Récemment, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec Monique Alexander, une entraîneuse dont le carnet d’adresses ressemble à celui d’un agent de casting hollywoodien : on y trouve des noms tels qu’Anne Hathaway, Stanley Tucci et Emily Blunt. Son rôle est donc primordial pour préparer ces acteurs à enflammer l’écran, et elle n’hésite pas à mentionner un appel Zoom avec « Annie » juste après notre entretien, me faisant ressentir une légère jalousie.
Comment Monique parvient-elle à façonner ces stars pour des rôles où elles incarnent des figures de mode affûtées et confiantes ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle ne les soumet pas à des entraînements intensifs qui les laissent épuisés.
Son approche est mesurée et durable, c’est là le message central de notre discussion.
« Mes acteurs me confient leur corps au moment où ils sont déjà fatigués. Leur emploi du temps est intenable, je peine à comprendre ces débuts de tournage à 5 heures du matin », confie-t-elle. « Quand ils filment, il est inutile de soulever des poids lourds ou de faire des exercices intenses. Il faut que je leur fasse gagner en force, tout en m’adaptant à leur rythme. »
Bien que je ne sois pas en train de tourner un blockbuster, je soupçonne que vous ne l’êtes pas non plus. Néanmoins, les journées chargées ne sont pas réservées qu’aux célébrités, et il y a beaucoup à apprendre de la méthode de Monique.
Chaque séance d’entraînement n’a pas à être parfaite, lourde ou intense. Sinon, notre corps risquerait de se rebeller. En fin de compte, si l’activité physique permet d’initier les changements positifs que nous recherchons, c’est durant les périodes de récupération que notre organisme met réellement ces adaptations en œuvre.
Pour que l’exercice ait un impact durable, il est essentiel de bouger régulièrement. Lors de journées plus chargées, cela pourrait simplement se traduire par une routine d’étirement ou une courte promenade – toute activité est généralement préférable à l’inaction. Pour ceux qui manquent souvent de temps, j’ai rassemblé des conseils de scientifiques sur la manière d’optimiser les bienfaits de chaque pas que l’on peut intégrer à notre journée.
Cette philosophie du « quelque chose est mieux que rien » s’applique aussi à la nourriture.
J’ai récemment interviewé Luke Hanna, un entraîneur personnel fort de plus de dix ans d’expérience. Pour mieux servir ses clients, il est retourné à l’université pour obtenir un master en obésité et nutrition clinique, ce qui lui confère une double perspective sur l’équation de la perte de poids : mouvement et alimentation.
Au cours de notre échange, Luke a partagé six idées qu’il souhaite voir connues de tous concernant la forme physique et la perte de gras. Celle qui a le plus retenu mon attention est l’idée qu’il n’existe pas d’aliments bons ou mauvais.
« Je constate souvent que mes clients, après avoir pris un plat à emporter ou mangé une glace, se sentent coupables parce que ce n’était pas le choix le plus nutritif », explique-t-il. « Pourtant, ces même personnes savent qu’un seul repas nutritif ne les rendra pas soudainement en bonne santé. Alors pourquoi supposer qu’une pizza les rendra malades ? »
Tout comme pour l’exercice, notre identité ne se définit pas par un jour ou un repas, mais par notre comportement général – par ce que nous consommons régulièrement.
« Je ne pense pas qu’il soit bénéfique que les gens se sentent coupables pour avoir apprécié leur nourriture », poursuit Luke. « Étiqueter les aliments comme ‘bons’ ou ‘mauvais’ ne fait qu’aggraver notre relation avec eux et entraîne des cycles de restriction et de compensation. Si les gens cessent d’attribuer une valeur morale à la nourriture, ils seront en bien meilleure position. »
Cela m’a rappelé la mentalité des « tout ou rien » que l’entraîneuse Sally Gunnell, médaillée d’or olympique, observe fréquemment chez ses clients. « Si vous manquez une séance d’entraînement ou que vous mangez trop un jour, ne dites pas ‘je recommencerai lundi’ et jetez le reste de la semaine », conseille-t-elle, comparant cela à laisser tomber son téléphone et à se dire de le fracasser complètement après avoir vu une petite fissure sur l’écran. « Reprenez simplement votre routine habituelle dès que possible – le progrès n’est pas question de perfection. »
En somme, le fitness et la perfection ne vont généralement pas de pair. De plus, l’inaction totale n’est pas une option. Si vous parvenez à intégrer une activité physique dans votre quotidien, en respirant fort et en soulevant des charges modérées quelques fois par semaine, il est probable que votre santé s’améliore.
Points importants à retenir
- Une approche mesurée de l’entraînement favorise la durabilité.
- Le mouvement quotidien, même léger, est préférable à l’inaction.
- Nos choix alimentaires doivent être vus dans une perspective globale, sans culpabilité.
- Un unique repas ou une journée moins active ne définissent pas notre santé.
- Le progrès passe par la régularité, pas par la recherche de la perfection.
En tant qu’observatrice des enjeux de la santé et du bien-être, je trouve essentiel d’adopter une perspective plus douce et réaliste sur le fitness et la nutrition. La pression de la perfection peut devenir paralysante, alors qu’un engagement envers des habitudes saines et équilibrées, même imperfection comprises, est la clé d’une vie épanouie. La discussion reste ouverte : comment chacun d’entre nous peut-il trouver cet équilibre pour nourrir notre corps et notre esprit de manière positive ?





