Urgent vol de Pegasus vers l’Espagne après l’espionnage de Sánchez

Urgent vol de Pegasus vers l'Espagne après l'espionnage de Sánchez

Le logiciel espion israélien Pegasus a infecté le téléphone du président du Gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, sans que cette intrusion soit détectée un an plus tard, contrairement aux déclarations du gouvernement en mai 2022. Les premières alertes sont survenues lorsque le Maroc a utilisé ce programme pour accéder aux données du leader socialiste, le 19 mai 2021. À peine 24 heures après l’incident, Málaga est devenue le centre d’une opération de gestion des conséquences, avec l’envoi par NSO Group, l’entreprise israélienne détentrice du logiciel, d’une équipe technique en Espagne. Ce déplacement a même été filmé.

Ce ballet des avions privés, lié à la crise de Pegasus et centré à l’aéroport international de Málaga, a débuté avec l’arrivée d’un appareil Gulfstream G-IV SP (immatriculé T7-CPX) le 20 mai 2021. À ce moment-là, le gouvernement était déjà conscient de l’espionnage subi par le président, ce qui soulève des questions sur la transparence d’une telle situation pendant un an.

Trois jours plus tard, le 23 mai, un autre avion, géré par la société Gestair, a pris la direction de Málaga. Cet jet (immatriculé EC-KOL, signal GES121L) a été fréquemment utilisé par Sánchez et d’autres membres du gouvernement comme alternative aux avions officiels, une pratique rare, souvent réservée aux périodes électorales.

Ce même jour, l’appareil a quitté Málaga pour revenir quelques jours après, réalisant des trajets Madrid-Málaga les 26 et 27 mai. Curieusement, le suivi de ces vols a montré des anomalies, les systèmes de localisation étant désactivés intentionnellement.

Coup de théâtre autour de Pegasus

D’après des informations recueillies et des témoignages d’experts en intelligence, Málaga est devenue le théâtre de rencontres cruciales entre des techniciens et des représentants de la sécurité de l’État et des membres de NSO Group. Durant ces cinq jours, ils ont examiné les détails de l’incident et ses répercussions diplomatiques, plus particulièrement le vol de données du président par un pays voisin, le Maroc, en plein milieu d’une crise bilatérale.

L’avion israélien dépêché à Málaga, comme l’a rapporté l’agence TO, est souvent lié à des missions diplomatiques délicates. En effet, cet appareil a secrètement transporté des figures clés comme le premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du Mossad vers l’Arabie Saoudite. En 2024, le président colombien a également révélé des détails sur ce même appareil lors de ventes de Pegasus.

Fait intéressant, le vol du T7-CPX vers Málaga a été repéré non seulement par des systèmes de suivi aérien, mais aussi par un photographe amateur local, qui a enregistré son atterrissage et l’a partagé sur YouTube.

Espionnage après un déplacement à Ceuta

Un fait avéré prouvé par le CNI souligne que le premier vol de données du téléphone de Sánchez a eu lieu le 19 mai 2021. Ce jour-là, Ceuta faisait face à une crise profonde, provoquée par l’afflux de plus de 10 000 personnes dans la ville autonome, manifestation orchestrée par le Maroc suite à l’accueil médical réservé à Brahim Ghali, leader du Front Polisario, antagoniste du roi Mohamed VI.

Bien que le vol de données ait eu lieu ce jour-là, l’infection par Pegasus s’étant produite auparavant, en fait le 18 mai 2021, lorsque Sánchez, accompagné de Grande-Marlaska, s’est rendu à Ceuta pour évaluer la situation.

Au cours de ce déplacement, ils ont rencontré des agents au Centre Opérationnel de Sécurité à la frontière d’El Tarajal, centre névralgique de l’invasion, et survolé la zone en hélicoptère. L’analyse actuelle de ce voyage fait état d’une « très mauvaise décision » qui a permis au Maroc de cibler facilement les appareils utilisés par les membres de la délégation, rendant leur identification possible grâce aux systèmes IMSI-Catcher et StingRay achetés par l’intelligence marocaine.

Points importants à retenir

  • Le logiciel Pegasus a infiltré le téléphone de Pedro Sánchez et l’intrusion a effectué sans détection pendant un an.
  • La gestion de cette intrusion a conduit à une série de vols privés inhabituels vers Málaga.
  • Les rencontres entre représentants de la sécurité espagnole et NSO Group ont troublé les relations diplomatiques avec le Maroc.
  • Le vol vers Ceuta a permis l’identification des appareils utilisés par Sánchez et son équipe, exposant ainsi leurs données.

Réfléchir à cette situation me fait réaliser à quel point la technologie joue un rôle clé dans notre vie quotidienne et comment elle peut être détournée. En tant que voyageuse et observatrice des enjeux politiques, je m’interroge sur les futurs défis que nous devrons envisager pour protéger notre vie privée dans un monde où les données circulent librement. Sommes-nous vraiment prêts à discuter des implications éthiques de la surveillance, et quelles mesures devrions-nous prendre pour préserver notre intimité face à ces menaces ?



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