Marre du bien-être à la chaîne ? 6 règles à abandonner et alternatives à adopter !

Marre du bien-être à la chaîne ? 6 règles à abandonner et alternatives à adopter !

Être en bonne santé ne devrait pas être aussi complexe. Pourtant, chaque semaine, une nouvelle tendance bien-être émerge, de la “maximisation des fibres” à l'”entraînement zone 2″, en passant par la créatine et la gestion du cortisol. Entre recommandations strictes, sciences complexes et conseils souvent contradictoires, il est facile de percevoir la santé comme un emploi à plein temps – voire comme une cause désespérée.

Cependant, Dr Ezekiel J. Emanuel, médecin de santé publique éminent, professeur à l’Université de Pennsylvanie et ancien conseiller de l’administration Obama, remet cela en question. Dans son nouveau livre, *Mange ta glace : Six règles simples pour une vie longue et saine*, Emanuel déconstruit ce qu’il appelle le “complexe industriel du bien-être”, en se concentrant sur quelques principes basiques et durables.

« À mon avis, nous compliquons trop les choses – tout en les simplifiant également », affirme-t-il. Voici un aperçu des conseils bien-être qu’il recommande de laisser de côté en 2025, ainsi que sur ce sur quoi il convient de se concentrer.

À abandonner : Les défis de fitness intenses

À privilégier : Plus de mouvement – de toutes sortes

Nous savons tous que l’exercice est essentiel, mais cela n’a pas à être compliqué ou extrême. Comme le dit Emanuel dans *Mange ta glace* : « Sortez et bougez. » Les modes d’entraînement comme le “zone 2”, qui vise à maintenir un rythme cardiaque entre 50 % et 70 % du maximum, compliquent souvent la situation. Selon lui, il vaut mieux simplement faire de l’exercice et accélérer son rythme cardiaque.

Marcher puis évoluer vers la course ou d’autres activités aérobies apporte des bénéfices considérables. Cependant, au-delà d’un certain point, plus d’exercice n’est pas toujours synonyme de bénéfice, avertit Emanuel : « Il y a un plateau au-delà duquel les bénéfices stagnent. » Les 150 minutes d’activité par semaine (environ 20 minutes par jour) restent le bon objectif. Au-delà, le risque de blessure augmente.

La clé réside dans la régularité – pas seulement pour le cardio, mais aussi pour la musculation et la flexibilité, qui sont tout aussi importantes à chaque étape de la vie. « Pour que le bien-être ait un impact réel sur une vie saine et longue, il doit devenir une habitude, sur plusieurs années », préconise-t-il, ajoutant que la “perfection n’est pas l’objectif”.

À abandonner : Les repas solitaires tristes

À privilégier : Le repas social

Les conseils santé négligent souvent l’importance des connexions sociales, alors que les relations sont essentielles pour le bien-être, la longévité et le bonheur. Les amis, la famille et même les “liens faibles” peuvent avoir un impact supérieur à celui de l’alimentation ou du sommeil, selon Emanuel, alors que la solitude est de plus en plus liée à une mortalité précoce.

Une simple mesure consiste à manger en compagnie d’autres personnes. En 2023, environ une personne sur quatre aux États-Unis a déclaré prendre tous ses repas seule, une augmentation significative par rapport aux deux dernières décennies. Manger seul est également associé à une nutrition plus pauvre.

Inviter quelqu’un à dîner offre plusieurs avantages : « Préparer un repas nutritif, stimuler son cerveau et le rendre social en l’invitant à partager, voilà un vrai trifecta du bien-être », souligne Emanuel. Pour l’exercice aussi, aller à la salle seul est meilleur que de ne pas s’entraîner, mais il suggère de le rendre social.

À abandonner : Le suivi des habitudes et des statistiques

À privilégier : Des pauses sans écran

Un sommeil réparateur est crucial pour la santé, mais Emanuel s’oppose à l’idée de le suivre via des technologies. Les données sont souvent inexactes et peuvent induire en erreur. Si les statistiques motivent certains à adopter de bonnes habitudes, le temps passé devant les écrans nuit généralement au bien-être en remplaçant les interactions sociales.

Il recommande donc de ne pas utiliser de téléphones à table ou pendant l’heure qui précède le coucher, en essayant de consacrer chaque samedi à une journée sans écran. Emanuel concède qu’il n’a pas encore réussi à atteindre 52 semaines consécutives, mais il souligne que l’intention compte.

« Si nous comptons uniquement sur notre volonté, nous échouerons. Il faut créer un environnement qui rend facile le fait de dire non », affirme-t-il.

