Les ministres de l’Agriculture de l’Alberta et de la Saskatchewan expriment leur déception face à la décision de l’Agence canadienne de réglementation des pestes (PMRA) qui a rejeté leur demande conjointe d’utilisation d’urgence de strychnine liquide à deux pour cent pour contrôler les spermophiles de Richardson (SR) en 2026.
Le 1er octobre 2025, la Saskatchewan a rejoint l’Alberta pour soumettre une demande en raison des inquiétudes persistantes des producteurs et des acteurs de l’industrie concernant l’efficacité des alternatives actuellement enregistrées.
Les deux provinces affirment que cette décision laisse les agriculteurs sans outil efficace alors que la pression économique et environnementale s’intensifie.
Alberta : « Une perte dévastatrice pour les producteurs »
Le ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation de l’Alberta, RJ Sigurdson, a qualifié cette décision fédérale de recul majeur pour les producteurs des prairies qui font déjà face à des pressions croissantes liées aux nuisibles.
« Je suis profondément déçu que l’Agence de réglementation des pestes (PMRA) ait rejeté notre demande d’enregistrement d’utilisation d’urgence de strychnine liquide à deux pour cent. Je les exhorte à reconsidérer cette décision », a-t-il déclaré.
Il a souligné que les spermophiles de Richardson continuent de causer des dommages économiques importants, notamment aux prairies et aux terres de foin. « Le risque annuel pour ces terres dépasse les 800 millions de dollars, et la population croissante de SR est préjudiciable aux fermes et ranchs à l’échelle nationale », a ajouté Sigurdson. Il a averti que les conséquences iraient bien au-delà des producteurs, contribuant à des défis de sécurité alimentaire et d’accessibilité au Canada.
Sigurdson a également insisté sur la nécessité de réglementations fédérales tenant compte des réalités économiques et opérationnelles des prairies : « Alors que les agriculteurs et les éleveurs travaillent sans relâche pour nourrir les Canadiens et le monde entier, la réglementation fédérale doit refléter les impacts économiques, ainsi que les pratiques agricoles durables. Les agriculteurs sont déjà d’excellents gestionnaires de terres. »
Selon lui, l’Alberta et la Saskatchewan avaient proposé des mesures « réfléchies et significatives » pour protéger les espèces non ciblées tout en préservant un outil essentiel de lutte contre les nuisibles. Les deux provinces ont également collaboré tout au long du processus d’examen fédéral pour répondre aux questions techniques de la PMRA, réaffirmant le rôle essentiel que joue la strychnine dans la gestion de la hausse des populations de spermophiles.
« Nous exhortons la PMRA à reconsidérer cette décision et à rétablir immédiatement l’utilisation de la strychnine comme solution pratique pour nos agriculteurs et éleveurs », a déclaré Sigurdson.
Saskatchewan : « Les producteurs ont besoin d’outils pratiques maintenant »
Le gouvernement de la Saskatchewan a exprimé des préoccupations similaires, notant que le rejet privera les producteurs de strychnine pour la saison de culture 2026.
« Les producteurs de Saskatchewan ont été clairs sur les défis qu’ils rencontrent pour gérer les spermophiles de Richardson avec les outils limités disponibles », a déclaré le ministre de l’Agriculture de la Saskatchewan, David Marit. « Nous sommes extrêmement déçus par la décision de la PMRA et lui demandons de la reconsidérer. Nous avons besoin d’un système de réglementation fédéral qui prenne en compte les impacts économiques ressentis par les producteurs et les réalités sur le terrain. »
La Saskatchewan a souligné que sa demande d’utilisation d’urgence, soumise conjointement avec l’Alberta, incluait des protocoles de sécurité et de gestion plus stricts. Ces mesures proposaient des fenêtres d’application plus étroites, une formation obligatoire pour les applicateurs, des exigences de rapport améliorées, et des approches de mitigation visant à réduire les dommages aux espèces non ciblées.
Malgré ces contrôles renforcés, la PMRA a jugé que les propositions ne réduisaient pas suffisamment les risques. La Saskatchewan conteste cette conclusion, affirmant que les responsables ont répondu de manière exhaustive à toutes les demandes fédérales pour des informations et des clarifications basées sur des données scientifiques.
Prochaines étapes pour les producteurs de la Saskatchewan
Avec la strychnine écartée pour 2026, la Saskatchewan se prépare à adopter une stratégie de gestion des spermophiles plus large, axée sur :
- Advocacy auprès des instances fédérales, provinciales et territoriales pour des approches réglementaires fondées sur des données scientifiques tenant compte des réalités des producteurs.
- Programmes de soutien offerts par le Programme de contrôle des gaufres, géré par l’Association des municipalités rurales de la Saskatchewan.
- Travail d’extension visant à améliorer l’efficacité des alternatives actuellement enregistrées.
- Investissements en recherche dans les meilleures pratiques de gestion, la réduction des risques environnementaux, la surveillance des populations et la modélisation prédictive.
Points importants à retenir
- Les ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan critiquent le rejet de la PMRA concernant l’utilisation de la strychnine.
- Ce rejet prive les agriculteurs d’un outil essentiel pour lutter contre les spermophiles de Richardson.
- Les effets économiques de cette décision pourraient impacte la sécurité alimentaire au Canada.
- Des mesures de sécurité plus strictes avaient été proposées pour réduire les risques environnementaux.
- Les provinces se dirigent vers une gestion alternative des nuisibles en raison de cette situation.
En tant que citoyenne observatrice, je suis profondément préoccupée par cette situation. Quelle est la place de la durabilité dans nos politiques agricoles alors que les décisions prises semblent réduire à néant les efforts des producteurs face à l’urgence d’une crise environnementale et économique ? La discussion autour de l’agriculture durable doit être portée haut et fort, mais pour l’instant, il semble que les voix des prairies soient étouffées par une réglementation qui ne tient pas compte de la réalité du terrain. Comment pouvons-nous espérer un avenir où la sécurité alimentaire est garantie sans des outils appropriés pour nos agriculteurs ?





