Pollution à Chiang Mai : l’atmosphère inquiétante pour la santé

Pollution à Chiang Mai : l'atmosphère inquiétante pour la santé

Des photographies relayées par les médias locaux montrent des montagnes engulfées par les flammes, certains résidents comparant les incendies à des “éruptions volcaniques”, selon le média local Khaosod.

Plus tôt cette semaine, les autorités ont ordonné la fermeture des parcs présentant un risque élevé d’incendie et ont averti que toute personne surprise en train d’allumer des feux dans ces zones serait arrêtée immédiatement.

En Thaïlande, ceux reconnus coupables de brûlage de forêts illégal peuvent encourir jusqu’à 20 ans de prison et une amende de 2 millions de bahts (environ 61 100 dollars ou 46 200 livres).

L’exposition à la brume peut engendrer divers problèmes de santé, allant d’irritations oculaires et de saignements de nez jusqu’à des crises cardiaques.

Tirayut évoque que sa fille aînée, âgée de six ans, “a eu des saignements de nez, une éruption cutanée et une réaction allergique au niveau des yeux, au point que ses paupières étaient enflées”.

Benjamas Jaiparkan a envoyé ses enfants dans la province voisine de Phayao, où la qualité de l’air est meilleure, pour vivre temporairement chez des proches. Mais cette mère de 35 ans envisage de quitter définitivement Chiang Mai.

Professeur dans une école publique, Benjamas s’inquiète particulièrement pour son fils de quatre ans, qui a commencé à avoir des saignements de nez l’année dernière. “J’ai beaucoup de peine pour lui car je ne sais pas combien de temps ses poumons peuvent encore supporter cette situation”, témoigne-t-elle.

Au fil des ans, des militants et des citoyens thaïlandais ont intenté des poursuites pour exiger une action gouvernementale contre la pollution.

En juillet 2023, environ 1 700 personnes à Chiang Mai ont porté plainte contre l’ancien Premier ministre Prayut Chan-o-cha et deux agences gouvernementales pour non-exercice de leur autorité afin de réduire la pollution dans le nord, qu’ils estiment leur ôter environ cinq années de vie.

En janvier 2024, un tribunal de Chiang Mai a ordonné au gouvernement de proposer un plan d’urgence pour améliorer la qualité de l’air dans un délai de 90 jours.

La brume toxique affecte également d’autres régions de l’Asie du Sud-Est, avec un nombre record de foyers d’incendie observés en Malaisie et en Indonésie au cours des sept dernières années.

Points importants à retenir

  • Les autorités thaïlandaises ont intensifié leur lutte contre les incendies en interdisant l’accès à certains parcs.
  • La législation en matière de brûlage de forêts est stricte, prévoyant des peines sévères.
  • Les problèmes de santé liés à la pollution de l’air sont préoccupants, affectant particulièrement les enfants.
  • La population locale a commencé à agir par le biais de poursuites judiciaires pour contraindre le gouvernement à prendre des mesures.
  • La situation de Chiang Mai n’est pas isolée, d’autres pays d’Asie du Sud-Est subissent également la pollution brûmeuse.

La situation actuelle en Thaïlande soulève un véritable questionnement sur notre rapport à l’environnement et à la santé publique. Les mesures prises par les autorités sont-elles suffisantes pour protéger la population ? À l’heure où la planète exige des réponses immédiates et responsables, il est crucial que chacun prenne conscience des enjeux environnementaux. Les voix citoyennes deviennent de plus en plus une nécessité dans ce débat, et chaque action compte. La lutte pour un air pur ne doit pas être seulement celle des gouvernements, mais celle de toute une société.



Votez pour cet post

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *