Interdiction d’alcool dans les stations : Dachau et Freising remettent en question son efficacité

Interdiction d'alcool dans les stations : Dachau et Freising remettent en question son efficacité

À la fin juillet, la SNCF a annoncé qu’à partir d’octobre, un interdit de consommation d’alcool sera en vigueur dans les gares allemandes. Cette décision fait suite à des incidents malheureux où le personnel ferroviaire a été agressé, notamment en février dernier, où un contrôleur a trouvé la mort lors d’une intervention. Toutefois, ceux qui espèrent que cette mesure rendra les gares plus sûres pourraient être déçus, comme le montre la situation à la gare de Dachau. Là-bas, des groupes se réunissent régulièrement, et de nombreux passants se sentent mal à l’aise dans la longue galerie menant au parking, surtout le soir.

Dans ce contexte, l’interdiction risque de peu changer la donne, compte tenu de la complexité des responsabilités autour des gares. En effet, l’alcool peut toujours être vendu à l’intérieur des bâtiments, tant qu’il est transporté de manière fermée. Ainsi, il suffit de quelques pas pour sortir et se trouver sous la réglementation municipale.

La statistique criminelle pour la gare de Dachau ne donne pas de chiffres concrets, mais la police locale a confirmé qu’il y a eu « plusieurs interventions policières » dans ce lieu l’année dernière. Néanmoins, la représentante de la police a précisé que ces événements ne concernaient que rarement des cas d’ivresse. Il n’est donc pas établi si ces individus consommaient de l’alcool à la gare ou s’ils y arrivaient déjà en état d’ébriété.

Non seulement les voyageurs se retrouvent à la gare de Dachau, mais diverses groupes s’y réunissent également.
Non seulement les voyageurs se retrouvent à la gare de Dachau, mais diverses groupes s’y réunissent également. Niels P. Jørgensen

La police, quant à son avis sur l’interdiction d’alcool prévue, reste vague : « Les effets préventifs de ce type d’interdiction ne peuvent être que sujet à spéculation selon les dossiers disponibles. » Elle ne peut qu’émettre des hypothèses sur les éventuels effets de contournement que cela pourrait engendrer.

Andreas Wegmaier, chef de la police de Freising, est plus direct. « C’est une interdiction déclarée par la Deutsche Bahn, et la sécurité dans les gares revient à leur personnel et à la police fédérale. » Cependant, il doute des bénéfices que cela pourrait avoir pour le travail de ses agents en dehors des gares.

Il précise que la gare de Freising n’est pas particulièrement problématique et qu’il n’y a pas eu d’augmentation de la criminalité liée à la consommation d’alcool. Bien qu’il y ait parfois des accrochages lorsque des groupes revenant de la fête à Munich se retrouvent, il affirme qu’un interdit d’alcool n’y changerait rien. À l’approche de l’Oktoberfest, il insiste que le véritable problème ne réside pas dans la consommation durant le trajet, mais dans l’alcool ingéré sur place.

Andreas Wegmaier, chef de la police de Freising, estime que son équipe n'a pas grand-chose à gagner avec cette nouvelle interdiction.
Andreas Wegmaier, chef de la police de Freising, estime que son équipe n’a pas grand-chose à gagner avec cette nouvelle interdiction. Marco Einfeldt

Bien que le maire de Dachau, Florian Hartmann (SPD), accueille chaleureusement cette interdiction, la ville n’impose pourtant pas d’interdiction de consommation dans les environs de la gare. Le comité principal et financier du conseil municipal a rejeté une telle mesure en 2018, craignant qu’elle ne pousse les problèmes vers d’autres zones où le contrôle serait plus difficile.

À Freising, la situation est différente. L’usage d’alcool dans les espaces verts y est prohibé. La police ou le service d’ordre municipal peut engager des procédures pour une contravention si une personne consomme de l’alcool sur un banc de parc. Cependant, comme partout, ces mesures nécessitent une application rigoureuse, ce qui demande un effectif conséquent.

La police fédérale ne contrôlera pas le respect de la mesure

Dans les gares, la responsabilité de contrôle incombe principalement à la Deutsche Bahn et à sa sécurité, comme le souligne Sina Dietsch, porte-parole de la police fédérale à Munich. Ce n’est qu’en cas de problèmes que des agents fédéraux peuvent être mobilisés. À la gare centrale de Munich, un interdit de consommation d’alcool est déjà en vigueur depuis 2019, mais là encore, la police fédérale ne surveille pas cette interdiction.

Andreas Wegmaier préfèrerait plutôt voir un changement social, une « saine vigilance collective », comme il le décrit. Il suggère que des conversations amicales sur l’interdiction d’alcool pourraient avoir un impact plus favorable que de simples mesures restrictives.

Points importants à retenir

  • Un interdit de consommation d’alcool sera effectif dans les gares allemandes à partir d’octobre.
  • Les ventes d’alcool continueront à être autorisées à l’intérieur des gares tant qu’elles sont transportées fermées.
  • La complexité des régulations rendra son application délicate.
  • Les enquêtes policières ne montrent pas une corrélation forte entre alcool et criminalité dans les gares.
  • Des mesures préventives et un changement de mentalité semblent être favorisés plutôt que des interdictions strictes.

En tant que voyageuse, je me demande ce que ces mesures signifient vraiment. Vont-elles engendrer une atmosphère de sécurité accrue, ou simplement déplacer les problèmes ailleurs ? Les gares, lieux de passage, devraient dans l’idéal être des espaces où la convivialité prévaut sur la contrainte. La vraie question réside dans notre capacité à favoriser des interactions sociales harmonieuse et respectueuses, tout en préservant notre sécurité collective.



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