Travailler à domicile : un sujet toujours brûlant
Début 2024, un véritable bras de fer s’est engagé entre les entreprises et leurs employés, avec de nombreux lieux de travail demandant à leurs collaborateurs d’être présents au bureau pour au moins une partie de leur semaine. Des compagnies renommées comme Boots et Santander ont fait parler d’elles en limitant le télétravail.
Il existe encore des moyens de rendre le retour obligatoire, et les premiers signes indiquent que les tribunaux sont disposés à reconnaître les avantages d’un retour physique au travail. Cependant, sans une justification claire pour cette demande de retour au bureau, ces initiatives risquent d’être mal accueillies par les employés, ce qui pourrait nuire à la capacité des entreprises à attirer et à retenir les talents. Il existe également des risques juridiques potentiels, notamment des plaintes pour discrimination indirecte, ainsi que l’argument selon lequel le travail à domicile est devenu une condition tacite dans les contrats des employés.
Pour inciter les employés à revenir au bureau, les employeurs devraient envisager d’encourager ce retour par des incitations. Cela peut se faire en veillant à ce que le bureau soit un lieu de travail accueillant et qu’il dispose de tout ce dont les employés ont besoin, comme des espaces calmes pour un travail sans interruption ou des zones sociales où les collaborateurs peuvent profiter de moments ensemble.
La rapidité dans la gestion des plaintes
Cette année, la BBC a été le théâtre de plusieurs scandales. Des allégations de violence verbale et physique dans l’émission phare Strictly Come Dancing envers les partenaires de danse professionnels, aux accusations récentes de comportements sexuels inappropriés visant l’ancien animateur de Masterchef, Gregg Wallace. Dans ces deux affaires, la BBC a été critiquée pour sa lenteur à agir.
Face à des allégations de comportements inappropriés, les entreprises doivent enquêter rapidement, et cela est d’autant plus crucial compte tenu des récentes évolutions législatives sur la prévention du harcèlement sexuel.
Il est essentiel d’assurer des communications régulières avec les victimes, de les informer des étapes à venir et de veiller à ce que les enquêtes respectent les délais internes. Si un employeur est perçu comme tardant à agir, cela pourrait être interprété comme une volonté de « protéger » l’accusé, particulièrement s’il s’agit d’une personne de haut niveau ou connue, entraînant des risques juridiques accrus et des dommages irréparables à la réputation de la marque.
Des erreurs dans les révisions salariales peuvent coûter cher
Cette année, des réclamations pour égalité salariale ont atteint le secteur privé, avec des affaires marquantes contre des géants de la grande distribution comme Next et Asda. Dans ces cas, le personnel de vente, majoritairement féminin, était rémunéré moins que leurs homologues masculins dans les entrepôts, tout en étant attendu à soulever et déplacer la même marchandise.
Il est crucial de revoir régulièrement la structure salariale interne de l’entreprise afin de s’assurer qu’aucun membre du personnel ne soit négligé. Toute préoccupation soulevée concernant les salaires doit être traitée par une communication honnête et régulière, pendant que le sujet est minutieusement examiné. Les organisations qui ne prennent pas cette approche s’exposent à des recours juridiques, pouvant avoir de graves conséquences financières et nuire à leur image en tant qu’employeur.
Regarder vers l’avenir
Le projet de loi sur les droits des travailleurs n’a pas eu l’impact immédiat escompté, en raison de la décision du gouvernement de repousser la plupart des modifications proposées à 2026. Cependant, 2025 s’annonce prometteuse avec plusieurs consultations à venir sur ces propositions, il est donc conseillé aux employeurs de rester attentifs et d’anticiper les évolutions à venir.
Article original rédigé par : Matt McDonald, partenaire en droit du travail chez Shakespeare Martineau.
Notre point de vue
Au regard des enjeux soulevés par les nouvelles dynamiques de travail, nous sommes à une étape cruciale. Il est essentiel que les entreprises réévaluent leurs pratiques en matière de télétravail et de gestion des plaintes pour s’aligner avec les attentes croissantes des employés. Un véritable dialogue entre employeurs et employés, accompagné d’un sens de la responsabilité, pourrait permettre de forger une culture d’entreprise plus juste et équitable. Le moment est désormais propice à une réflexion profonde sur le bien-être des salariés et sur la manière d’innover pour transformer les défis en opportunities.





