Trieste, 24 septembre. L’objectif de la « Guida pratica all’Intelligenza Artificiale per l’ingegnere » est de fournir aux ingénieurs un outil concret pour comprendre et utiliser l’intelligence artificielle dans l’exercice de leur profession. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réglementation actuelle, notamment le Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act) et le Code de déontologie des ingénieurs italiens. Ce guide a été dévoilé lors du Congrès national des ingénieurs qui se tient actuellement à Trieste.
Destinée à tous les membres de l’Ordre, la guide aborde des aspects normatifs, déontologiques et opérationnels liés à l’utilisation des systèmes d’IA. Il est évident que l’intelligence artificielle a pénétré les bureaux d’études plus rapidement que les compétences nécessaires pour la maîtriser.
Le guide est structuré en cinq parties : la première présente le cadre réglementaire, incluant un résumé de l’AI Act et des exemples d’application dans divers secteurs d’ingénierie ; la deuxième traite de la relation entre intelligence artificielle et déontologie professionnelle ; la troisième analyse les responsabilités et les risques légaux ; la quatrième évoque le danger de ne pas se mettre à jour sur les évolutions de l’IA ; enfin, la cinquième fournit des conseils pratiques pour un usage éclairé des modèles de langage. Des appendices contenant modèles et check-lists complètent cet ouvrage.
Il y a trois points clés à retenir. Premièrement, l’IA est un outil d’assistance : la responsabilité repose toujours sur l’ingénieur (article 13 de la L. 132/2025 et article 13 du Code déontologique). Deuxièmement, il est crucial d’informer le client : celui-ci doit être conscient de l’utilisation de l’IA dans le cadre de sa mission. Troisièmement, la conformité réglementaire doit être respectée pour tous les systèmes d’IA développés ou fournis au client.
L’article 13 de la Loi n. 132/2025 est la principale disposition nationale régissant l’utilisation des systèmes d’IA par les ingénieurs. Il précise que l’IA doit être vue comme un outil d’assistance, sans remplacer les jugements techniques ou la responsabilité du professionnel. De plus, ce texte impose une obligation de transparence à l’égard du client, ce qui entraîne des responsabilités spécifiques durant l’exécution des missions.
Chaque document élaboré grâce à l’IA doit être validé et approuvé par l’ingénieur avant d’être remis. L’utilisation de l’intelligence artificielle n’allège pas la responsabilité professionnelle, qui demeure entièrement celle de l’ingénieur.
Dans le cadre de son utilisation, plusieurs obligations sont à respecter. Il est recommandé d’inclure une clause sur l’utilisation de l’IA dans le contrat, d’informer clairement le client de l’objectif de cette utilisation, et de documenter les procédures en cas de besoin pour assurer la traçabilité.
Lors de l’utilisation de l’IA, quatre principes doivent toujours être respectés : l’IA comme outil d’assistance ; le contrôle humain constant ; l’information au client concernant l’utilisation ; et la responsabilité professionnelle inaliénable de l’ingénieur, même lorsque l’IA est utilisée par ses collègues ou assistants.
Les modifications apportées au Code déontologique soulignent que l’IA n’est pas seulement un nouvel outil, mais un aspect transversal de l’activité professionnelle. Les ingénieurs doivent non seulement maîtriser ces systèmes, mais aussi développer des compétences adéquates, protéger les données et favoriser une innovation responsable.
L’utilisation de l’intelligence artificielle ne constitue pas un moyen d’échapper à la responsabilité professionnelle. L’ingénieur est responsable de ses décisions et des documents qu’il signe, même lorsqu’ils sont élaborés avec l’aide de systèmes d’IA. L’IA peut soutenir la communication professionnelle et la documentation, mais toute utilisation trompeuse ou en violation des droits d’autrui est à proscrire.
Il est donc essentiel de respecter la réglementation en vigueur. L’ingénieur doit, dans tous les cas, assumer la responsabilité de ses choix et des travaux réalisés avec le concours de l’IA. L’utilisation de l’intelligence artificielle requiert également une vigilance en matière de sécurité informatique, car une exploitation inappropriée peut entraîner des fuites d’informations sensibles ou compromettre les systèmes informatiques.
Points importants à retenir
- L’intelligence artificielle doit être perçue comme un outil d’assistance, pas un substitut aux compétences de l’ingénieur.
- La transparence avec le client sur l’utilisation de l’IA est essentielle pour maintenir la confiance.
- Les responsabilités liées à l’utilisation des systèmes d’IA demeurent fermement ancrées chez l’ingénieur.
- Le développement de compétences en IA est crucial pour répondre aux exigences réglementaires et déontologiques.
- Les mises à jour régulières sur les évolutions de l’IA et de ses implications professionnelles sont nécessaires.
Comment percevoir l’intégration de l’intelligence artificielle dans nos métiers ? En tant qu’ingénieure, je m’interroge sur l’équilibre à trouver entre l’innovation technologique et la protection des valeurs humaines. Alors que ces outils promettent des gains d’efficacité, je crains que leur utilisation ne soit trop souvent détachée de nos responsabilités éthiques. L’IA doit nous servir, pas nous remplacer. À quel point sommes-nous prêts à porter cette responsabilité ?





