La lutte contre les organisations criminelles en Galice, en particulier le narcotrafiqu, ne se mène plus uniquement sur le terrain, que ce soit sur les points chauds de déchargement dans les rias ou lors de poursuites à haute vitesse sur la côte atlantique. Le véritable front de la bataille, plus silencieux mais tout aussi meurtrier pour les clans narcotiques, se trouve dans les bureaux de l’Agence fiscale. C’est depuis ces locaux que le Service de Surveillance Douanière (SVA) en Galice, basé à La Corogne, a érigé une véritable barrière contre le blanchiment d’argent, ayant permis de révéler, au cours des cinq dernières années, un inventaire de biens de luxe illicites s’élevant à plus de 4,3 millions d’euros.
Ce patrimoine, comprenant des voitures de luxe, des bateaux de plaisance, des chalets, des appartements, des garages, des terrains et des bijoux, a été saisi lors d’une offensive qui, en cinq ans, a abouti à près de 60 procédures pour blanchiment d’argent en Galice, dont onze dans les dix premiers mois de 2025, selon les données du Service de Surveillance Douanière.
La tendances fiscale depuis l’année post-COVID place 2021 comme l’exercice le plus fructueux en surface. Cette année-là, les agents des douanes ont révélé près de 2,5 millions d’euros liés au blanchiment, un chiffre record qui souligne l’ampleur des opérations de blanchiment dans la région.
En 2025, la pression sur les clans de la drogue est restée constante. Entre janvier et octobre de cette année, les actions des douanes ont permis de retirer 470 000 euros des mains de groupes criminels interceptés. Bien que ce chiffre semble inférieur par rapport à au pic de il y a trois ans, les experts avertissent qu’il ne traduit pas une diminution de l’activité criminelle, mais plutôt le temps nécessaire à une enquête pour porter ses fruits et la sophistication des méthodes de dissimulation.
Jaime Gayá, en charge de coordonner cette stratégie en Galice, souligne la complexité de ces opérations. La lutte contre les grandes fortunes des clans ne se résume pas à une intervention nocturne. “Une enquête pour blanchiment peut durer jusqu’à trois ans, donc toutes ne mûrissent pas en même temps”, détaille le responsable des douanes en Galice.
Ce délai est en partie dû à la nécessité de tracer l’argent au-delà de nos frontières. Avant la pandémie, le SVA a renforcé les commissions rogatoires —demandes d’assistance judiciaire internationale— pour retrouver les actifs que les réseaux de narcotrafiquants cachent dans des paradis fiscaux. Ce processus bureaucratique et technique ralentit les opérations mais est essentiel pour frapper le cœur économique des clans. La Suisse, Andorre, les Îles Vierges, les Bahamas ou les Bermudes figurent parmi les paradis fiscaux avec lesquels ces commissions rogatoires sont adressées.
Points importants à retenir
- La lutte contre le narcotrafic a évolué vers des méthodes plus discrètes, comme celles menées par l’Agence fiscale.
- Le patrimoine saisi est diversifié, incluant des biens de luxe.
- Depuis 2021, les efforts des douanes ont permis de récupérer des millions liés au blanchiment.
- La pression sur les clans de la drogue reste continue malgré des montants saisis fluctuants.
- Les enquêtes peuvent durer plusieurs années, en raison de la complexité des opérations.
- Les investigations impliquent souvent des juridictions internationales et des paradis fiscaux.
Au-delà des chiffres et des rapports, cette lutte soulève des questions critiques sur la structure même de notre société. Quelles conséquences pour les communautés touchées lorsqu’un tel poids financier est injecté dans l’économie locale ? Et surtout, comment pouvons-nous garantir un avenir où ces combats ne soient plus nécessaires ? La complexité de ces enjeux nous invite à réfléchir à des solutions durables qui transcendent le simple cadre de la répression.





