Les habitants de Los Guájares ont de quoi se réjouir. Après des années de demandes, des travaux de restauration vont débuter au sein du site fortifié arabe d’El Castillejo. Ce dernier est reconnu comme l’un des ensembles murés andalusiens les mieux préservés de la province de Grenade, grâce à un investissement avoisinant les 575 000 euros.
Le projet de restauration s’articule en deux phases. La première, financée par le programme du 2% Culture, une initiative du Ministère du Logement et de l’Agenda Urbaine destinée à la préservation du patrimoine historique espagnol, comprend une aide de 300 000 euros, à laquelle s’ajoutent 100 000 euros du conseil municipal, totalisant ainsi environ 400 000 euros.
La seconde phase sera financée par le Programme Provincial pour la Conservation et l’Utilisation du Patrimoine Archéologique et Architectural 2025, géré par la Diputación de Grenade. Cette institution allouera 140 000 euros au projet, complétés par 35 000 euros de fonds municipaux, portant le total à 175 000 euros.
Au total, ces deux phases représentent un budget de 575 000 euros, dont 440 000 euros proviennent d’administrations supramunicipales (Ministère et Diputación) et 135 000 euros sont apportés directement par la commune. Loin d’être insignifiant pour un village de cette taille, souligne le maire de Los Guájares, Antonio Mancilla.
Selon lui, le projet vise à restaurer la zone tout en intégrant des passerelles afin de préserver le site. Il précise également que la résolution définitive du Ministère est déjà acquise et que le processus de soumission des travaux devrait commencer le mois prochain. Si les délais sont respectés, les travaux pourraient débuter au début de l’année prochaine.
Mancilla évoque d’autres projets de la province qui ont également bénéficié de cette aide lors de la dernière appel à projets, comme la réhabilitation de la tour de la cathédrale de Grenade, la restauration de la Torre del Homenaje, ainsi que la mise en valeur de la barbacane de l’Alcazaba de Guadix et du site supérieur de Montefrío. Le 2% Culture constitue l’outil principal de l’État pour garantir la sauvegarde du patrimoine historique, culturel et artistique en Espagne, en favorisant l’emploi et la revitalisation des territoires.
Le maire souligne l’importance du travail des techniciens municipaux qui ont œuvré pour faire sélectionner le projet. « Obtenir cette aide du 2% culturel n’est pas une mince affaire », précise-t-il.
Il insiste sur le fait que l’objectif de cette initiative va au-delà de la simple matérialisation de la conservation. « Nous voulons que le Castillejo devienne une destination touristique et un lieu d’intérêt, en raison de son statut de Bien d’Intérêt Culturel », montre-t-il.
Un précieux patrimoine archéologique
Le Castillejo recèle une grande valeur historique et archéologique. Situé sur un rocher calcaire à 405 mètres d’altitude, il surplombe la rivière Toba, offrant une défense naturelle à ses anciens habitants.
Les fouilles ont révélé que le site a été occupé entre le XIe siècle et le milieu du XIVe siècle, sans toutefois expliquer les raisons de son abandon. Les chercheurs ont conclu qu’un tremblement de terre a perturbé cet établissement entre 1224 et 1266, le premier à avoir été enregistré à Grenade, ce qui soulève des questions sur l’abandon soudaine du village.
Des structures domestiques et divers objets en céramique ont été découverts, ce qui suggère que l’évacuation du site a été précipitée, empêchant les habitants de récupérer leurs biens. Bien que le site ait été brièvement occupé au XVIe siècle, cela n’a pas durablement modifié son état.
L’accès au site se fait par une porte à courbure située à l’ouest, menant à ce qui est connu sous le nom de bastion défensif. À l’intérieur, on peut voir diverses habitations et un aljibe. Les bâtiments sont construits en tapial reposant sur un socle en maçonnerie, avec des toitures en tuiles inclinées, le tout complété par des finitions en blanc de chaux.
Points importants à retenir
- Le projet de restauration d’El Castillejo à Los Guájares commence grâce à un investissement significatif.
- Les travaux seront réalisés en deux phases, avec un financement provenant de différentes sources publiques.
- L’objectif est de rendre le site attrayant pour le tourisme tout en préservant son héritage culturel.
- Des études archéologiques ont mis en lumière l’importance historique du site, ainsi que des raisons possibles de son abandon.
- Le rôle des techniciens municipaux a été crucial pour la sélection du projet et l’obtention des subventions nécessaires.
D’une perspective plus personnelle, l’importance de la préservation de nos héritages culturels ne peut être sous-estimée. En tant que voyageuse passionnée, je réalise à quel point chaque site peut raconter une histoire unique. Le Castillejo n’est pas seulement un vestige, c’est une porte ouverte sur notre passé commun. Redonner vie à cet endroit, c’est également permettre aux futures générations de s’y connecter et d’enrichir leur compréhension des civilisations qui nous ont précédés. Que signifient pour vous la préservation et la valorisation du patrimoine ? C’est un sujet qu’il est essentiel d’explorer ensemble.





