Victime de Benamocarra : « On me soignait et il continuait à m’appeler »

Victime de Benamocarra : « On me soignait et il continuait à m’appeler »

«On était en train de soigner mes blessures au centre de santé et il continuait à me harceler au téléphone». Rocío, une voisine de Benamocarra, a été brutalement agressée par son ex-compagnon. Actuellement en convalescence chez elle, elle a subi de graves blessures : 25 agrafes à la tête, plusieurs contusions, et un sentiment de peur persistant. «Je suis sous le choc», confie-t-elle, ajoutant : «Je suis en vie par miracle».

Âgée de 38 ans, Rocío raconte à SUR comment elle a rencontré son agresseur, Andrés H. A., un homme d’une quarantaine d’années, fin mars via les réseaux sociaux. Leur relation, qui n’a duré que deux mois, n’a jamais été cohabitation.

«Nous ne nous sommes vus que huit ou neuf fois, j’ai fait quelques visites à Grenade, il est venu ici aussi», indique Rocío. Dès le début, elle a noté des comportements inquiétants de sa part, notamment des accès de jalousie et des demandes insistantes pour qu’elle partage sa géolocalisation.

Elle a raconté avoir vécu presque deux mois de menaces précoces, de coups de téléphone incessants et de faux profils en ligne avant d’être attaquée avec une pierre près de chez elle.

«Entre 30 et 40 appels par jour»

En révélant son expérience, elle explique : «Parfois, je recevais entre 30 et 40 appels par jour. Il répétait des phrases inquiétantes comme : ‘Je dois te voir, sinon je te verrai dans un cercueil’, et ‘je sais où tu vis et où tu travailles’». Les menaces se sont intensifiées avec des déclarations telles que : «Je dois te voir morte».

Le mercredi 22 juillet, vers 19h30, quand Rocío a garé son véhicule près de chez elle, elle a de nouveau reçu un appel d’un numéro caché. «J’ai reçu un violent coup à la tête», témoigne-t-elle. Son agresseur l’a fait tomber au sol et a commencé à la frapper avec une pierre. En entendant ses cris, sa mère est sortie et d’autres voisins sont intervenus.

L’agresseur a fui, mais a été intercepté peu de temps après à proximité du centre de santé. Pendant que Rocío était soignée, son téléphone a continué à sonner. Elle était à peine consciente, mais a réussi à remettre son téléphone à un agent de la garde civile. L’interlocuteur s’est identifié comme Andrés et a demandé aux agents de venir le chercher.

Rocío se remet maintenant chez elle, entourée par sa mère et sa fille, à qui ils ont fait croire qu’elle avait seulement fait une chute. L’agresseur aurait précédemment attaqué au moins quatre femmes et venait de sortir de prison après avoir purgé une peine de quatre ans. Il ne lui avait pas révélé son passé judiciaire.

Elle mentionne avoir hésité à signaler les menaces, craignant que cela n’aggrave la situation. «Si j’avais su qu’il avait déjà agressé d’autres femmes, je l’aurais dénoncé plus tôt», déclare-t-elle.

Une année tragique avec six victimes

Cette agression survient dans une année particulièrement tragique pour la province. En seulement sept mois, la Malaga a enregistré six victimes de violence machiste — cinq femmes et la fille de l’une d’elles, mariée à la violence vicieuse. Le bilan de cette année égalise déjà celui de 2025, année la plus meurtrière enregistrée depuis 2003, avec cinq femmes mortes de manière violente en juillet, bien qu’un cas soit encore à confirmer officiellement.

Parmi les victimes confirmées figurent des meurtres à Alhaurín el Grande, à Málaga, à Rincón de la Victoria, à Mijas, et à Antequera. Deux des victimes avaient déjà porté plainte contre leurs ex-partenaires et bénéficiaient de mesures de protection. Depuis 2003, 68 femmes ont perdu la vie en raison de violences de genre, laissant 29 enfants orphelins. Ces chiffres soulignent l’urgence de détecter le harcèlement, de protéger les victimes, et d’empêcher que les menaces n’escaladent en attaques mortelles.

Points importants à retenir

  • Rocío a subi des violences physiques et psychologiques pendant plusieurs mois.
  • L’agresseur n’avait pas informé Rocío de ses antécédents judiciaires ni de sa récente sortie de prison.
  • La peur de Rocío l’a empêchée de signaler les menaces à temps.
  • La région de Málaga confronte une crise de violence machiste, avec un nombre tragique de victimes.
  • Il existe un besoin fondamental de sensibilisation et de protection pour les victimes de violence conjugale.

À travers cette terrible histoire, il est crucial de réfléchir à l’environnement dans lequel ce type de violence se produit. Pourquoi tant de femmes hésitent-elles à signaler des abus ? Les statistiques sont troublantes, mais il est impératif de souligner la nécessité de systèmes de soutien robustes et d’une bienveillance collective pour briser le silence et protéger les victimes. Quelles mesures doivent être mises en place pour garantir la sécurité des femmes dans notre société ? Ces questions méritent une attention urgente, car chaque vie compte.



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