Jordi est un chauffeur de Manresa âgé de 40 ans, qui cumule plus de 15 ans d’expérience au volant de divers types de bus. Dans le podcast Rutas de Éxito du camionneur Mario Cozma, il partage à la fois les aspects positifs et négatifs d’une profession souvent méconnue. Actuellement, la demande de chauffeurs est élevée, avec plus de 4 700 postes à pourvoir en Espagne, selon l’IRU (Organisation Mondiale des Transports Routiers).
Ce professionnel admet que la première pensée qui lui vient à l’esprit en évoquant son métier concerne les proches laissés à la maison : « C’est le plus difficile pour moi dans ce domaine, partir 15 ou 20 jours sans savoir si je vais revenir dans un ou deux mois ». Malgré cela, il n’envisage pas de changer de métier, se sentant à l’aise même s’il estime que les salaires dans ce secteur sont faibles.
Salaires des conducteurs de bus aujourd’hui
Il convient de noter qu’il existe différents postes au sein de l’industrie. D’un côté, on trouve le service urbain, qui consiste en un service régulier dans la ville. D’autre part, il y a les lignes régulières avec des horaires définis pour des trajets courts, moyens, longs, ou même internationaux (où plusieurs chauffeurs peuvent opérer sur une même route). Enfin, le transport occasionnel désigne tout type de transport sans horaire fixe, incluant également les trajets programmés pour les entreprises et les établissements scolaires.
Jordi explique : « Si tu es célibataire, libre et sans responsabilités, le transport occasionnel est idéal pour voyager à travers l’Europe ou faire des allers-retours sur la péninsule. Chaque nuit, tu dors à l’hôtel, tu as ta propre organisation, c’est confortable et tu gagnes de l’argent. Cela a beaucoup changé, mais auparavant, mon frère gagnait jusqu’à 9 000 euros par mois. »
En revanche, il reconnaît que le service urbain est le mieux rémunéré : « Tu as environ 6 heures et demie de conduite pour un salaire de 2000 à 2400 euros, sans compter les primes et 5,5 mois de salaire supplémentaire » à Barcelone. Cependant, il souligne que la rémunération ne correspond pas aux responsabilités liées à la conduite d’un bus : « Il y a un taxi qui se croise, un scooter qui surgit, un piéton qui traverse sans regarder… c’est un stress constant pendant sept heures. »
Pour sa part, Jordi travaille dans le transport régulier, bien qu’il ait exercé dans divers domaines. Il précise : « Maintenant, je fais un maximum de 600 kilomètres et je rentre dormir chez moi. » Son salaire se chiffre à « 1600 euros, plus les primes, les heures supplémentaires, ce qui me donne entre 2500 et 2600 euros par mois. »
Les points positifs et négatifs du métier selon Jordi
Ce chauffeur aguerri est catégorique : il ne troquerait son emploi pour aucun autre, notamment pas pour une usine. Il ajoute : « La meilleure chose à propos du bus, c’est que chaque jour, tu vois un nouvel endroit, et le pire, c’est que les gens ne se mettent pas à ta place. »
D’autre part, il indique que les aspects mentaux du travail sont les plus challenges. Pour lui, le moment le plus difficile a été la perte d’un collègue dans un accident, ce qui lui a fait changer sa perspective en conduisant : « Aujourd’hui, je roule à 100 km/h, mais souvent, je ne dépasse pas 95 km/h, avec une tolérance de 5. J’arrive en paix, qu’est-ce que je perds ? Dix minutes au maximum. Une fois sur la route, on ne sait jamais si l’on rentrera. »
Points importants à retenir
- La profession de chauffeur de bus est souvent peu visible mais essentielle.
- Une forte demande pour les chauffeurs marque le secteur en Espagne.
- Les salaires varient en fonction des types de services offerts.
- Le transport urbain est reconnu comme le mieux rémunéré.
- Les défis mentaux et émotionnels peuvent être significatifs pour les chauffeurs.
En tant que femme voyageuse, je me rends compte à quel point le quotidien des chauffeurs est teinté d’un mélange de découvertes et de sacrifices. Chaque trajet devient une aventure, mais il soulève également des questions sur la reconnaissance de ces travailleurs. Comment pourrait-on valoriser davantage leur contribution à notre mobilité quotidienne ? La route est vaste et les histoires des chauffeurs méritent d’être entendues.





