Le poison du trafic isole notre population

Le poison du trafic isole notre population

Les entrepreneurs du sud de Tenerife tirent la sonnette d’alarme face aux conséquences des congestionnements récurrents sur l’autoroute TF-1, où l’on comptabilise parfois jusqu’à 100 000 véhicules par jour, notamment aux abords des principaux centres touristiques.

Ces embouteillages ne touchent pas seulement les automobilistes, ayant un impact évident sur leurs relations personnelles et familiales, mais affectent également leur bien-être émotionnel. Les longues files d’attente, observées presque en continu entre San Isidro et Adeje, illustrent la perte de mobilité des résidents, entraînant des répercussions sociales et économiques significatives.

Javier Cabrera, président du Círculo de Empresarios y Profesionales del Sur de Tenerife (CEST), critique cette réalité subie quotidiennement par de nombreux citoyens. Il prend l’exemple suivant : “Les habitants d’Adeje ne se rendent plus à Las Galletas pour consommer ou fournir des services, et vice versa. Nous nous isolons de nos propres communautés, ce qui entraîne une perte de compétitivité et de dynamisme économique, social et entrepreneurial,” a-t-il déclaré récemment.

Cabrera estime que les problèmes de circulation constituent un véritable fardeau pour la société du sud et souligne que plusieurs entreprises limitent désormais leurs prestations à certains jours et horaires. “Comment pourriez-vous envoyer un employé sur le terrain pour élaborer un devis si cela signifie qu’il passe trois heures bloqué dans un embouteillage, soit presque la moitié de sa journée ? C’est insoutenable,” a-t-il ajouté.

Il a également réfuté les considérations qui attribuent la problématique de la mobilité uniquement à la croissance démographique significative de la région au cours des dernières décennies, “comme si cette augmentation était survenue hier”.

Il a rappelé qu’au début du XXIe siècle, la population du sud a crû en moyenne de 9 % chaque année, soit trois à quatre fois plus que le taux de croissance normal. Pourtant, il a ajouté que “toutes les infrastructures restent les mêmes qu’il y a 25 ans”.

“Affirmer que nous sommes trop nombreux est incroyable. Et qui devrait partir ? Depuis quand les gens représentent-ils un problème s’ils apportent des idées, un renouvellement générationnel, du dynamisme, du commerce… ? Le véritable souci réside dans l’inaction de l’administration qui n’a pas proposé de solutions”, a-t-il conclu.

MOMENT CLÉ

Pour José Fernando Cabrera, président du Forum des Amis du Sud de Tenerife (FAST), l’île se trouve à un “moment décisif” pour pallier son historique déficit d’infrastructures routières. “Nous avons un peu plus d’un an avant la fin de la législature actuelle et, pour la première fois depuis longtemps, l’île dispose de projets de routes prêts à être contractés”, a-t-il déclaré.

Il a évoqué, par exemple, l’élargissement de trois voies de l’autoroute TF-1 entre San Isidro (Granadilla de Abona) et Las Chafiras (San Miguel de Abona), ainsi que le tronçon de Las Chafiras à Playa de Las Américas (Adeje) et le doublement de l’axe entre Playa de Las Américas et Fañabé. “Ces projets visent à répondre aux problèmes de congestion du sud et de l’ouest de Tenerife”, a-t-il souligné.

Selon José Fernando Cabrera, la situation actuelle constitue “une occasion unique, car il a toujours été dit qu’il n’y avait pas de projets pour construire des routes à Tenerife. Maintenant, nous les avons.”

Points importants à retenir

  • Les embouteillages sur l’autoroute TF-1 affectent la qualité de vie des habitants.
  • Javier Cabrera souligne l’isolement croissant des communautés, impactant l’économie locale.
  • Le manque d’infrastructures adaptées face à une croissance démographique rapide est préoccupant.
  • Des projets d’infrastructures routières sont enfin en préparation pour améliorer la situation.

Je me demande souvent ce que cela signifie de vivre dans une région souffrant de telles congestions. En tant que voyageuse, je comprends combien il est crucial de favoriser la mobilité et l’accès. Le défi qui s’impose ici va bien au-delà des routes : il questionne notre capacité collective à nous adapter et à évoluer face aux besoins d’une population croissante. Quelle place donnons-nous à la planification urbaine dans notre avenir ?



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