TRIKORFO, Grèce — Un rituel séculaire de renouvellement spirituel peut-il raviver la résolution du Nouvel An d’adopter des habitudes alimentaires saines avant qu’elle ne s’estompe au printemps ? Chaque année, pendant six semaines, des millions de chrétiens orthodoxes à travers le monde adoptent une alimentation principalement végétalienne, en s’abstenant de viande, de produits laitiers, d’œufs et de poissons à arêtes, ainsi que d’huile et de vin durant les jours de la semaine pendant la période de jeûne de 40 jours qui précède Pâque orthodoxe, qui a souvent lieu plus tard que ses homologues catholiques et anglicans.
Cette adhésion annuelle à un régime végétal, de style méditerranéen, entraîne une redécouverte communautaire des légumes et des méthodes de cuisine sans huile dans les pays à majorité orthodoxe. En Grèce, même des franchises de McDonald’s participent à cet élan cinglant envers le jeûne, en ajoutant des éléments saisonniers à leur menu qui respectent la plupart des prescriptions de l’Église orthodoxe grecque. Le menu comprend des wraps de crevettes, des salades de crevettes, des rouleaux de printemps végétaux et des hamburgers végétariens McVeggie, bien qu’ils ne soient pas sans huile.
Bien que suivre des directives alimentaires orthodoxes orientales avant Pâque soit souvent appelé « jeûne », l’accent est mis sur l’absence de certains aliments, non sur le fait de ne pas manger du tout. Les règles ne sont pas rigides, mais peuvent être adaptées en fonction des besoins personnels.
Une tradition alimentaire annuelle
Voici un aperçu de cette tradition annuelle, accompagné de raisons de rester sur une alimentation similaire et de conseils prudents de nutritionnistes.
Différentes dates, différentes traditions
Les traditions chrétiennes divergent entre l’Est et l’Ouest avant Pâque, et pas seulement dans leurs méthodes pour déterminer la date la plus importante de leur calendrier. Les catholiques sont encouragés à renoncer à un ou plusieurs plaisirs personnels lors de Carême, mais décident de ce dont ils se privent, qu’il s’agisse de dessert, d’alcool, de jeux vidéo ou d’autres choses. Les membres de l’Église orthodoxe, quant à eux, se passent de produits d’origine animale, sauf des fruits de mer.
Les plats appréciés en Grèce, tels que la moussaka et les souvlakis, disparaissent ainsi que les produits laitiers comme le lait et le fromage. Les poissons à vertèbres, tels que les anchois, les mulets ou les merlans, sont également interdits, tandis que les crevettes, les huîtres et les calamars sont autorisés.
Sur une colline côtière luxuriante du centre de la Grèce, 40 moines respectent scrupuleusement ces règles au Monastère de Saint-Augustin et de Séraphim. Les moines, vêtus de robes noires et portant des barbes, cultivent et récoltent la plupart de leurs produits dans les jardins du monastère, y compris une abondance de courgettes et de tomates.
Leurs repas durant le Carême sont simples mais savoureux. Les moines ont maîtrisé des techniques pour reproduire des goûts et des textures familiers. Par exemple, des pommes de terre rôties au four sont enrobées de tahini au lieu d’huile pour préserver le croquant. Un bouillon de légumes préparé maison donne une saveur généreuse aux plats de lentilles.
Un esprit sur les repas
Le père Nektarios Moulatsiotis, l’abbé affable du monastère, affirme que la pratique du jeûne et d’un régime restreint est essentielle pour la réflexion profonde et la concentration nécessaires à la préparation spirituelle pour Pâque. Il compare cela à un entraînement d’endurance.
« De la même manière qu’une personne va à la salle de sport pour sculpter son corps, l’Église est une salle de gym pour l’âme », dit-il.
Ressentir des fringales occasionnelles n’est pas à résister ; cela fait partie du plan. En fin de compte, la notion est simple : moins d’indulgence, plus de clarté.
Un reset de 6 semaines
Les moines orthodoxes observent plusieurs périodes de jeûne qui limitent ce qu’ils mangent, quand et en quelle quantité, la majeure partie de l’année. Les chercheurs ont étudié leur santé et leur apport alimentaire pendant des décennies pour déterminer si leurs coutumes contiennent des indices sur la prévention des maladies cardiaques, du diabète de type 2 et des AVC.
Les avantages d’une alimentation équilibrée comprenant des grains entiers, des légumes, des fruits et des légumineuses sont bien établis. Réduire la consommation de viande, de graisses saturées et d’aliments transformés suffisamment longtemps, et le corps répond généralement favorablement.
À retenir
- Les traditions alimentaires orthodoxes sont adaptées aux personnes et peuvent être modifiées selon les besoins.
- Une pratique spirituelle comme le jeûne peut être bénéfique en renforçant l’autodiscipline.
- Adopter une alimentation à base de plantes peut contribuer à une meilleure santé sur le long terme.
- Il est important d’écouter son corps et d’éviter les excès, même après une période de jeûne.
En tant que société, nous devons réfléchir à l’équilibre que nous trouvons entre tradition et modernité, ainsi qu’à notre rapport à la nourriture. La période de jeûne peut-elle nous amener à repenser nos habitudes alimentaires tout au long de l’année ? Je trouve qu’il est essentiel d’adopter des pratiques qui nourrissent non seulement notre corps, mais aussi notre esprit.





