Si vous êtes sujet aux attaques de panique, courir à toute vitesse pourrait ne pas être une si mauvaise idée. Un nouvel ouvrage de recherche publié dans les Frontiers in Psychiatry suggère que des exercices courts mais intenses, comme des sprints de 30 secondes intégrés à une marche rapide, peuvent réduire la fréquence et la gravité des attaques. Cette étude de 12 semaines a suivi 72 adultes sédentaires souffrant de troubles panique. Bien que les deux groupes, celui faisant de l’exercice et celui pratiquant des techniques de relaxation, aient montré des améliorations, ceux qui s’initiaient aux intervalles à haute intensité ont constaté des résultats supérieurs et moins d’attaques, même des mois après. Les chercheurs expliquent que cette technique, connue sous le nom d’exposition interoceptive, fonctionne en provoquant les mêmes sensations que celles que les gens redoutent, comme un rythme cardiaque rapide ou des difficultés respiratoires, afin de les désensibiliser au fil du temps.
“Lorsque vous faites de l’exercice intensif, ces sensations ressemblent beaucoup à celles d’une attaque de panique”, indique Richard William Muotri, chercheur sur l’étude. Cette similitude peut expliquer l’efficacité de cette approche. En effet, les attaques de panique s’apparentent souvent à des urgences médicales, avec des symptômes tels qu’un rythme cardiaque rapide, des vertiges et des difficultés à respirer, alimentant ainsi la peur d’un problème plus grave. Cela peut enclencher un cycle d’anxiété où les réponses normales du corps sont interprétées comme une menace. L’exposition interoceptive vise à briser ce cercle en permettant aux personnes de vivre ces sensations de manière sûre et contrôlée, rééduquant ainsi progressivement la façon dont le cerveau réagit.
Néanmoins, les experts mettent en garde contre une interprétation littérale de cette approche. Courir à plein effort en pleine attaque de panique n’est pas l’objectif, précise le psychiatre Daniel Knoepflmacher. Cette méthode est plus efficace lorsqu’elle est intégrée dans une routine régulière et couplée à un suivi thérapeutique, souvent en complément d’une thérapie cognitivo-comportementale.
Points importants à retenir
- Des sprints courts peuvent être bénéfiques pour ceux souffrant d’attaques de panique.
- L’exposition interoceptive vise à rééduquer le cerveau par l’expérience des sensations redoutées dans un cadre sécurisé.
- Un accompagnement thérapeutique est recommandé pour optimiser cette méthode.
- Il est important d’éviter des efforts extrêmes au moment de crise.
Cette perspective est à la fois fascinante et invitante. Elle nous pousse à repenser notre rapport à l’anxiété et aux attaques de panique. En tant que société, nous devons réfléchir à la manière dont nous pouvons soutenir ceux qui luttent contre ces défis psychologiques. L’intégration de méthodes contre-intuitives comme celle-ci au sein des traitements conventionnels pourrait ouvrir des horizons prometteurs. Qu’en pensez-vous ?