À abandonner : La “bien-être” en tant qu’intérêt

À privilégier : Des loisirs et intérêts au service du bien-être

Il est devenu courant de considérer le bien-être comme une passion à part entière, ce qui préoccupe Emanuel, tout comme l’obsession pour la longévité. Selon lui, « votre vie doit être plus importante que le bien-être. » Trop se concentrer sur la condition physique et la santé peut parfois nuire à d’autres activités qui apportent du bonheur, comme les interactions sociales.

« Il y a un coût d’occasion : si vous passez tout votre temps à faire de l’exercice, vous ratez d’autres choses – discuter avec des amis, préparer des repas nutritifs ou tout simplement apprécier un bon livre », souligne-t-il. Dans *Mange ta glace*, Emanuel insiste sur l’importance des loisirs, non seulement pour enrichir vos journées, mais aussi pour leurs bénéfices secondaires pour la santé.

Chaque année, il se lance un défi en découvrant une nouvelle activité. L’année dernière, il a appris à élever des abeilles et à fabriquer son propre miel. « Cela m’a beaucoup appris et c’était bénéfique car travailler avec des abeilles requiert calme et conscience », dit-il. Cette année, il s’engage à apprendre la danse de salon avec sa femme, une activité promettant de multiples bénéfices.

À abandonner : Votre casse-tête quotidien

À privilégier : Un club de lecture

Le défi annuel d’Emanuel pour apprendre quelque chose de nouveau aide également à maintenir son esprit vif. Beaucoup d’entre nous font des mots croisés ou des jeux de lettres pour contrer le déclin cognitif, mais la répétition de la même activité forte des chemins neuronaux similaires. Regarder la télévision ou faire défiler les réseaux sociaux ne stimule pas non plus notre cerveau.

La « diversité d’engagement mental » est cruciale pour ralentir ce déclin, surtout à la retraite. Un club de lecture est une façon efficace de garder votre esprit alerte, alliant pensée critique, exposition à de nouvelles idées et débat, tout en favorisant les interactions sociales. Apprendre à cuisiner ou élargir ses recettes est également accessible et gratifiant.

À abandonner : L’anxiété liée aux ultra-transformés

À privilégier : La nourriture réelle

Bien que les “ultra-transformés” dominent les débats de santé publique, Emanuel considère que la définition scientifique de ce terme peut ajouter à la confusion. « Appelons les choses par leur nom : la malbouffe n’est pas bonne pour la santé », dit-il, précisant qu’il est irréaliste de les éliminer totalement, mais qu’il faut les minimiser.

Cuisiner soi-même ses repas est recommandé, car les aliments emballés sont liés à des problèmes tels que la dépression et la détérioration cognitive. Même certains “aliments santé” n’offrent pas les nutriments attendus. Les barres protéinées, par exemple, ne sont pas forcément meilleures que les barres chocolatées.

À abandonner : Les restrictions

À privilégier : Le plaisir

Un des plus grands problèmes de la culture du bien-être moderne est son attention portée sur l’individu, favorisant fixation et restrictions. Emanuel prévient : « Beaucoup de recommandations invitent à se priver. » L’obsession pour la santé peut nuire à l’épanouissement général et être contre-productif. En fin de compte, « on ne peut pas maintenir une activité en se privant continuellement. Cela consomme trop de volonté. »

Cependant, Emanuel est aussi un passionné de pâtisserie et un avoué amoureux du chocolat. Il a même fabriqué sa propre barre chocolatée. En embrassant sa passion, il a enrichi sa vie et cultivé de nouveaux intérêts. Le meilleur moyen de vivre des plaisirs est de les rendre significatifs.

Le titre provocateur de son livre résume bien sa pensée : le bien-être n’est pas universel et le plaisir a sa place.

Points importants à retenir

  • Exercice : Favorisez le mouvement régulier plutôt que des entraînements intensifs.
  • Repas : Partagez vos repas avec d’autres pour renforcer vos liens sociaux.
  • Données : Évitez de suivre obsessivement vos habitudes alimentaires et d’exercice.
  • Loisirs : Engagez-vous dans des hobbies variés pour enrichir votre bien-être.
  • Nourriture : Optez pour des repas faits maison, riches en aliments naturels.
  • Plaisir : Incorporez des éléments de plaisir dans votre routine de bien-être.

À l’ère des injonctions liées à la santé, il m’apparaît essentiel de prendre du recul et de réévaluer notre relation avec le bien-être. Comment pouvons-nous intégrer ces précieuses leçons dans notre quotidien, tout en préservant la légèreté et le plaisir de vivre ? La discussion est ouverte et mérite d’être explorée.



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