Santé mentale : l’angoisse s’impose sur les réseaux sociaux, mais reste ignorée dans les médias.

Santé mentale : l'angoisse s'impose sur les réseaux sociaux, mais reste ignorée dans les médias.

Le réseaux sociaux placent le terme “anxiété” en tête des préoccupations, avec 37 000 mentions, soit treize fois plus qu'”dépression”. Entre janvier et juin 2026, plus de 138 000 publications sur la santé mentale ont vu le jour, mêlant récits personnels et informations. En revanche, dans les principaux bulletins d’information italiens, seulement 389 reportages sur 21 442 traitaient de ce sujet, représentant à peine 1,8% des nouvelles, souvent dans un cadre de criminalité et de sécurité.

C’est ce qui ressort de l’étude “Médias, langage et santé mentale : comment le mal-être psychique est-il rapporté ?”, menée par l’Observatoire de Pavie, en partenariat avec l’Association Civita, à l’occasion du Festival de la santé mentale RO.MENS. L’événement, visant à favoriser l’inclusion sociale face aux préjugés, est orchestré par le Département de la Santé Mentale de l’ASL Roma 2. Les résultats de cette enquête seront dévoilés le 1er octobre, lors d’un congrès international à l’Istituto Superiore di Sanità, à l’ouverture de la cinquième édition de Ro.Mens, qui se déroulera à Rome du 1er au 10 octobre 2026, en coïncidant avec la Journée mondiale de la santé mentale.

La santé mentale sur les réseaux sociaux
Concernant les réseaux sociaux, après une vérification minutieuse des données collectées, 138 301 publications pertinentes à la santé mentale ont été analysées sur Facebook et Instagram entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, réduites à 103 397 messages uniques : 74 472 sur Facebook et 28 925 sur Instagram. Le terme “anxiété” a été cité 37 012 fois, presque quatre fois plus que “stress” et treize fois plus que “dépression”. Ce terme s’enrichit de conseils pratiques et de réflexions personnelles sur sa gestion. Le volume des publications a été relativement constant, oscillant entre 21 000 et 26 000 par mois, avec une prédominance de voix directes, qu’elles soient professionnelles ou non, qui parviennent à communiquer des idées complexes de manière claire et accessible.

La santé mentale dans les médias
Durant la même période, l’analyse des journaux télévisés des chaînes RAI, Mediaset et La7 a révélé que sur 21 442 nouvelles, seulement 389 concernaient la santé mentale, soit 1,8 % du total, avec une moyenne de neuf nouvelles par mois par bulletin. Ce qui frappe, c’est le faible pourcentage d’évocations. De plus, les reportages tendent à lier la santé mentale à des événements criminels dans 70% des cas. Les questions sociales ne représentent que 15% des reportages, tandis que la science et la santé n’obtiennent que 8%. Les discours sont dominés par des récits d’exception, reléguant en arrière-plan la prévention et la possibilité de demander de l’aide.

Qui parle de santé mentale ?
Les influenceurs et créateurs de contenu occupent désormais l’espace laissé vide par les médias traditionnels. Leurs publications sur l’anxiété, le TDAH, la neurodivergence et les troubles alimentaires touchent des millions de personnes. Pourtant, cette capacité à rendre accessibles des sujets complexes soulève une question cruciale : qui garantit la fiabilité des informations diffusées ? Quand les sources fiables reculent, l’espace est pris par ceux qui communiquent de manière plus efficace, mais pas forcément correcte. Ce constat met en lumière la nécessité d’un équilibre entre accessibilité et rigueur scientifique.

Cette enquête révèle également une fracture dans les discours : environ 25,7% des contenus utilisent le langage institutionnel, contraignant les familles à parler de leurs difficultés personnelles, pour un total de 38,7%. Ces récits, qui évoquent craintes et relations, illustrent un manque d’interaction entre les institutions, les familles et les individus.

Un enjeu de communication
Pour Paola Barretta, coordinatrice de la recherche à l’Observatoire de Pavie, “le succès des créateurs de contenu démontre une demande significative pour des informations accessibles et en phase avec l’expérience vécue”. Ainsi, elle appelle à allier efficacité communicative et rigueur scientifique pour éviter de légitimer des discours simplistes sur des actes violents, sans responsabilité clinique. Selon Massimo Cozza, directeur du Département de Santé Mentale ASL Roma 2, “l’essor du terme anxiété sur les réseaux sociaux est lié à l’exigence sociale d’être performant dans tous les aspects de la vie.” Ils précisent que les services doivent s’adapter en utilisant un langage respectueux et informé, combattant ainsi le stigmate et la désinformation.

Points importants à retenir

  • L’anxiété est le terme le plus discuté sur les réseaux sociaux, dépassant largement la dépression.
  • Une faible proportion des nouvelles télévisées aborde la santé mentale, souvent de manière stigmatisante.
  • Les influenceurs jouent un rôle crucial dans la sensibilisation à la santé mentale, mais la qualité de l’information doit être vérifiée.
  • Les discours institutionnels et personnels semblent encore déconnectés, limitant une compréhension commune.

Ces chiffres et observations soulèvent des réflexions essentielles sur notre rapport à la santé mentale dans la société actuelle. J’éprouve un sentiment d’urgence à repenser les systèmes d’information entourant cette thématique. Comment établir une communication plus respectueuse qui intègre les expériences vécues tout en s’appuyant sur des sources fiables ? Nous devons nous interroger sur les enjeux de la narration médiatique pour apporter une véritable compréhension et soutien aux personnes concernées. Un équilibre doit être trouvé entre la richesse d’un vécu personnel et la rigueur scientifique, afin de ne pas laisser place à la simplification d’un sujet aussi complexe.



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