La discussion autour des ordonnances fiscales est l’un des rares sujets municipaux où, année après année, les différents groupes du conseil s’efforcent d’atteindre un consensus politique. Ce sujet est loin d’être anodin : il concerne les impôts que paient les citoyens et les entreprises. Le gouvernement dirigé par Jaume Collboni souhaite geler la charge fiscale pour la population générale tout en augmentant celle liée au secteur touristique. Ce vendredi, le maire adjoint à l’Économie, Jordi Valls, a proposé deux hausses : d’une part, une augmentation de l’IBI pour les grands hôtels et les établissements de loisirs, et d’autre part, une hausse de la taxe pour les croisiéristes de courte durée.
Concernant les grands hôtels, la municipalité prévoit une hausse de l’impôt sur les biens immobiliers, passant de 1,17 % à 1,3 %, soit le maximum autorisé par la loi. Cela permettrait à la ville de récolter 4,5 millions d’euros supplémentaires, s’ajoutant aux 4,5 millions déjà perçus l’année dernière lorsque ce taux a été déjà ajusté de 1 % à sa valeur actuelle. Cette mesure ne s’appliquera qu’aux établissements dont la valeur cadastrale dépasse 5,2 millions d’euros, soit un peu plus de 200 hôtels. Une augmentation est également prévue pour la taxe appliquée aux passagers de croisières qui restent moins de 12 heures au port de Barcelone. Comme pour la taxe touristique liée à l’hébergement à Barcelone, l’augmentation sera progressive.

Actuellement fixé à cinq euros par personne, le tarif pourrait atteindre 12 euros d’ici 2027. Cette hausse serait progressive : 16 euros en 2028, 20 euros en 2029 et 24 euros en 2030, atteignant potentiellement 24 millions d’euros supplémentaires pour les finances municipales d’ici la fin de la décennie, avec une augmentation annuelle moyenne d’environ 4,3 millions d’euros. « Aucune augmentation fiscale ne sera appliquée aux familles, mais le secteur touristique devra contribuer davantage aux coûts de maintenance de la ville », a souligné Valls.
La taxe touristique pour les séjours en ville continuera également d’évoluer selon le calendrier déjà convenu avec les autres partis de gauche. Le montant atteindrait six euros par nuit, avec un plafond à huit euros d’ici 2029. Ce sujet sera abordé lors de la commission extraordinaire prévue pour discuter des ordonnances fiscales de 2027. Comme lors des années précédentes, le PSC devrait trouver son soutien chez Esquerra et BComú.
Toutefois, BComú a d’ores et déjà exprimé son opposition à la proposition du PSC. Leur porte-parole, Marc Serra, a clairement indiqué que échelonner l’augmentation de la taxe pour les croisiéristes contrevient aux engagements de l’alcalde, qui prônait l’élimination des taxes pour les courts séjours. BComú demande que les 24 euros soient appliqués dès l’année prochaine, plutôt qu’en 2030 comme actuellement proposé.
L’opinion de Junts
Jordi Martí : une position nuancée sur la fiscalité du secteur touristique
Le gouvernement, quant à lui, pense que cette méthode offre la plus grande « sécurité juridique et cohérence administrative ». Étant donné que la taxe touristiques pour les logements augmente également de manière progressive, le PSC estime que cela est la solution la plus « raisonnable », évitant ainsi des « traitements injustifiés » entre les contribuables. Jordi Martí (Junts) a résumé l’avis de son groupe municipal en une phrase : « Si nous faisons payer plus aux touristes, alors les citoyens devraient voir leurs impôts diminuer ». Il avait précédemment demandé une réduction de l’IBI de 4 % en échange de la garantie de 30 % de logements abordables dans les nouvelles constructions et les grandes rénovations, un plan toujours en attente.
Points importants à retenir
- Le gouvernement souhaite geler les impôts des résidents tout en augmentant ceux du secteur touristique.
- Une augmentation progressive de l’IBI pour les grands hôtels est au programme.
- La taxe pour les croisiéristes de courte durée va également être revue à la hausse.
- BComú s’oppose à la proposition du PSC, appelant à un changement immédiat des tarifs.
- Le débat concernant ces mesures se déroulera lors d’une commission extraordinaire la semaine prochaine.
Il est fascinant de voir comment les décisions fiscales peuvent affecter les dynamiques urbaines. J’ai souvent observé comment des villes, tout en cherchant des revenus, doivent naviguer entre les attentes des résidents et la nécessité de maintenir une industrie touristique florissante. Que penserions-nous d’une ville où les taxes, plutôt que de peser sur les habitants, soutiendraient davantage les infrastructures publiques tout en préservant l’attrait touristique ? À cette croisée des chemins, chaque voix compte, et il est essentiel de rester engagé dans ces débats qui touchent nos vies quotidiennes.





