
Une nouvelle étude révèle que perdre du poids ne signifie pas nécessairement être en meilleure forme.
À l’ère des traitements comme l’Ozempic, beaucoup se demandent si l’exercice est toujours pertinent. Après l’excitation initiale autour de ces médicaments, il est devenu évident que de nombreuses personnes craignent de perdre non seulement de la graisse, mais aussi de la masse musculaire, ce qui pourrait nuire à leur santé globale. Cependant, les données sur l’impact de l’exercice couplé à ces traitements restent rares.
Une étude récemment publiée dans le journal Sports Medicine répond à cette question. Elle se base sur des données d’une recherche menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague, partiellement financée par la fondation Novo Nordisk, le fabricant de l’Ozempic. L’étude a suivi des participants prenant un autre agoniste GLP-1, la liraglutide, pendant un an, avec ou sans programme d’exercice régulier. Les résultats montrent clairement qu’absence d’exercice affecte tant la santé que la fonction physique, et cela va au-delà de la seule question musculaire.
Résultats de l’étude sur le GLP-1
Cette étude a impliqué 193 adultes âgés de 18 à 65 ans. D’un format inhabituel, elle a d’abord suivi un régime très faible en calories pendant huit semaines avant d’introduire des exercices ou le traitement avec le GLP-1. Tous les participants ont perdu au moins 5 % de leur poids initial, soit en moyenne 13 kg. Par la suite, ils ont alterné entre exercice, traitement, les deux ou aucun, les non-traités recevant un placebo.
Le programme d’exercice consistait en deux cours collectifs par semaine, comprenant 30 minutes de vélo d’exercice suivies de 15 minutes d’entraînement en circuit (montées de marches, boxe, squats, kettlebells, etc.). Les sujets devaient également réaliser deux séances supplémentaires de sport selon leur choix, beaucoup optant pour la course, le vélo ou la marche rapide. En moyenne, ils ont réussi environ 2.65 séances par semaine, répondant ainsi aux recommandations de santé publique en matière d’activité physique.
Le premier résultat d’intérêt est le poids. Les données montrent que ne rien faire était la pire option, tandis qu’associer exercice et traitement était la meilleure stratégie. Bien que le médicament semble légèrement plus efficace seul, la différence n’était pas significative.
La condition physique ou le poids : quelle importance?
Il existe un débat de longue date sur les effets respectifs de l’obésité et du manque de forme physique. Ces deux éléments se chevauchent souvent, mais ils ne sont pas équivalents. Selon l’équipe de chercheurs danois, il apparaît que la condition physique est plus déterminante pour la santé que le poids. Cela revêt une importance particulière dans le contexte des traitements GLP-1, car perdre du poids sans améliorer sa condition physique pourrait diminuer les bénéfices attendus sur la santé.
Mesurer la forme physique dans ce contexte n’est pas simple. La perte de poids n’est généralement pas sans effet sur la masse musculaire. Tant la force que l’endurance (mesurées par le VO2 max) dépendent de la masse musculaire, ce qui peut donner l’impression d’une baisse de la condition physique en cas de perte de poids significative. Toutefois, si cette baisse est proportionnellement moins importante par rapport à la perte de poids, la condition physique fonctionnelle peut malgré tout s’améliorer, facilitant des activités comme se lever d’une chaise ou marcher plus longtemps.
Un test fonctionnel simple de l’étude danoise impliquait de monter et descendre un escalier de 11 marches le plus rapidement possible. Les résultats ont montré que le programme d’exercice aidait à accroître la vitesse des participants, qu’ils prennent ou non le médicament. En revanche, un traitement sans exercice ne posait aucun bénéfice.
D’autres mesures de condition physique ont été réalisées : tests de VO2 max, tests de force des jambes et analyse de la composition corporelle pour évaluer la masse musculaire. Quelles que soient les façons de mesurer, le constat demeure constant : l’exercice améliore la forme, la prise de médicament seule ne suffit pas.
Il est donc évident que le meilleur moyen d’améliorer sa condition physique reste l’exercice. Il est pourtant essentiel de le rappeler dans les discussions sur les traitements GLP-1. Bien que les inquiétudes concernant la perte musculaire avec l’Ozempic soient légitimes, il est crucial de ne pas négliger l’importance de l’exercice pour une meilleure santé globale.
Points importants à retenir
- La perte de poids ne garantit pas une amélioration de la condition physique.
- Les traitements GLP-1 peuvent entraîner une perte de muscle si l’exercice est négligé.
- Une combinaison d’exercice régulier et de traitement est idéale pour maintenir une bonne santé.
- La condition physique est souvent plus reliée à la longévité que le poids corporel seul.
- Il est essentiel de promouvoir une activité physique régulière, indépendamment des avancées médicales.
Ce constat m’amène à réfléchir : face aux avancées en médecine, comment pouvons-nous valoriser l’importance de l’exercice dans notre mode de vie? Ne devrions-nous pas nous interroger sur notre rapport au corps et à la santé, en intégrant le mouvement comme une composante essentielle de notre bien-être quotidien?




