Fiorella Rafael se souvient d’une certaine raideur qui l’accompagnait à la fin de ses journées de travail dans un bureau. “Cette absence de mouvement s’accumulait au fil de la semaine”, explique-t-elle. Bien que des réunions en position debout ou en marchant soient encouragées, les délais serrés rendaient la mise en pratique difficile. “C’est en partie ce qui m’a poussée à devenir instructrice de pilates”, ajoute-t-elle.
À présent, Rafael enseigne le pilates au sein des Scout Studios à Sydney, où elle croise des personnes comme moi, qui passent trop de temps assises. Selon le Bureau australien des statistiques, 46,9% des adultes australiens décrivent leurs emplois comme étant principalement sédentaires, ce qui pourrait expliquer pourquoi seulement 22,4% respectaient les recommandations d’activité physique en 2022. En Angleterre, une personne sur quatre fait moins de 30 minutes d’exercice par semaine, et aux États-Unis, environ la moitié de la population adulte atteint les seuils d’au moins 150 minutes d’exercice d’intensité modérée ou 75 minutes d’exercice intense par semaine. À l’échelle mondiale, cela représente près de 1,8 milliard de personnes, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Pour ma part, je fais partie des personnes plutôt inactives, surtout depuis la naissance de mon enfant et mon retour à un emploi à temps plein. Trouver le temps pour des cours ou une activité durant mon trajet est devenu plus compliqué, et je suis généralement plus à l’aise pour rédiger un email assise.
« Nous ne sommes pas vraiment conçus pour rester assis tout le temps comme nous le faisons dans notre mode de vie moderne », explique la professeure Cathie Sherrington, de l’École de santé publique de l’Université de Sydney. Un temps excessif passé en position assise a été associé à des maladies cardiaques, au diabète de type 2 et à certains cancers. “Tout ce qui permet de rompre ce comportement sédentaire est bénéfique”, ajoute-t-elle.
Yago Aldir, entraîneur personnel et co-propriétaire du gymnase Project Better à Melbourne, aide chaque jour les personnes inactives à se remettre en forme. Il suggère d’associer les habitudes afin d’intégrer davantage d’exercices dans la vie quotidienne. “Vous n’avez peut-être pas 30 minutes, mais vous pourriez avoir 10 fois trois minutes à différentes moments de la journée”, précise-t-il.
Points importants à retenir
- La sédentarité est un enjeu majeur pour la santé publique, avec des statistiques alarmantes sur l’activité physique.
- Intégrer des exercices de courte durée dans la routine quotidienne peut avoir des effets bénéfiques.
- Les exercices simples, comme les élévations de mollets ou les squats, peuvent être réalisés dans des situations quotidiennes sans équipement.
- Il est crucial d’écouter son corps et d’adapter le rythme des exercices à ses capacités.
- Une approche progressive permet d’éviter les blessures et de favoriser un mode de vie actif durable.
En tant que journaliste, je me questionne : dans notre quotidien de travail, comment pourrions-nous réinventer notre rapport avec le mouvement ? Chaque petit pas compte, et il n’est jamais trop tard pour faire un changement. N’est-il pas temps d’envisager une réorganisation de nos journées pour intégrer davantage d’activité physique ?





