont pas forcément disqualifiants, mais ils doivent être clairement indiqués. Les sponsors non divulgués sont un signal d’alerte important.
Où trouver de bons conseils de course gratuits
Il existe une multitude de ressources de qualité, souvent gratuites. Voici quelques-unes de mes préférées :
- Plans d’entraînement de Hal Higdon. Ces plans sont bien structurés et progressifs.
- Runner’s World. Ils offrent des options de plans fiables pour tous les niveaux.
- Votre club de course local. L’expérience collective des membres peut surpasser beaucoup de contenu en ligne.
- Reddit. Les subreddits dédiés à la course ont une bonne réputation pour filtrer les informations erronées.
Le problème avec les applications de course
Cela dit, les applications de course comme Runna et Strava ne sont pas mauvaises en soi. Le problème réside plutôt dans le marketing d’influence qui les entoure, créant des attentes irréalistes sur la vitesse et les distances. En utilisant une application structurée, essayez de comprendre les principes d’entraînement qui la sous-tendent.
Conclusion
Tout cela ne signifie pas que vous devez arrêter de suivre du contenu sur la course en ligne—je ne le ferai pas. J’apprécie de voir les parcours et les expériences des autres. Cependant, il est important de faire la distinction entre le contenu inspirant et celui qui est réellement instructif. Posez-vous ces questions pour identifier des coureurs dignes de confiance, et ignorez le bruit.
Points importants à retenir
- Identifiez les conseils sur l’entraînement des influenceurs : il est essentiel de distinguer ceux qui ont une formation solide de ceux qui se contentent de sensations.
- Vérifiez les qualifications : des certifications reconnues au niveau national indiquent souvent une compétence fiable.
- Restez critique sur les contenus sponsorisés ou basés sur des partenariats : l’objectivité peut être compromise.
- Accordez une attention particulière aux recommandations sur l’équipement : il est important de faire ses propres recherches.
En tant que passionnée de course, je pense qu’il est essentiel d’accueillir la diversité des récits tout en restant vigilant face à certaines informations. La recherche des meilleures pratiques d’entraînement doit être un effort informé, et chacun devrait pouvoir profiter de la course à son propre rythme. N’hésitons pas à débattre de ces sujets et à partager des expériences enrichissantes.





