Durant Diwali et la semaine qui le précède, on retrouve deux types de personnes. D’un côté, ceux qui s’activent à faire le plein de tenues festives, passant d’une soirée à une autre, partageant des photos scintillantes, et se réveillant avec la gueule de bois, prêts à recommencer. De l’autre, il y a les observateurs — comme vous qui lisez cela —, sans invitation à une fête, regardant silencieusement le spectacle se dérouler sur les réseaux sociaux.
Traverser cette semaine, peu importe la catégorie dans laquelle on se situe, n’est pas simple. Les plus actifs doivent gérer leur propre lot de préoccupations : que porter, faire du shopping de cadeaux, affronter la circulation, organiser des soirées, et la liste ne s’arrête pas là. Mais la joie camoufle tout.
Pour ceux qui n’ont pas de plans de fête, la semaine peut sembler encore plus difficile. Ceux qui n’aiment pas les grands rassemblements trouveront peut-être cette période plutôt agréable, mais pour d’autres, cela peut remettre en question leurs amitiés, leur parcours de vie, et provoquer une sensation d’isolement. Des sentiments d’anxiété, d’insomnie et d’une sensation d’oppression peuvent émerger.
La semaine sans fête de Diwali
« J’ai déménagé à Delhi il y a cinq ans pour travailler dans la publicité. En dehors de la fête annuelle au bureau, je n’ai pas grand-chose de prévu cette semaine. Tandis que tout le monde semble avoir une soirée chaque nuit, les regarder s’amuser peut devenir accablant. J’ai laissé mes amis et ma famille à Ranchi pour construire ma vie ici, mais même après tant d’années, je me demande si cela en valait la peine. Est-ce que j’appartiens vraiment ici ? » se questionne Tanushree Sen, 29 ans.
Pour Rishabh Sharma, consultant de 33 ans, la situation est similaire, mais pour des raisons différentes.
« J’ai perdu ma mère il y a deux ans, et Diwali n’a plus la même saveur sans elle. La vie continue… mais voir tout le monde s’amuser en famille est déclencheur. »
Les personnes souffrant de problèmes de santé ou ayant des proches malades trouvent également difficile de s’engager dans les célébrations. Des experts en santé mentale soutiennent que des conditions telles que l’anxiété, la dépression et l’insomnie ont tendance à empirer pendant les fêtes. Pour beaucoup, cette période n’est pas synonyme de joie, mais de tristesse et de chagrin, accompagnée d’un profond sentiment d’aliénation.
Le flot incessant de publications sur Diwali sur les réseaux sociaux n’aide pas non plus. Il engendre des comparaisons, de l’insatisfaction, de l’insécurité et de l’anxiété, érodant la moindre joie que la fête pourrait apporter.
Traverser la semaine, de manière adéquate
« Pour beaucoup, cela crée une pression invisible pour atteindre ces standards, même lorsque la vie est chaotique ou plus calme cette année. En réalité, la comparaison est le chemin le plus rapide pour se déconnecter de la joie », explique Dr. Chandni Tugnait, psychothérapeute.
Les experts suggèrent de limiter son temps sur les réseaux sociaux. Engagez-vous dans des interactions réelles (même avec votre chat) plutôt que virtuelles. N’hésitez pas à couper le son des comptes qui suscitent en vous des comparaisons négatives.
Au lieu de se demander, « Pourquoi ma Diwali n’est-elle pas comme la leur ? », interrogez-vous plutôt : « Qu’est-ce qui pourrait rendre cette Diwali significative pour moi ? »
Peut-être est-ce en achetant quelques diyas pour éclairer votre espace, même si vous vivez seul. Ou en accrochant des guirlandes lumineux simplement parce que vous appréciez leur éclat. Si la cuisine vous plaît, offrez-vous un repas festif fait maison. Profitez de ce moment calme pour renouer avec un vieil ami, ou pour enfin ouvrir ce livre qui prend la poussière.
Trouver de la joie dans le partage est également une option. Recherchez quelqu’un dans le besoin, soutenez une ONG qui vous tient à cœur, et donnez un peu de vous-même. C’est la véritable manière de célébrer.
« Il est tout aussi important d’accepter vos émotions, de les réguler et de chercher du soutien si nécessaire, que ce soit par le biais d’une thérapie, d’une conversation avec un ami ou d’un contact en personne », ajoute Absy Sam, psychothérapeute.
Le FOMO existe bel et bien. Même si l’on ne peut pas forcer une invitation ou transformer sa situation du jour au lendemain, on peut choisir de donner à la fête une signification personnelle — qui soit chaleureuse et authentique.
Dr. Tugnait propose une méthode : pour chaque 10 minutes passées à observer les autres célébrer, consacrez 10 minutes à créer votre propre petit rituel — allumer une bougie, rédiger une note de gratitude, ou envoyer un message à quelqu’un qui a embelli votre année.
« Vous pourriez même tenir un ‘journal de la joie’, notant chaque jour un moment de paix ou de réconfort. Ces micro-pratiques renforcent votre résilience émotionnelle face à la pression sociale de montrer un bonheur constant », conseille-t-elle.
Ainsi, lorsqu’apparaît la pensée « tout le monde est à une fête sauf moi », souvenez-vous que vous pouvez toujours être votre propre fête.
Points importants à retenir
- La période des fêtes peut susciter des sentiments d’isolement et d’anxiété pour certains.
- Éviter la comparaison sur les réseaux sociaux peut réduire le stress émotionnel.
- Investir du temps dans des rituels personnels peut aider à créer une atmosphère festive enrichissante.
- Le partage et l’entraide peuvent apporter une véritable satisfaction pendant les fêtes.
- S’ouvrir à ses émotions et chercher du soutien est essentiel pour naviguer cette période.
En tant qu’observatrice de ces dynamiques festives, je me demande souvent comment nous pouvons rendre cette période plus inclusive, moins divisive. Et vous, que mettriez-vous en place pour transformer ce moment en une célébration qui résonne avec vos valeurs et votre bien-être ? Échangeons nos idées.





