Maxxing en ligne : quel est le vrai jeu entre fibres et protéines ?

Maxxing en ligne : quel est le vrai jeu entre fibres et protéines ?

NEW YORK – Après la tendance du “proteinmaxxing”, on assiste à l’émergence du “fibremaxxing”. Sur les réseaux sociaux, les influenceurs santé affirment que consommer une quantité élevée de certains nutriments est essentiel pour une vitalité optimale et un bien-être digestif amélioré.

Ces tendances alimentaires, nées d’une quête effrénée d’optimisation, modifient nos habitudes alimentaires et ce que les entreprises proposent. Mais ces pratiques sont-elles réellement bénéfiques ?

Le “proteinmaxxing” repose sur le principe selon lequel plus de protéines est synonyme de mieux. Ce macronutriment, que l’on trouve dans des aliments tels que la viande, les produits laitiers et les noix, joue un rôle clé dans diverses fonctions corporelles, comme la réparation des tissus et le renforcement du système immunitaire.

En parallèle, les défenseurs de la consommation de fibres recommandent d’en ingérer autant que possible pour se sentir moins affamé et favoriser la régularité, tout en brandissant des bols de graines de chia et de flocons d’avoine devant la caméra.

Les marques ont vu cette opportunité et proposent maintenant des versions enrichies en protéines de nombreux produits, y compris des céréales très sucrées vantant leur haute teneur en protéines.

Des entreprises bien établies comme PepsiCo et Nestlé, ainsi que des start-ups comme Olipop, mettent en avant la richesse en fibres de leurs sodas prébiotiques ou de leurs chips.

Ramon Laguarta, le PDG de PepsiCo, a indiqué que “la fibre sera la prochaine protéine”, lors d’un appel sur les résultats financiers fin 2025.

Une enquête de Bain & Company révèle qu’environ la moitié des consommateurs américains cherchent à augmenter leur apport en protéines.

Aux États-Unis, en Europe et en Asie, les générations Z et millénaire sont principalement à l’origine de cette tendance, selon l’étude.

La tendance entourant les fibres suit le même chemin, puisque 40 % des membres de la génération Z et 45 % des milléniaux affirment vouloir améliorer leur santé intestinale, d’après GlobalData à Londres.

Les nutritionnistes reconnaissent le bien-fondé de cette mode sur les fibres.

Andrea Glenn, professeure adjointe en nutrition à l’Université de New York, qualifie ce mouvement de “tendance de bien-être plutôt modérée comparée à d’autres”.

Samantha Snashall, diététicienne à l’hôpital de l’Université d’État de l’Ohio, note que la protéine a longtemps été “l’enfant chéri” des nutriments, tandis que la fibre était sous-estimée. Elle se réjouit de l’attention qui lui est enfin accordée.

Cependant, ces experts avertissent que plus n’est pas toujours synonyme de mieux, notamment en ce qui concerne les protéines.

Dr. Arch Mainous, professeur de santé communautaire à l’Université de Floride, souligne qu’il existe un écart entre les valeurs journalières recommandées et la propension à vouloir en consommer toujours plus. “Si une portion est bonne, cinq ne le sont pas forcément”, souligne-t-il, exprimant ses inquiétudes quant à la désinformation que peuvent véhiculer les influenceurs.

Il dénonce un manque de confiance général envers les experts en santé, alimenté par un climat où chacun préfère “faire ses propres recherches”. Ce phénomène est exacerbé par des figures publiques qui propageant de fausses informations, comme Robert F. Kennedy Jr.

Le Dr Mainous affirme que peu d’influenceurs sont réellement formés dans le domaine scientifique et nombreux ont des partenariats commerciaux à promouvoir.

Alors, que doit faire celui qui se soucie de son alimentation ? D’abord, consulter un médecin, recommande Dr Mainous.

En règle générale, l’American Heart Association suggère qu’un apport quotidien comprenant des aliments tels qu’un verre de lait, une tasse de yaourt, une tasse de lentilles cuites et un morceau de viande maigre ou de poisson de la taille d’un jeu de cartes correspond au besoin moyen en protéines.

Concernant la fibre, selon le Professeur Glenn, un objectif de 25 g à 38 g est recommandé, selon l’âge et le sexe.

Les aliments riches en fibres – comme les légumineuses, les fruits, les légumes, les noix et les grains entiers comme l’avoine ou le quinoa – sont liés à un risque plus faible de certains types de cancer et aident à réguler le cholestérol et la glycémie.

En général, le Professeur Glenn recommande de consommer des céréales complètes ou des fruits au petit-déjeuner, tout en essayant de remplir la moitié de son assiette avec des légumes aux repas de midi et du soir.

Avec ce visuel, il devient plus facile d’atteindre ses objectifs sans avoir besoin de compter minutieusement les fibres consommées.

Cependant, si l’on n’a pas l’habitude de consommer des fibres – ce qui est le cas de nombreuses personnes – le “maxxing” n’est pas la meilleure approche, avertit Mme Snashall.

Modifier son alimentation brusquement peut entraîner des réactions indésirables au niveau digestif. “La vitesse et la modération sont de mise”, souligne-t-elle.

De plus, le Professeur Glenn insiste sur le fait que les poudres et suppléments ne remplacent pas les aliments entiers et réels.

Il est crucial de garder à l’esprit qu’aucun nutriment ne constitue une solution miracle; ces chips “riches en fibres” ne changeront probablement pas la vie.

“Il est essentiel de ne jamais considérer ces choses comme un remède à tous vos problèmes”, conclut-elle.

Points importants à retenir

  • Les tendances alimentaires actuelles, comme le “fibremaxxing”, influencent considérablement les choix alimentaires et les offres des entreprises.
  • Une consommation modérée de protéines et de fibres est souvent plus bénéfique qu’un excès.
  • Les jeunes générations, comme les milléniaux et la génération Z, sont à l’avant-garde de ces nouvelles tendances.
  • Consulter un professionnel de santé est essentiel avant d’apporter des changements significatifs à son alimentation.
  • Les aliments entiers offrent davantage de bienfaits que les suppléments ou les produits enrichis en fibres.

En tant que consommatrice consciente, je m’interroge sur l’impact de ces modes alimentaires sur notre santé à long terme. L’importance d’une approche équilibrée et personnalisée ne devrait-elle pas primer sur des tendances saisonnières souvent impulsées par la dernière influence virale ? La quête du bien-être doit-elle se baser sur des idéaux réalistes plutôt que sur des conseils parfois simplistes ? Ce débat mérite d’être approfondi.



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