Première incursion dans la fiction noire pour Daniele Mencarelli, poète et romancier à succès, dont les œuvres telles que « Tout demande grâce » et « Faime d’air » font déjà parler. Dans son nouveau livre « Quatre faux proches » (Sellerio), qu’il présentera aujourd’hui à 18h30 à la Librairie Giovannacci, Mencarelli aborde l’investigation de manière inédite.
« L’idée est née d’un fait divers, avec la découverte d’un squelette et une dynamique similaire à celle que je développe dans mon récit. Cela remonte à neuf ans, et à ce moment-là, j’ai ressenti une forte empathie. J’ai imaginé que mes proches, mes enfants qui ont aujourd’hui 15 et 19 ans, pouvaient disparaître et ne jamais être retrouvés pendant vingt ans. Écrire est devenu une réaction face à la réalité. Cette imagination m’a transporté dans un lieu si déchirant que j’ai dû utiliser un langage différent de celui de ma littérature habituelle. »
Certaines thématiques chères à Mencarelli subsistent, notamment à travers le personnage du brigadier Circosta.
« Comme souvent dans mes livres, j’aime dépeindre des protagonistes aux prises avec une période charnière, celle des vingt à trente ans. Ils vivent un rite d’initiation vers une éducation sentimentale. Circosta est un personnage en quête de bien, soutenu par le maréchal Damasi, qui reconnait ses qualités. Mais il y a aussi le brigadier Liberati, représentatif de la tentation, de l’attrait du mal, qui attise en lui un désir inassouvi, celui d’une femme. »
Les références de l’auteur au genre noir se démarquent par leur singularité.
« Au cours de mes plus de vingt années à la Rai, j’ai eu l’opportunité de côtoyer des écrivains noirs d’envergure. À mon sens, trois ouvrages sont fondamentaux dans ce genre, perçu comme un climat humain, une zone où le mal semble prédominer, en opposition à l’espoir, mais pas toujours. Le premier est « Le ciel appartient aux violents » de Flannery O’Connor, puissant et bouleversant. Ensuite, il y a le récit « Le démon » des « Histoires de folie ordinaire » de Charles Bukowski, qui m’a marqué jeune, décrivant une réalité terrible avec peu de détails. Enfin, ma production poétique inclut « Morgue » de Gottfried Benn, un médecin qui, à Berlin juste avant le nazisme, traite le corps humain d’un point de vue désacralisé, une lecture déstabilisante. Je me considère comme un bon lecteur de noir, mais au-delà de la détection, je privilégie l’aspect humain du commissaire, face à la brutalité de la mort. Dans mon noir idéal, la résolution n’est pas toujours garantie. »
Le protagoniste du roman semble promis à un avenir dans d’autres récits.
« Je ne peux pas encore m’avancer, mais je veux préserver Circosta en tant qu’être humain et en tant que carabinier. Il n’est pas parfait, comme d’autres de mes personnages, il est marginal, mais je préfère parler de « dé-marginalité ». Ils franchissent des limites qui les poussent à affronter remords et culpabilité, une dynamique universelle dans nos vies. »
Points importants à retenir
- Daniele Mencarelli explore le genre noir pour la première fois dans son dernier ouvrage.
- Le livre s’inspire d’un fait divers marquant.
- Le personnage principal, Circosta, traverse une période de transformation personnelle.
- Mencarelli évoque des influences littéraires variées et son approche unique du noir.
- Les thèmes des désirs inassouvis et des luttes internes sont centraux dans son récit.
En réfléchissant à l’œuvre de Mencarelli, je me perds dans l’idée de la complexité humaine. Chaque personnage, chaque situation soulève des questions, m’invitant à m’interroger sur mes propres motivations, mes désirs, et les ombres qui se tapissent dans nos vies. Quel est notre rapport à la souffrance et au pardon ? Sommes-nous vraiment capables de dépasser nos propres limites pour atteindre un idéal ? La littérature, à travers des récits comme le sien, ouvre des portes vers une introspection nécessaire.





