Ana, résidente de Periana et âgée d’une trentaine d’années, lutte encore pour retrouver son calme. Une semaine après une agression présumée survenue le dimanche 31 mai dans un parc de la région de la Haute Axarquia, qui a mobilisé le lendemain 1 500 des 3 000 habitants du village contre l’insécurité, elle confie vivre avec « la peur au ventre » et un état de choc persistant. Elle se trouvait avec ses deux filles, âgées de 15 et 7 ans, lorsqu’elle a tenté d’intervenir dans une dispute, ce qui lui a valu des coups, des griffures, des tirages de cheveux et des éraflures sur tout le corps, notamment aux genoux, à la tête et aux bras.
« J’ai simplement voulu medier pour empêcher qu’un homme ne soit agressé à cause d’une confusion de voiture, et j’ai pris une raclée », explique Ana. Les faits se sont déroulés dans l’après-midi, alors qu’Ana observait un homme s’en prendre violemment à un autre pour avoir tenté d’ouvrir la porte d’un véhicule. Selon sa version, la victime s’était trompée, croyant qu’il s’agissait d’un taxi, et avait présenté des excuses.
La tension a rapidement escaladé. « Il a confondu et s’est excusé, mais ils ont continué à le menacer. Je suis intervenue pour dire de le laisser tranquille et ils ont commencé à m’agresser. Une femme m’a tiré les cheveux, m’a traînée, avec ma fille cadette dans les bras », se rappelle Ana, qui précise que tout cela s’est déroulé devant ses filles et d’autres voisins dans le parc.
L’altercation a créé une panique considérable. Plusieurs témoins se sont précipités pour séparer les personnes impliquées, et des patrouilles de la Garde civile ainsi que de la police locale ont été dépêchées sur les lieux. Le frère d’Ana est également arrivé. D’après les témoignages, au cours de cet incident, une personne aurait même brandi un couteau et une roue de voiture en menaçant ceux présents.
La Garde civile a arrêté le couple désigné par les voisins comme étant les agresseurs. Le lendemain, ils ont été présentés à la justice à Vélez-Málaga, qui a ordonné leur libération sous caution, en leur imposant une interdiction de se rapprocher d’Ana et de ses filles à moins de 500 mètres.
« Le point de non-retour »
L’agression a été qualifiée par de nombreux habitants de « point de non-retour » après des mois de tensions à Periana. Des résidents dénoncent menaces, agressions, occupations illégales et une série de cambriolages qu’ils attribuent à un couple et à leurs proches. Les personnes mises en cause réfutent ces accusations et affirment, elles aussi, avoir été victimes de menaces et d’agressions de la part d’autres voisins.
Ce mécontentement a poussé environ 1 500 personnes à descendre dans la rue lundi dernier, soit près de la moitié des habitants de Periana. Le cortège, qui a défilé à travers le village, brandissait des pancartes dénonçant les « agressions et menaces », avec des slogans tels que « Periana est un village pacifique » ou « Assez, oui à la coexistence ».
La maire de Periana, Meritxell Vizuete (PSOE), a déclaré que la municipalité aspire à « vivre en paix » et a réclamé davantage de sécurité pour un village qui s’est toujours voulu « calme et paisible ». Elle a remercié les interventions de la Subdélégation du Gouvernement et des forces de sécurité, tout en insistait sur la nécessité de maintenir un renforcement de la présence de la Garde civile.
« Nous voulons qu’ils soient expulsés, qu’ils ne puissent plus revenir vivre à Periana. Nous savons que c’est une mesure difficile, mais la justice doit agir », a affirmé la maire. La paire mise en cause a quitté volontairement et temporairement la commune suite à l’ordonnance d’éloignement, selon les déclarations de la femme désignée par les voisins. Pourtant, Ana confie ne pas se sentir en sécurité et appréhende leur retour. « Nous voulons qu’ils soient expulsés. La justice devra agir », a réitéré Meritxell Vizuete.
Ce cas a placé Periana au cœur d’un débat sur la sécurité dans les petites communes de l’intérieur de la province. La Subdélégation du Gouvernement a mis en place une opération spéciale de la Garde civile pour apaiser les tensions et garantir la coexistence. Pendant ce temps, la municipalité exige une meilleure coordination institutionnelle, et les riverains réclament une réponse plus ferme pour restaurer la normalité. Le Parti Populaire a annoncé son intention de soumettre la question de l’insécurité à la tribune du Congrès suite à cette importante manifestation. La députée Ana Belén Vázquez s’est engagée à déposer des initiatives pour obtenir plus de moyens du Ministère de l’Intérieur.
Points importants à retenir
- Agression d’une mère de famille devant ses enfants, intervenant pour protéger un inconnu.
- Mobilisation massive des habitants pour réclamer plus de sécurité.
- L’intervention des forces de l’ordre a été nécessaire pour calmer les tensions locales.
- La situation à Periana révèle des conflits sous-jacents concernant la sécurité.
- Les autorités locales et la population s’organisent pour trouver des solutions durables.
En tant qu’observatrice de cette situation, je suis interpellée par la fragilité de la sécurité dans des communes qui, jusque-là, se croyaient à l’abri. Cela soulève des questions essentielles sur le rôle de la justice et des institutions face à la montée des tensions communautaires. Quelles mesures concrètes seraient réellement efficaces pour restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre ? Il est essentiel d’approfondir ce débat pour garantir la paix et la sécurité de tous.





